Encore les commotions...

Malgré toute la sensibilisation sur le sujet, les commotions cérébrales demeurent un phénomène qu'on connaît très peu. Nous en avons une belle preuve avec les Alouettes cette semaine.

Quand Anthony Calvillo s'est fait frapper vendredi dernier à Edmonton, tout le monde était convaincu qu'il avait subi une commotion. Plusieurs craignaient même qu'il rate plusieurs matchs.

Mais Anthony s'est entraîné avec nous cette semaine, il va très bien et dit ne pas avoir de symptômes. Et croyez-moi, avec l'accent qui a été mis sur les commotions dernièrement, si l'équipe lui a permis de reprendre l'entraînement, c'est qu'il était véritablement guéri, et que nous avons suivi le protocole de retour au jeu.

Certains pensent que nos entraîneurs essaient de cacher des informations aux Blue Bombers, ou qu'on essaie de déranger leur préparation en cachant notre jeu au poste de quart. Mais la situation était assez claire, tout le monde a vu ce qu'Anthony a eu comme blessure. On n'a rien à cacher!

En revanche, Étienne Boulay va rater au moins neuf matchs, et on vient de placer Shea Emry sur la liste des blessés de neuf matchs, les deux pour des commotions. On nage vraiment dans le noir avec ce type de blessure.

Steven Jyles et Shea Emry Steven Jyles et Shea Emry   © Graham Hughes

Évidemment, ces deux pertes nous font mal. Le maraudeur et le secondeur intérieur sont essentiellement les capitaines de la défense au football canadien.

Mais ce n'est pas comme si on se demande de semaine en semaine quand ils vont revenir. Ces joueurs sont remplacés par d'autres très bons joueurs et nous devons continuer à faire notre travail. L'essentiel, c'est qu'Étienne et Shea ne reviennent pas trop vite et qu'ils ne traînent pas de séquelles après leur carrière.

Solidarité

Les blessures, c'est bien triste, mais ce n'est pas la fin du monde. Il y a toujours de la lumière au bout du tunnel.

Quand j'étais sur la liste des blessés de neuf matchs en début de saison et que j'étais guéri, je me tenais beaucoup avec les joueurs qui étaient dans le même bateau que moi. Ça m'a rapproché de gars comme Bo Bowling, Seth Williams, Greg Laybourn, Matt Lambros, Prechae Rodriguez et Josh Neiswander, tous en santé, mais pas dans la formation des 46 joueurs.

Quand l'équipe joue à l'étranger, elle part en général la veille du match et revient le lendemain. De plus, il y a souvent une journée de congé au retour. Sur ces quatre jours où nous n'étions pas avec l'équipe, on s'organisait en général deux entraînements entre nous, au parc Jeanne-Mance. On courait des tracés. Bref, on faisait des exercices pour garder la forme. Et ça a formé un nouveau cercle d'amis!

Aujourd'hui, la vie va mieux pour certains d'entre nous. Laybourn et moi sommes de retour en santé et dans la formation. Prechae est rendu à Toronto et devrait avoir la chance de jouer.

Je suis particulièrement heureux pour Seth, qui est maintenant un de nos demis défensifs partants. Son interception dans le match de vendredi, survenue immédiatement après la blessure à Anthony, a vraiment été un tournant dans le match.

De plus, Seth est un de mes anciens coéquipiers à l'Université Richmond. Quand il s'est blessé au camp et qu'on l'a libéré, je me demandais ce qui arriverait avec lui. Quand Jim Popp l'a ramené dans l'équipe, j'étais vraiment content. Et je ne crois pas que Jim regrette de l'avoir rappelé.

Quelle règle non écrite?

Enfin, j'ai entendu toutes sortes de commentaires sur un jeu survenu cette fin de semaine, dans le match entre les Lions et les Roughriders. Le quart des Riders Ryan Dinwiddie a tenté une passe dans la zone des buts, et le demi défensif des Lions Korey Banks a foncé de plein fouet dans le poteau des buts.

Heureusement, Banks s'est relevé et ne s'est pas blessé. Et il est devenu une vedette sur Youtube... 125 000 clics pour cette vidéo!

Banks a ensuite déclaré qu'il n'était pas content du jeu, qu'un quart ne devrait jamais tenter une passe si près du poteau des buts.

Je peux vous assurer qu'il n'existe pas de règle non écrite à ce sujet. Tout le terrain est utilisable, et ce n'est sûrement pas la première fois dans l'histoire de la ligue qu'un joueur finit sa course dans le poteau.

D'un autre côté, je ne crois pas qu'un quart soit assez mesquin pour tenter une passe dans cette zone dans le but d'attirer un demi défensif dans le poteau!

J'ajouterais même que, parfois, nous évitons certains jeux, à l'approche de la zone des buts, pour ne pas tenter une passe près des poteaux. N'oubliez pas que si le ballon touche les poteaux, le jeu est mort et nous perdons un essai, comme si c'était une passe incomplète. L'attaque n'a pas intérêt à roder dans ce secteur.

Regarder une telle séquence fait toujours un peu peur. Mais dans le feu de l'action, le poteau, on ne le voit pas. Je me souviens que sur un de mes touchés, à mes débuts à Montréal, je n'avais jamais remarqué que le ballon était passé entre les poteaux avant de se rendre à moi. Je l'ai seulement vu à la reprise.

À bientôt.