Keron Williams et Chris Leak
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PC/Ryan Remiorz
MONTRÉAL - Les huées ne sont pas rares au stade McGill. Mais elles visent généralement les arbitres, ou l'équipe en visite.
La vie change rapidement pour Chris Leak. Quart gagnant d'un prestigieux bowl il y a trois ans, le remplaçant d'Anthony Calvillo retombe brutalement sur terre.
Chris Leak ne portait pourtant pas l'uniforme rayé, mais il a reçu des huées dignes d'un gardien du Canadien en difficulté, vendredi. Bienvenue chez les pros...
À l'image de ses coéquipiers, Leak a connu une soirée misérable et les Alouettes (6-3) ont baissé pavillon 38-17 devant les Lions de la Colombie-Britannique (2-7).
Les Alouettes subissent une première défaite aux abords du mont Royal depuis le 26 octobre 2008. Leur séquence victorieuse s'y arrête à 13.
De leur côté, les Lions tenteront de bâtir une deuxième moitié de saison sur ce gain, leur premier depuis leur victoire au tout premier match de la saison.
À la défense de Leak
Après le match, les joueurs des Alouettes se sont unanimement portés à la défense de Leak, jugé durement par les 25 012 spectateurs de la soirée. Ben Cahoon a livré le plaidoyer le plus vibrant.
« C'était terrible. Nous étions pourris, a lancé le vétéran receveur. La protection a été inadéquate, on a perdu des passes, c'était dégoûtant. On l'a laissé tomber. Chris a assez bien joué pour gagner, mais ses coéquipiers ne l'ont pas fait. »
Marc Trestman a également cherché à protéger la confiance de son jeune quart.
« Chris va assumer ses erreurs, mais nous avons perdu en équipe, et ça commence par moi, a dit l'entraîneur-chef des Alouettes. Nous avons eu trop de pénalités, nous n'étions pas assez concentrés. L'effort était là, mais je voulais m'assurer que les joueurs ne quittent pas le stade en pensant que la seule raison de notre défaite, c'est que nous ne jouions pas avec le bon quart. »
De Trestman à Scott Flory, on a cherché à éviter la question des huées. D'autres joueurs ont préféré interpréter la réaction des partisans comme une critique de tout le personnel offensif des champions de la Coupe Grey.
« Ce n'était pas juste envers Leak. C'était envers l'attaque au complet. Mais c'était dur. Je ne m'attendais pas à ça », a avoué le receveur Jamel Richardson.
« C'était mal dirigé, car c'est loin d'être de sa faute, a expliqué un autre receveur, Danny Desriveaux. Mais on sentait qu'on donnait une mauvaise performance et qu'on se faisait huer en groupe. »
Cloué au sol
Anthony Calvillo sur les lignes de côté
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PC/Ryan Remiorz
Les Lions devront se rappeler qu'ils ont enlevé ce gain sans avoir eu à battre un des meilleurs quarts de la ligue, Anthony Calvillo. Le vénérable quart, blessé au sternum, a assisté impuissant à la lente agonie de son dauphin.
Leak a finalement réussi 15 de ses 27 passes, mais il a lancé 2 interceptions. L'ancienne gloire des Gators de l'Université de la Floride a terminé sa soirée sur le ventre, au troisième quart, quand il s'est blessé à la hanche en courant avec le ballon.
Et comme le malheur ne l'a pas quitté de la soirée, Leak a perdu le ballon, aussitôt récupéré par Korey Banks et ramené dans la zone des buts pour faire 35-3 Lions.
Ricky Santos (10 en 12, 93 verges) l'a relevé au poste de quart, et il a orchestré les deux touchés des Alouettes, les deux fois l'oeuvre de S.J. Green. Mais avec une avance imposante, on peut croire que l'unité défensive des Lions avait les réflexes un peu moins aiguisés...
Pour Leak, ce match était une occasion en or de ravir le poste de quart numéro 2 des Alouettes à Adrian McPherson, blessé et bientôt guéri. Et avec un retour possible de Calvillo la semaine prochaine, à Hamilton, c'était peut-être son unique chance de se démarquer. C'est loupé.
À noter