Félix Prévost
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Dominique Bernier
Il y a toujours des moments marquants dans la carrière d'un athlète. Pour un joueur de football, c'est souvent un plaqué retentissant...
Dès le tout premier jour du camp d'entraînement des Carabins, Félix Prévost débordait de confiance.
Le bond de géant du collégial AA au football universitaire n'effrayait pas le jeune receveur de passes. « J'ai confiance en mes moyens. Je peux contribuer au succès de l'équipe dès cette saison », avait-il déclaré.
Les premières semaines lui ont donné raison. Il a marqué deux touchés contre McGill à son tout premier match. Puis, un dans l'antre de la meilleure équipe du pays, à l'Université Laval. Jouer devant une foule aussi hostile le motive, répète-t-il.
Le chevelu receveur aux multiples tatouages se fait un nom rapidement. Le nom résonne aujourd'hui sans doute dans les réunions préparatoires des unités défensives adverses. Résultat, aucune passe captée contre St-Mary's, trois contre Bishop's et une seule la semaine dernière à Sherbrooke.
Son match contre le Vert & Or a pris une tangente négative tout juste avant la demie. Plaqué simultanément par deux joueurs, il est resté au sol quelques minutes, ébranlé. Mais il est revenu dans le match en deuxième mi-temps. Sa tête était toutefois restée au vestiaire.
« Je n'étais plus là mentalement, a-t-il confié avant l'entraînement des Carabins mercredi. Ça m'a joué dans la tête. Et ensuite, je me suis enfoncé dans un cercle vicieux. J'ai échappé une remise sur une tentative de placement et tout a basculé. »
D'ordinaire très fiable, il n'était plus en mesure de capter le moindre ballon. La pluie et le froid ajoutant à sa difficulté de maîtriser l'ovale. Un cauchemar. Son entraîneur l'a sorti du match au troisième quart.
« Il m'a dit de prendre un break et d'oublier cette partie. C'était la bonne décision, a dit l'ancien du Phénix d'André-Grasset. Ça m'a donné une bonne claque dans la face, c'est une leçon d'humilité. Je devais descendre de mon nuage et recommencer à travailler. »
L'entraîneur confiant
Danny Maciocia connaît bien Prévost, qu'il dirigeait l'an dernier au cégep. Sa cote d'amour et de confiance envers son jeune joueur n'a pas bougé d'un iota.
« Il va connaître des matchs difficiles, mais je vous garantis qu'il aura un impact sur notre programme au cours des quatre ou cinq prochaines années. Il va devenir l'un des préférés des amateurs, j'en suis certain », explique l'entraîneur-chef des Carabins.
Le jeune homme, lui, ne pense qu'à remettre les crampons, samedi, contre l'Université Laval, devant sa famille et ses amis.
« J'ai toujours su me relever après des contre-performances. Ce sera un match très dur, très physique et l'ambiance sera électrique. Les joueurs du Rouge et Or savent à quoi s'attendre de la foule, mais ignorent ce qu'on leur réserve sur le terrain. »
Comme quoi, la confiance peut réapparaître aussi rapidement qu'elle est disparue.