MONTRÉAL - L'attaque ne marque pas de touchés. Avon Cobourne est sous-utilisé. La ligne offensive est poreuse...
La ligne offensive des Alouettes fait taire ses détracteurs. Le quintette permet à Avon Cobourne de connaître le match d'une vie et les Alouettes rétablissent leur autorité dans l'Est.
Autant de critiques maintes fois formulées à l'égard des Alouettes ces derniers jours, qu'on n'entendra plus pour au moins une semaine.
Les Alouettes (4-1) ont triomphé 41-10 des Argonauts de Toronto (3-2), jeudi, devant 25 012 sièges bien remplis aux abords du mont Royal.
Avec cette 11e victoire d'affilée en saison à domicile, les Alouettes prennent l'exclusivité du 1er rang dans l'Est pour la première fois de la saison.
Discret depuis le début de la saison, Cobourne a eu une première vraie chance de se faire valoir. Le demi offensif a explosé avec des gains de 116 verges par la passe - un record personnel - et de 115 verges au sol, pour le deuxième doublé 100-100 de sa carrière. Comme récompense, le numéro 6 a inscrit deux touchés.
Le match avait pourtant mal commencé pour Cobourne. Au deuxième quart, il a vu le ballon lui échapper des mains, et être récupéré par les Argonauts, qui ont ensuite réussi un placement pour prendre l'avance 10-7.
Aussitôt revenu sur le terrain, Anthony Calvillo a dirigé sa première passe vers Cobourne. C'était le geste de confiance dont il avait besoin pour recharger les batteries. Sa bonne tenue a ensuite forcé son entraîneur à l'impliquer davantage dans le match.
« Revenir vers moi, c'était la bonne chose à faire, a analysé le joueur du match. Ils savaient que je devais répondre.
« Je sens toujours que je dois amasser des verges, a poursuivi Cobourne. Si on ne court pas bien, je n'aurai pas le ballon. Mais ce n'est pas seulement moi. Mes gros bonshommes en avant ont ouvert des trous et tout le monde aurait pu courir dedans. »
« J'ai toujours eu confiance en Avon, a assuré l'entraîneur-chef Marc Trestman. Le déroulement du match nous a incités à lui donner des ballons. Chaque match est différent, et il faut y aller avec ce qu'on nous donne. »
La protection
S.J. Green et Josh Bourke
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PC/Paul Chiasson
Ces chiffres auraient été irréalisables sans le concours d'une ligne offensive de retour à son niveau des deux années précédentes. En plus des gains au sol, l'unité a permis à Anthony Calvillo de travailler en toute sérénité tout au long de la soirée. Le redoutable front défensif torontois n'a enregistré aucun sac.
« Ça commence toujours avec les joueurs de ligne offensive, a expliqué Calvillo. On a établi la course, on allait chercher 5-10 verges par course. Ça a ouvert le livre de jeux. Ils ont été mis au défi cette semaine de montrer ce dont ils sont capables, et ils l'ont fait. »
Calvillo a préféré parler des statistiques de Cobourne, mais il aurait pu citer les siennes pour illustrer le bon travail du quintette de colosses. Le quart a réussi 30 de ses 36 passes, et aurait pu gonfler ses statistiques si Jamel Richardson et Ben Cahoon n'avaient pas tour à tour laissé tomber des passes précises. Calvillo a ajouté 394 verges au compteur.
Richardson a capté ses deux premières passes de touché de la saison. Son clone, S.J. Green, a inscrit l'autre majeur des vainqueurs.
Le quart substitut des Alouettes, Ricky Santos, a été l'auteur d'une des deux passes payantes à Richardson, sur un jeu qui s'annonçait comme une faufilade du quart. Il s'agissait de sa première passe de touché chez les professionnels.
Avec cinq touchés, tous inscrits de l'intérieur de la ligne de 20 des Argos, les Alouettes redoreront leur fiche dans la zone payante. À leurs deux derniers matchs, ils avaient réussi un seul majeur en sept présences.
Boyd freiné
C'était la victoire de l'attaque, mais la défense a eu son mot à dire.
Le front défensif montréalais a mis fin de façon abrupte à la séquence de 3 matchs de suite de 100 verges au sol de Cory Boyd. Le demi offensif des Argonauts a été limité à 53 verges en 9 courses.
Le quart Cleo Lemon n'a réussi que 8 de ses 17 passes, et les Torontois quitteront la métropole avec seulement 227 verges en banque. Des statistiques plus près de leur saison cauchemardesque de 2009 que de leur mois de juillet 2010 inattendu.
Fidèle à son habitude, la défense montréalaise a créé un revirement au bon moment. Au troisième quart, le ventripotent Eric Wilson a récupéré un ballon perdu par Chad Owens, et l'a ramené sur 50 verges, à la porte des buts. Le majeur subséquent de Richardson a fait 31-10 Alouettes, pour faire comprendre aux Argonauts qu'ils avaient encore quelques croûtes à manger avant d'aspirer au 1er rang de l'Est...
À noter