Profiter des arbitres

Ce serait réducteur de parler d'une « grosse » victoire au sujet du match de vendredi dernier contre les Blue Bombers.

Non seulement nous avons triomphé de belle façon en arrêtant deux fois plutôt qu'une leur attaque à la ligne de 1, mais nous nous sommes aussi assurés d'avoir la chance de jouer pour le bris d'égalité quand nous retrouverons les Bombers. Les deux équipes ont remporté un match jusqu'ici.

L'exploit de notre défense était assez extraordinaire, surtout quand on tient compte de tous les blessés dans cette unité. J'y reviendrai.

Les Alouettes arrêtent les Blue Bombers à la ligne des buts. Les Alouettes arrêtent les Blue Bombers à la ligne des buts.   © PC/THE CANADAIN PRESS/Jason Halstead

Et dire que cette victoire a bien failli nous glisser entre les mains... Comme un peu tout le monde, j'ai été plutôt surpris par la décision de l'officiel de pénaliser Greg Laybourn pour obstruction sur Greg Carr. Je n'ai pas bien vu le jeu, car tout le monde était debout, mais la reprise semblait indiquer que la punition n'était pas méritée.

Tout d'abord, bravo aux Bombers, qui ont joué en suivant la loi des probabilités. En fin de match, quand vous tentez une longue passe de la sorte, trois possibilités peuvent survenir : passe incomplète, passe complétée, punition. Deux de ces trois scénarios favorisent l'attaque. Pourquoi ne pas en profiter?

Si la stratégie a bien fonctionné, c'est que Greg Carr, le receveur visé sur le jeu, a lui aussi joué avec la loi des probabilités. Au football, dès qu'il y a contact avec un joueur défensif, c'est souvent ce dernier qui est pris en défaut. La punition pour obstruction en attaque est rarement appliquée dans la Ligue canadienne.

Cela dit, ce ne sont pas des techniques qu'on m'a apprises, et ça m'étonnerait que Greg ait « appris » cette technique. D'instinct, il a simplement tenté de créer du contact et la stratégie lui a souri.

Des substituts incroyables

Si le nom de Laybourn ne vous dit rien, c'est un peu normal. Notre ligne tertiaire a vécu des tonnes de changements cette saison avec les blessures à Mark Estelle, Étienne Boulay, Jerald Brown et Dwight Anderson, tous des demis défensifs avec expérience.

Ce que l'on vit, c'est pratiquement du jamais vu, surtout quand vous y ajoutez la retraite de Matthieu Proulx l'hiver dernier. Or, en date d'aujourd'hui, nous sommes à égalité au 1er rang de notre division et nous contrôlons notre destinée.

Nous aurions eu une excuse facile pour nous écrouler, mais des joueurs comme Laybourn, Jeff Hecht, Paul Woldu, Seth Williams, De'Audra Dix et Marc-Olivier Brouillette ont tous prouvé qu'ils ont leur place comme partants dans cette ligue, même s'ils ne l'étaient pas à l'amorce de la saison.

J'aimerais glisser quelques mots de plus sur Paul Woldu, un joueur que j'ai côtoyé davantage, puisqu'il est avec nous depuis 2008. Nous avons souvent fait partie de la deuxième unité, donc je l'ai souvent affronté à l'entraînement.

C'est possiblement un des plus petits demis défensifs que j'ai affrontés, en termes de poids. Mais il a de bons instincts, c'est sans doute sa qualité première. Il n'est pas lourd, mais il joue avec du chien. Il n'a pas peur de plaquer fort, d'être robuste et d'utiliser ses mains.

Il semble aussi qu'il trouve toujours le moyen d'être près du ballon, d'être à la bonne place au bon moment. C'est dans ces occasions que vous réussissez des jeux, que ce soit des plaqués ou des interceptions.

Comme moi, Paul a longtemps attendu son tour avant d'avoir une chance. Il a toujours travaillé fort dans l'ombre sans se plaindre et a pleinement mérité cette occasion. Je m'identifie évidemment à sa situation.

À bientôt.