Prise 2

  |  Guillaume Lefrançois  |  Radio-Canada
Sports Extra : René Pothier s'entretient avec Randy Chevrier.

Les Stampeders de 2009 avaient le torse bombé.

Un an après le rendez-vous manqué avec leurs partisans, les Stampeders tenteront d'obtenir le prix de consolation : une Coupe Grey en Alberta, mais 300 km plus au nord.

On pouvait les comprendre, après une saison 2008 couronnée par une Coupe Grey, gagnée en territoire ennemi de surcroît.

Et avec des Henry Burris, Jeremaine Copeland et autres Nik Lewis à la modestie modérée, la situation a peut-être dégénéré par moments. On peut penser à cette défaite du 12 octobre à Montréal, quand Henry Burris a dit aux Alouettes qu'il les reverrait le 29 novembre.

Burris les a vus, les Alouettes, le 29 novembre. Il les a vus soulever la Coupe Grey... à la télévision.

« Chaque équipe a comme vision d'atteindre certains buts, a défendu l'entraîneur-chef, John Hufnagel, en conférence téléphonique, mercredi. Je ne reprocherai jamais à mes joueurs d'être trop sûrs d'eux. C'est normal qu'ils s'attendent à disputer la Coupe Grey. »

Si Hufnagel défend l'attitude de ses joueurs, il ne cherche toutefois pas d'excuses pour expliquer pourquoi les Stampeders ont raté leur Coupe Grey, disputée sur leur terrain. La défaite de 27-17 aux mains des Roughriders en finale de l'Ouest est encore bien en tête.

Pénible, regarder jouer les Alouettes et les Roughriders au McMahon Stadium?

« C'était difficile, bien que les deux équipes ce jour-là étaient les deux meilleures équipes. Nous avons joué contre ces deux équipes en saison et nous n'avons pas gagné un seul match. En fait, tout ça m'a motivé davantage pour cette saison. »

« On a fait notre bilan de la saison dernière, a pour sa part mentionné le spécialiste des longues remises des Stampeders, Randy Chevrier, à Sports Extra (Sirius 96). On n'a pas assez bien fait en saison et en séries pour être en position de gagner. C'est sûr que ça nous a fait mal au coeur de voir les autres équipes sur notre terrain. Mais la Coupe Grey, on n'a pas eu la chance de la jouer en raison de nos actions. »

Un canyon à remplir

Jeremaine Copeland et Joffrey Reynolds (21) Jeremaine Copeland et Joffrey Reynolds (21)   © PC/Jason Scott

Comme les autres équipes du circuit, les Stampeders n'ont pas été à l'abri du changement.

L'excellent botteur Sandro DeAngelis est rentré à la maison à Hamilton et l'âme de la ligne offensive, Jeff Pilon, a pris sa retraite.

Mais aucun départ ne sera autant remarqué que celui de Jeremaine Copeland. Le receveur, auteur de 12 touchés, de 1235 verges de gain et d'une kyrielle de discours enflammés dans le vestiaire, a été échangé aux Argonauts contre le prometteur receveur P.K. Sam.

« Dans le vestiaire, Copeland était un très bon meneur, a admis Hufnagel. Mais Nik Lewis a déjà dit qu'il aimerait prendre le contrôle de cette équipe. Romby Bryant est ici depuis un peu plus de six mois, il sera beaucoup plus à l'aise cette année. »

Curieusement, ces mêmes Lewis et Bryant, deux receveurs, seront appelés à gagner les verges laissées orphelines par Copeland. Et l'excellent Ken-Yon Rambo, de retour après une déchirure au ligament antérieur croisé, les aidera à inscrire les touchés cruciaux.

« On a plus de profondeur, croit Chevrier. Tous nos receveurs de l'an dernier peuvent jouer receveur éloigné ou demi inséré. Mais si un gars peut le remplacer comme demi inséré, c'est Nik Lewis. Il n'a pas eu la saison qu'il aurait voulue, car on a beaucoup de receveurs. Et il y a juste un ballon! C'est le problème des bonnes équipes. »

En défense, le principal poste à pourvoir sera celui du toujours important secondeur intérieur, laissé vacant après le départ de Tim Johnson pour des raisons familiales. Mais l'arrivée en milieu de saison de vétérans, dont l'ancien plaqueur défensif des Alouettes Devone Claybrooks, a stabilisé l'unité.

« Claybrooks était une grosse addition, croit Chevrier. Miguel Robédé a été excellent en éliminatoires. Tim Johnson ne sera plus là, mais je sais qu'on va trouver un gars pour le remplacer. »

C'est avec ces Claybrooks, Rambo, Lewis et Burris que les Stampeders se remettront au travail. À défaut d'une Coupe Grey dans leur ville, ils peuvent encore rêver d'une Coupe dans leur province, mais dans la ville ennemie d'Edmonton.

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