Réduire les commotions

Le reportage de Patrick Henri

Le problème des commotions cérébrales au football professionnel ne date pas d'hier.

La commotion cérébrale est une des blessures typiques des joueurs de football. La NFL adopte une nouvelle stratégie pour tenter d'en réduire le nombre : la sensibilisation des joueurs.

Depuis des années, la NFL tente de trouver des solutions pour réduire le nombre de blessures à la tête. La ligue tente maintenant une nouvelle approche, la sensibilisation des joueurs.

Plusieurs joueurs comme le quart Troy Aikman ont dû mettre fin à leur carrière en raison de nombreuses commotions cérébrales. L'ancien quart des Cowboys en a subi 10.

Pour sensibiliser les joueurs aux dangers reliés aux commotions, la NFL a décidé d'installer dans les vestiaires des 32 équipes de la ligue une affiche qui décrit les symptômes et les effets de ce type de blessure. Une façon d'en apprendre un peu plus ou un simple rappel.

L'affiche explique aux joueurs qu'ils devraient immédiatement parler au personnel médical s'ils croient avoir été victimes d'une commotion cérébrale. Comme ils le feraient pour une autre blessure.

Certains joueurs hésitent à en parler. Ça a été le cas de Bruno Heppel, à son premier camp d'entraînement avec les Alouettes.

« Tu retournes sur les lignes de côté étourdi, la vision affectée. Tu as une décision à prendre : est-ce que je vais le dire? Si je le dis, je vais être sur le carreau pendant peut-être une semaine, une semaine et demie », a souligné l'ancien demi offensif.

Les joueurs ont peur de perdre leur place dans l'équipe s'ils se plaignent. Mais ils ne pensent pas aux effets à long terme. Des études récentes ont fait des liens entre les commotions et la démence ou la dépression.

Certains joueurs sont déjà sensibilisés. « J'ai toujours promis à ma famille et à mon épouse qu'il y a une chose avec laquelle je n'aurai aucune patience et que je ne pousserai jamais pour revenir au jeu. Il s'agit des commotions, a expliqué le maraudeur des Alouettes Matthieu Proulx.

« C'est sûr que s'il y a quelqu'un dans mon équipe que je vois perdre connaissance, qui se relève et qui essaie de jouer, il n'y a aucune chance que je le laisse poursuivre un autre jeu. »

Marc-Olivier Brouillette a été victime de commotions dans les rangs universitaires. Il croit que l'affiche est une bonne idée. Mais selon lui, les ligues et les équipes pourraient en faire plus pour leurs joueurs blessés.

« En garantissant qu'ils ne perdront pas leur emploi s'ils avouent qu'ils ont eu une commotion, je pense que ce serait encore meilleur », a estimé le secondeur des Alouettes.

La NFL et l'Association des joueurs sont en constante discussion pour trouver d'autres solutions. Elles se sont récemment entendues sur la réduction du nombre d'entraînements avec contacts et tentent de trouver des pièces d'équipement plus sécuritaires pour les joueurs.

D'après un reportage de Patrick Henri.