Calvillo, une 20e fois

Reportage d'Antoine Deshaies

On pourra désormais parler de la carrière d'Anthony Calvillo en décennies.

Le quart des Alouettes a confirmé jeudi qu'il reviendra au jeu pour une 20e saison en 2013. L'équipe a annoncé qu'il avait signé un contrat de deux ans (un an et une année d'option).

Il pourra ainsi venger son échec subi en finale de l'Est, face aux Argonauts de Toronto. Il avait alors livré une performance jugée insatisfaisante par plusieurs, avec deux interceptions et sans passe de touché. Les Alouettes ont perdu leurs deux derniers matchs éliminatoires au Stade olympique.

« Je n'ai jamais perdu mon désir de vaincre et il n'a pas été assouvi lors des deux dernières saisons », a commenté l'homme de 40 ans, en conférence de presse.

« Quand je l'ai appris, j'ai commencé à sauter partout chez moi!, a admis le centre-arrière des Alouettes Patrick Lavoie. Je suis tellement content. C'est Noël avant le temps! C'est une excellente nouvelle pour l'organisation, les partisans, pour moi. Je suis content qu'il revienne, non seulement en tant que joueur, mais aussi en tant que personne. C'est tellement agréable de le côtoyer. »

En saison, Calvillo a amassé 5082 verges en 2012, le 2e total de la ligue. Il a atteint la marque des 5000 verges pour la 7e fois de sa carrière. Il a lancé 31 passes de touché, mais aussi 14 interceptions, son plus haut total depuis 2006.

En outre, il a réussi 60 % de ses passes, soit sa plus faible marque depuis la campagne 2002.

Malgré cette statistique, l'entraîneur-chef de l'équipe, Marc Trestman, a déclaré en fin de saison que Calvillo a connu sa meilleure saison en cinq ans. L'attaque des Alouettes a notamment été aux prises avec une série de blessures parmi les receveurs, de S.J. Green à Jamel Richardson, en passant par Brian Bratton et Brandon London, qui n'a pas pu terminer la saison, tout comme le demi offensif Brandon Whitaker.

Calvillo détient désormais l'écrasante majorité des records individuels de la LCF pour les quarts au cours d'une carrière. L'ancien de l'Université Utah State trône au 1er rang pour les verges par la passe (78 494), les passes de touché (449), de même que les passes réussies (5777) et tentées (9241).

Sa décision de revenir devrait évidemment influencer celle de son dauphin, Adrian McPherson. Ce dernier a joué le rôle de substitut depuis quatre saisons et sera admissible à l'autonomie complète le 15 février prochain.

« J'ai toujours été très honnête avec Adrian, a expliqué Calvillo. Cette année, je lui ai dit que je pensais revenir. Il doit décider ce qu'il veut faire en tant que quart : rester derrière moi ou aller ailleurs. Mais je sais qu'il peut nous aider à gagner. J'aimerais qu'il reste ici. »

Opération récente

Calvillo, un droitier, a subi une opération à l'épaule gauche il y a une semaine. Il avait mentionné en fin de saison qu'il aurait besoin de soigner son épaule.

Calvillo a estimé avoir besoin de quatre mois avant de retrouver pleinement ses capacités.

Il dit s'être infligé la blessure lors du deuxième match de la saison.

« J'ai ajusté mes mouvements, c'est comme ça que je me suis adapté, a-t-il raconté. J'en ai pour quatre mois et j'ai hâte d'affronter ce défi. »

Un emploi l'attend...

En 2013, le Californien devra composer avec un troisième coordonnateur offensif en trois ans. Après Scott Milanovich (2008-2011) et Marcus Brady (2012), Pat Meyer, entraîneur de la ligne offensive la saison dernière, a été nommé à la tête de l'attaque mercredi.

Parlant d'entraîneurs, Calvillo a pratiquement confirmé que l'on continuera à le voir dans le giron des Alouettes, même une fois à la retraite.

Un journaliste lui a demandé s'il songeait au métier d'entraîneur pour son après-carrière. Calvillo a été d'une franchise étonnante.

« J'y pense, a-t-il admis. Bob Wetenhall m'a toujours dit que j'avais un avenir dans cette organisation. Le football, c'est ce que je connais dans la vie. Le défi est là, je veux continuer à être mis au défi, mais quand ça sera fini, j'aimerais que ce soit à mon tour de défier les jeunes joueurs à devenir meilleurs. »

« C'est vraiment une très bonne tête de football, estime Lavoie. Il peut en apprendre à beaucoup de monde. On fait des réunions sans les coachs avec Anthony et on en apprend beaucoup sur ce qu'on doit faire. Je n'ai pas de misère à l'imaginer comme coordonnateur offensif ou plus loin que ça. »