Enfin!

Une demi-saison, c'est long. Je peux maintenant en témoigner!

Après plus de deux mois d'absence, je suis donc finalement de retour au jeu. Mon nom n'apparaît plus sur cette damnée liste des blessés de neuf matchs.

Je l'avoue : quand j'ai aggravé ma blessure à un quadriceps au camp préparatoire, c'était de ma faute. J'ai été victime de mes propres ambitions. Comme tout athlète qui se respecte, je voulais jouer.

Je vous rappelle les faits. À la première semaine du camp, je me suis blessé une première fois. Les médecins prévoyaient que je mettrais de 10 à 14 jours pour guérir. J'ai donc repris l'entraînement quelques jours avant notre deuxième match préparatoire, et c'est là que la situation s'est aggravée.

Danny Desriveaux Danny Desriveaux   © Guillaume Lefrançois

Certains pensent que j'ai poussé un peu trop fort en raison du fait qu'il y avait des besoins à la position de receveur et que je voulais saisir ma chance. J'en doute. Peu importe la situation, les postes disponibles ou non, un compétiteur ne veut jamais rester sur les lignes de côté.

C'est particulièrement vrai au camp. Tu te dis que tout le monde traîne des bobos, joue un peu blessé. Je n'étais pas à 100 %, mais je me disais qu'en recommençant à jouer, je reviendrais à 100 % de mes capacités en quelques jours. J'avais sous-estimé ma blessure. J'en ressors aujourd'hui plus intelligent. Mais le prix pour apprendre a été élevé.

Mauvais concours de circonstances

Pour ajouter à mon malheur, j'ai été victime des sacrifices qu'impose le bas plafond salarial de la Ligue canadienne. Ma blessure ne nécessitait pas deux mois de convalescence. J'aurais pu revenir après trois ou quatre semaines.

Mais en me plaçant sur la liste des blessés de neuf matchs, les Alouettes s'assuraient que mon salaire ne compte pas dans la masse salariale pour la première moitié de la saison.

Une fois par moitié de saison, les équipes de la Ligue canadienne ont le droit de retirer un joueur prématurément de cette liste. Or, quand j'ai vu que mon collègue receveur Kerry Watkins était également sur cette liste, je savais bien que Jim Popp utiliserait ce droit pour lui. Et c'est ce qui est arrivé.

Ne pensez pas que j'en veux aux Alouettes d'avoir pris cette décision. Je sais que Kerry est un membre respecté de cette équipe, et avec tout ce qu'il a accompli pour nous depuis plusieurs saisons, cette décision s'explique bien.

Comme tout le monde, je sais bien que Kerry n'a pas le même impact sur notre équipe cette année que lors des années précédentes. Mais c'est trop simple et facile de dire qu'avec le recul, j'aurais obtenu plus de succès. Je ne me suis jamais dit que j'aurais mieux réussi que lui dans cette situation.

Après tout, j'ai moi aussi raté une bonne partie du camp d'entraînement. Et les réflexes du football, c'est difficile à retrouver quand tu as seulement de l'action en situation de match. Avec les nombreuses courtes semaines que nous avons eues, les entraînements ont été rares. Ce n'est pas pour rien qu'on insiste sur l'importance du camp préparatoire!

Dans le cas de Kerry, il vit littéralement son camp pendant la saison. C'est normal qu'il soit un peu plus effacé dans notre attaque. En fait, c'est le contraire qui aurait été étonnant. Je vois mal un joueur absent au camp accumuler les performances de 100 verges et 2 touchés dès son retour au jeu, comme s'il n'avait pas raté une seule répétition.

Mais ne vous inquiétez pas, Kerry a tout le potentiel pour recommencer à accumuler des statistiques ahurissantes. C'est une question de temps.

Bref, si je reviens bel et bien au jeu dimanche, je m'attends à ce que ce soit dans un rôle de réserviste comme receveur et avec les unités spéciales.

Même le rôle de teneur, pour lequel j'étais en audition au camp, va demeurer celui de Ricky Santos, notre quart numéro 3. Je sais que j'étais le substitut de Ben Cahoon à cette position l'an passé, mais la chimie avec le botteur est tellement cruciale qu'on doit limiter le nombre de changements à cette position. Ricky et Sean Whyte fonctionnent bien ensemble, je ne veux pas briser cette combinaison gagnante!

À bientôt.