Dans toutes les familles de hockey, vestiaires ou brasseries, il y a toujours eu des discussions animées quand il s'agit d'identifier le meilleur joueur de tous les temps.
Les plus âgés vont sortir l'argument que Bobby Orr a révolutionné à jamais la façon de jouer des défenseurs, qu'il a gardé la rondelle sur sa palette pendant près d'une minute et demie lors d'un désavantage numérique, du jamais vu! Autre argument: si Orr n'avait pas eu les deux genoux finis, il aurait dominé la LNH et nul ne sait ce qu'il aurait fait en parfaite santé.
D'autres vont tout simplement suggérer de consulter le livre des records et que la réponse se retrouve en haut de la page. Wayne Gretzky en grosse lettre!
Certains vont mentionner Gordie Howe par affection ou pour son style de jeu. Le Rocket Richard et Guy Lafleur seront certainement au coeur des discussions dans les foyers québécois.
Le Rocket pour le symbole, et Guy, juste pour être Guy. Terry O'Reilly m'a déjà dit que Lafleur était le meilleur joueur sous pression qu'il avait vu. Ça doit compter pour quelque chose. Selon moi, la vraie réponse, c'est qu'il n'y en a aucune. Pour une fois, personne n'est dans le champ et tout le monde a raison. La question « qui est le meilleur joueur ? » ne devrait pas exister. Nous devrions plutôt poser la question suivante: « qui est ton meilleur joueur? »
Ma jeunesse, ma passion, ma vie
Aussi loin que je me souvienne, je me voyais comme plusieurs Québécois dans la LNH. Non pas pour l'argent, car je n'avais aucune idée de cette valeur, mais pour être Guy Lafleur!
Mario Lemieux
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AFP/Dave Sandford
Après la retraite prématurée de Lafleur, j'ai dû me trouver une autre idole. Mon père m'a alors orienté vers un grand joueur de centre des Voisins de Laval qui avait pour nom Mario Lemieux.
Il n'était pas encore dans la LNH, mais ce n'était qu'une question de temps avant qu'il y parvienne. Tous les lundis, ma mission consistait à terminer mes devoirs le plus vite possible afin de prendre le chemin du centre sportif Laval pour y voir Mario lors des traditionnels matchs du lundi.
4 buts et 3 passes, 3 buts et 5 passes ou 1 but et 7 passes, voilà ce qui apparaissait sur la feuille de pointage chaque soir. À mon grand plaisir, je regardais un homme qui jouait contre des enfants.
Mon ami, Sylvain Gagnon, qui a joué contre Mario dans les rangs juniors, m'a déjà confié que même lui et ses coéquipiers se sentaient comme des spectateurs certains soirs et qu'ils auraient dû payer le prix d'entrée!
Mon obsession pour le Grand Mario a continué durant toute ma jeunesse, même quand je portais les couleurs du Collège-Français de Verdun chez les juniors. Je ne manquais pas les nouvelles du sport pour savoir ce qu'avait fait Mario avec les Penguins. Il ne me décevait jamais.
Beaucoup de cadeaux
Mario, sans le savoir, a fait partie de ma vie de près ou de loin. J'en ai vraiment pris conscience à l'écriture de cette chronique. Tous les bons souvenirs avec mon père au centre sportif Laval ou le gros match au forum entre Mario et Pat LaFontaine. Mes premiers « hot-dogs » au Forum. Mmmmmmm.....
Souvent, je recevais des cadeaux aux couleurs des Penguins et de Mario: chandails, casquettes et même des billets pour un match entre le Canadien et les Penguins. Évidemment, Mario avait marqué.
Un voyage surprise au Colisée de Québec avec mon équipe junior afin de vivre le retour au jeu de Mario après des mois d'absences. Contre qui? Contre Guy Lafleur et les Nordiques. Mario, 3 passes, et Guy, 2 buts. Wow! quelle soirée mémorable!
Son gros but contre les Russes à Coupe Canada 1987. Un autre beau cadeau. Ses deux conquêtes de la Coupe Stanley et ses deux trophées Conn Smythe. Mon idole ne m'a jamais déçu sur la glace.
Tout un souper
À l'hiver de 2002, je vivais de très beaux moments avec les Rangers de New York. Je connaissais la meilleure saison de ma carrière lorsqu'à ma grande surprise, je reçois un appel de Don Maloney. Il m'apprend que je viens d'être échangé à Pittsburgh. Sur le coup, j'étais déçu de quitter New York. Mais je me réjouissais pour une seule raison, Mario.
J'étais nerveux de le rencontrer pour la première fois pour deux raisons. Premièrement, il s'agit de Mario, mon idole. Deuxièmement, je ne veux pas être déçu.
Après seulement deux minutes avec lui, toutes mes craintes disparaissaient. Mario est un très bon gars. Ouf! Je n'ai joué que cinq matchs avec lui puisque je me suis fracturé la mâchoire. Résultat: saison terminée. Lors de cette même semaine, j'ai eu l'occasion d'aller souper avec lui et sa conjointe après un match. Wow, Noël en février! Un autre cadeau inespéré. Nous avons discuté, il m'a raconté comment lui et sa femme s'étaient rencontrés.
J'ai eu la chance de jouer avec de grands joueurs au cours de ma carrière: Mark Messier, Brett Hull, Brian Leetch... J'ai même eu Wayne comme propriétaire à Phoenix et jamais je n'ai demandé d'autographes ou de bâtons. Je ne suis pas un gars de « gogosses », mais j'ai eu la chance d'obtenir une photo autographiée de Mario et de moi sur la glace. Il avait écrit: « bonne chance Joël, ton ami Mario. »
À mes yeux, c'est le plus beau des cadeaux!!!
AH OUI! QUI EST MON MEILLEUR JOUEUR???
Je n'avais aucune idée comment écrire cette chronique au début. Tellement de souvenirs, de matériels et d'exploits me revenaient à l'esprit. J'ai même ressenti des frissons à quelques reprises pendant la rédaction. Je viens de passer un des meilleurs moments depuis longtemps!
À bientôt,
Joël