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![]() Football LCF - Alouettes Du Bronx à la Coupe GreyMise à jour le vendredi 27 novembre 2009 à 8 h 43 Un texte de Guillaume Lefrançois
CALGARY - « Nous tenons pour évidentes en soi les vérités suivantes: tous les hommes sont créés égaux. » Le deuxième paragraphe de la déclaration d'indépendance des États-Unis commence par ces mots. N'allez toutefois pas en parler à Ramon Guzman et à ceux qui ont grandi dans le Bronx. Certains hommes naissent moins égaux que d'autres... « Je suis né dans le Bronx, j'y ai grandi et j'y habite toujours », lance fièrement Guzman, le secondeur recrue des Alouettes. Guzman est né en 1982. Il n'a pas connu les incendies d'octobre 1977, tristement diffusés pendant la Série mondiale entre les Yankees et les Dodgers. « Ladies and gentleman... The Bronx is burning », lançait Howard Cosell à l'Amérique pendant le deuxième match. Les problèmes ne se sont pas réglés du jour au lendemain pour autant. « J'étais dans un quartier dur, raconte Guzman, le quatrième secondeur dans la rotation des Alouettes. Ça s'est amélioré, car le maire a nettoyé les rues. Mais c'est encore dur. Il y a encore des endroits où je ne marcherais pas tard le soir, même si je viens de là. Il y a même des pancartes d'arrêt qui disent de ne pas arrêter, car tu vas te faire voler ta voiture! » Adolescent incandescent Naître dans le Bronx est une chose. Grandir dans le quartier mal famé de New York en est une autre. Un adolescent peut rapidement dériver. « Beaucoup d'enfants qui grandissent là n'ont pas de père, et se tournent vers la rue pour du soutien, ou pour apprendre à être un homme, croit Guzman. Certains se font prendre dans la vie de la rue, trouvent que c'est cool de marcher avec un fusil. J'ai fait ça, j'étais un des leurs, mais j'avais le football. J'ai vu une possibilité d'aller au collège pour le football, et je me suis dit que je voulais faire ça. »
Le Dominicain d'origine s'est donc dirigé vers l'Université de Buffalo de 2003 à 2006. Ses succès lui ont ouvert les portes des Colts d'Indianapolis, où il a réussi 11 plaqués en 16 matchs en 2007. Deux ans plus tard, l'homme de 27 ans se retrouve avec les Alouettes, à titre de remplaçant de luxe. « J'ai été chanceux. Je ne veux pas dire que je n'ai rien fait de mal, mais je ne me suis jamais fait prendre. Qui sait ce qui serait arrivé si je m'étais fait prendre? Peut-être que je n'aurais pas joué au football. Je suis reconnaissant. » Enfin en finale Reconnaissant, car dimanche, il vivra à la Coupe Grey un soir de première. « Ce sera mon premier match de championnat, peu importe le niveau. Je suis passé près quelques fois, mais là, on y est. » Les Alouettes sont également reconnaissants. En 2009, Guzman a réussi 44 plaqués, dont 11 sur les unités spéciales, 2 sacs et 1 interception. L'équipe a remporté trois des quatre matchs qu'il a amorcés, dont un par jeu blanc, en août contre les Argonauts. Au-delà des statistiques, Jim Popp a déniché un joueur à la mentalité idéale pour le poste de secondeur. C'est du moins ce qui transparaît quand il explique pourquoi il a préféré le football au baseball, même s'il a grandi dans l'ombre du Yankee Stadium. « Je n'ai jamais aimé jouer au baseball, même si j'aime le regarder. Si un lanceur m'atteint avec la balle, pourquoi ne puis-je pas répliquer? C'est une arme, cette balle est dure, il la lance à plus de 90 milles à l'heure. Si tu m'atteins, je vais devoir répliquer. J'ai un bâton dans les mains, je ne sais pas ce qui peut arriver. C'est pour ça que le baseball n'était peut-être pas fait pour moi! » |