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![]() Football LCF - Alouettes Deslauriers a mal, même en santéMise à jour le jeudi 26 novembre 2009 à 8 h 32 Un texte de Guillaume Lefrançois C'est l'histoire d'un joueur qui se cherchait. En mal d'occasions de se faire valoir, le malheur l'a foudroyé au moment où les projecteurs se braquaient sur lui. Bienvenue dans la dure existence du receveur des Alouettes Éric Deslauriers. Le Québécois n'a toujours pas disputé un seul essai depuis le 4 septembre à Vancouver. Ce soir-là, les Lions ont cafouillé sur un botté de dégagement, et Deslauriers a saisi le ballon et l'a ramené sur 34 verges pour son premier touché de la saison. Le problème: il s'est blessé aux ischiojambiers. Il a terminé sa course en clopinant comme Kirk Gibson en Série mondiale. Guéri depuis trois semaines, Deslauriers n'attend qu'un signe de ses entraîneurs. Ce signe, il viendra dimanche en Coupe Grey, ou jamais. « Ça fait quatre mois que je m'entraîne comme un malade, j'ai beaucoup d'énergie à dépenser, a lancé le sympathique Gatinois, lundi, à la veille du départ des Alouettes vers Calgary. J'espère juste avoir une chance de jouer. » Les chiffres ne lui sont toutefois pas favorables. Ratio oblige, Deslauriers devra prendre la place d'un Canadien s'il veut jouer. Or, si Trestman garde la même formation qu'en finale de l'Est, il a un seul changement à apporter. L'Américain Andrew Hawkins s'est blessé à une cheville. S.J. Green, un autre receveur américain, pourrait le remplacer. Deslauriers s'accroche à de minces espoirs. Le choix de premier tour en 2006 accompagnera ses coéquipiers à Calgary. Il espérera ensuite un acte de Dieu. « Je suis là en esprit, je vais faire tous les entraînements et encourager les gars. Vendredi, soit que je vais signer un papier pour la liste des blessés, soit qu'on me dira de jouer. » Le meneur de claques Deslauriers a fait contre mauvaise fortune bon coeur. Le gaillard de 1,93 m (6 pi 4 po) continue à dérider ses coéquipiers avec son sens de l'humour. C'est ce qu'il a fait en riant haut et fort de la tentative de barbe de son bon ami Danny Desriveaux. « Il est encore jeune », explique un Deslauriers taquin. Le grand numéro 80 arbore même une des barbes les plus fournies de l'équipe, en cette période où l'entretien de la pilosité faciale peut coûter cher en contravention. Malgré ces preuves d'esprit d'équipe, le compétiteur en lui n'est pas satisfait. « J'ai beaucoup de coeur, j'aurais aimé jouer la finale de l'Est. C'était dur à avaler, ça faisait mal. C'est beau qu'on ait détruit les Lions, mais c'était dur de voir les gars avoir du fun sur le terrain. Je suis habitué d'être là, de donner des high five. J'étais sur le banc. Je les félicitais, mais ce n'est pas le même feeling en civil que quand tu joues. Mais c'est un sport d'équipe, j'en suis conscient. » Deslauriers a une autre raison de broyer du noir. Sa foulée fatidique de septembre a mis fin à sa dernière année de contrat. Pour un joueur limité à 36 attrapés et 419 verges en 3 saisons, les blessures coûtent cher. « C'est aussi ce qui est difficile. C'est mon année de joueur autonome, je suis libre à la fin de l'année et ça ne m'aide pas. Je n'ai pas eu de grosses saisons avant, et là je me blesse deux fois. J'espère que j'ai assez montré ma personnalité et mon éthique de travail. » Le cruel monde du sport est ainsi fait que les personnalités attachantes sont souvent appréciées, rarement récompensées. Les chiffres, les statistiques et le bilan médical ont souvent préséance sur les blagues et les accolades. |