Olivier Renière, le premier coupable

Olivier Renière Olivier Renière   © James Hajjar / Carabins.umontreal.ca

Le Centre canadien pour l'éthique dans le sport (CCES) a révélé mercredi l'identité de l'un des deux joueurs des Carabins de l'Université de Montréal qui ont été déclarés positifs. Il s'agit d'Olivier Renière.

Le porteur de ballon a donc été suspendu deux ans, jusqu'au 23 août 2013, pour usage de 19-norandrostérone, un stéroïde.

C'est le 23 août, lors d'un contrôle hors compétition, que l'échantillon d'urine a révélé la présence de la substance interdite.

Renière a reconnu avoir enfreint le règlement antidopage et renoncé à son droit à une audition.

« J'admets avoir consommé des suppléments alimentaires achetés sur Internet aux États-Unis par souci d'économie d'argent, et ce, tout en étant conscient des risques de contamination associés à ce type d'achat et en sachant que l'équipe médicale des Carabins s'opposait à la prise de suppléments alimentaires, a déclaré Renière.

« La substance détectée par le CCES n'apparaissait pas sur la liste des ingrédients indiqués sur ces suppléments. Je regrette ma décision et je paie aujourd'hui beaucoup plus cher en étant privé de la pratique du sport qui me passionne depuis plusieurs années. »

Le 19-norandrostérone a aussi coûté deux saisons à Michael Abraham, du Rouge et Or de l'Université Laval, en mai 2011.

Un deuxième cas confirmé

La direction des Carabins a par ailleurs confirmé avoir été informée le 3 octobre, par le CCES, qu'un deuxième cas était à l'étude, comme le rapportait Radio-Canada Sports mardi.

Ce joueur ne fait plus partie de l'équipe. Le cas suit son processus au CCES qui fera savoir éventuellement s'il est sanctionné ou non.

« Il s'agit d'un premier cas positif, tous sports confondus, à l'Université de Montréal depuis la relance de notre programme de sport d'excellence en 1995, a mentionné la directrice des programmes sportifs de l'Université de Montréal, Manon Simard.

« Nous sommes conscients de la problématique dans le milieu du football. Et nous avons appuyé, dès le début, le renforcement des mesures mises de l'avant en août 2010 conjointement par le CCES, le sport interuniversitaire canadien (SIC) et la Ligue canadienne de football (LCF). »

Investissements requis

Malgré les programmes déjà en place, les universités doivent maintenant investir elles-mêmes dans des contrôles antidopage, estime la directrice du laboratoire de contrôle du dopage de l'INRS-Institut Armand Frappier, Christiane Ayotte. Selon elle, les revenus générés par le sport permettent de le faire.

« Il faut qu'elles s'investissent avec un programme [antidopage], tranche-t-elle. Les jeunes ne doivent pas penser que c'est une possibilité de se doper pour avancer dans le système. »

Manon Simard affirme que certains aspects des programmes sportifs pourraient être négligés pour soutenir un tel système.

« Ça devient une question de priorisation, avoue-t-elle. Il faudra peut-être choisir entre le support financier à un athlète pour l'aider à poursuivre ses études ou mettre sur un pied un système de testage qui coûte le même montant d'argent. »

En tant qu'entraîneur-chef, Danny Maciocia vit aussi le premier cas de dopage de sa carrière, commencée il y a près de 20 ans.

« Il s'agit d'un incident regrettable et notre équipe demeure unie face à cette situation, a dit Maciocia. Les membres de notre programme de football travailleront ensemble pour éduquer davantage nos joueurs. Même si nous avons de très bons outils en place, on doit toujours continuer de travailler pour s'améliorer. »

Le RSEQ réagit

Le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) a affirmé vouloir s'impliquer pour éliminer le dopage, une situation qu'elle estime préoccupante.

« Nous jugeons juste la sanction de deux ans imposée à Olivier Renière, explique le directeur général du RSEQ, Alain Roy. Le RSEQ est très préoccupé par ce problème et nous allons nous impliquer afin d'éliminer le dopage de nos sports. »

Le RSEQ reconnaît que le dopage est une menace pour la santé des étudiants-athlètes et nuit considérablement à l'image du sport. C'est pourquoi les disciplines de division 1 au collégial seront maintenant soumises à des tests antidopage.

Depuis le 31 mars 2010, le CCES a réalisé plus de 600 contrôles de dopage auprès de joueurs de football du SIC. L'intensification des contrôles depuis un an a été rendue possible grâce à des fonds supplémentaires de Sport Canada et à la LCF. La ligue professionnelle a aidé à financer 80 contrôles auprès de joueurs pressentis comme éventuelles recrues.