Maurice Richard
N'eut été de l'intervention de son ami journaliste et admirateur, François Béliveau, Maurice Richard, le « Rocket » lui-même, aurait probablement fini ses jours sous le seuil de la pauvreté.
Exploité de manière honteuse par la direction du Canadien et par la Ligue nationale au temps où il jouait, Richard n'avait pour tout revenu que sa maigre allocation de retraité de la LNH. Ce n'est qu'au début des années 80 que Richard a finalement été embauché et payé par la Brasserie Molson pour son rôle d'ambassadeur du Tricolore.
En 1971, lorsque Jean Béliveau a disputé son dernier match, il touchait à peu près 10 fois le salaire moyen du travailleur québécois. C'est parce qu'il est demeuré à l'emploi du Canadien pendant des années qu'il a bénéficié d'une retraite aisée.
Il y a deux ans, le « Gros Bill » a vendu à l'encan plusieurs de ses souvenirs afin d'assurer un héritage décent à sa fille et à ses petits-enfants.
Plus récemment, on a vu Guy Lafleur ouvrir un restaurant à Berthier. Le « Démon blond » sert des pizzas. Il l'a fait pour offrir une base financière solide à ses fils. On sait aussi que Lafleur offre ses services comme pilote d'hélicoptère.
Le joueur le plus dominant des années 70 a aussi monnayé souvenirs, trophées et cadeaux divers.
Les temps changent
Beaucoup de joueurs connus et moins connus se sont transformés en tenanciers de commerces avant même de quitter le vestiaire de leur équipe pour la dernière fois.
« Toe » Blake faisait le service à sa taverne avant d'aller diriger le Canadien à quelques pas de là. Henri Richard avait sa brasserie Avenue du Parc. Serge Bernier a eu la sienne à Matane. Mario Tremblay a pignon sur rue à Alma.
Yvan Cournoyer a été tour à tour agent d'immeuble, propriétaire d'une chaîne de restauration rapide et aujourd'hui ébéniste. Dickie Moore a toujours son entreprise de location d'outils. Stéphane Quintal et Pierre Sévigny ont aussi été franchisés de chaînes connues.
Par ailleurs, il est peu probable que vous verrez Guy Carbonneau, Patrick Roy, Mario Lemieux ou Saku Koivu, quand ils tourneront la page sur le hockey, être obligés d'imiter leurs prédécesseurs. Quand un joueur touche, année après année plus de 100 fois le salaire du travailleur moyen, il n'a plus à se soucier de ses vieux jours. S'il met la main à la pâte, c'est pour éviter l'inactivité complète.
C'est là qu'ils deviennent des investisseurs. Vincent Damphousse a mis des sous dans un spa de grand luxe dans les Laurentides. Mario Lemieux et Patrick Roy ont acheté des équipes de hockey. Wayne Gretzky a collé son nom à des restaurants en Ontario.