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Football Universitaire - Coupe Mitchell

Le dernier obstacle

Mise à jour le vendredi 20 novembre 2009 à 23 h 41

Un texte d' Antoine Deshaies

« Je ne devrais pas avoir de mal à distinguer mes receveurs de passes, ça c'est certain! »

C'est avec ces mots soigneusement choisis que le quart Benoît Groulx répond quand on lui demande si l'uniforme jaune moutarde des Golden Gaels de Queen's est le plus laid qu'il aura affronté.

Vraiment, les politesses étaient à l'honneur, vendredi, à la veille du botté d'envoi de la Coupe Mitchell à Kingston, entre le Rouge et Or, classé premier au pays, et les Golden Gaels, 4es.

En conférence de presse, l'entraîneur-chef du Rouge et Or, Glen Constantin, a envoyé les premières fleurs en soulignant le travail de son opposant, Pat Sheahan, l'ancien pilote des Stingers de Concordia.

Ce dernier lui a rendu la pareille, en français s'il vous plait, en ajoutant qu'il considère le quart Benoît Groulx comme un entraîneur de plus sur le terrain.

De retour au micro, Glen Constantin a aussitôt vanté le quart adverse, Danny Brannagan. « C'est un quart exceptionnel qui prend des décisions très rapidement sur le terrain. »

Les chiffrent lui donnent raison. La semaine dernière, Brannagan a accumulé des gains de 515 verges et a lancé 5 passes de touché en finale ontarienne. C'était la quatrième performance par un quart en série dans l'histoire du football universitaire canadien.

Il faut dire que le quart de cinquième année peut compter sur un groupe de receveurs costauds et surtout expérimentés. Et sur une ligne offensive aux proportions himalayennes.

Son bloqueur à gauche, chargé de protéger ses arrières, mesure 2,08 m (6 pi 10 po) et pèse 145 kg (318 lb). En fait, le front offensif, dont le pilier le plus léger pèse 131 kg (287 lb ), n'a permis que 9 sacs cette saison.

« Ils sont merveilleux », explique Brannagan, avant d'ajouter à la blague qu'ils seraient parfaits s'ils ne lui bloquaient pas autant la vue.

Plus dur loin de la maison

Glen Constantin

Photo: La Presse Canadienne /Francois Roy

Glen Constantin

Si le Rouge et Or s'est montré intraitable sur son terrain cette saison, il a paru plus atteignable en territoire ennemi.

Les Québécois ont perdu un match à Montréal contre les Carabins, et ont été limités à 22 points contre le Vert & Or à Sherbrooke, sur la seule surface naturelle parmi les universités de la province.

Les champions retrouveront le gazon à Kingston. Ils devront aussi affronter l'une des foules les plus hostiles au pays. Une foule particulièrement jeune et surtout, très bruyante. Plus de 7200 spectateurs étaient présents au dernier match.

« Nous devrons démontrer beaucoup de concentration et de résilience, admet Constantin. Il y aura plusieurs jeux qui ne fonctionneront pas. Le défi sera de penser et de passer au suivant le plus rapidement possible. »

Au cours de son histoire, en demi-finale nationale, le Rouge et Or a une modeste fiche de 1-3. En fait, la dernière victoire des bicolores dans pareille circonstance sur la route remonte à 2003.

« De l'histoire ancienne », répond Constantin en pleine confiance.

Bilan de santé

Les partants du Rouge et Or devaient être les mêmes qui ont amorcé la finale québécoise contre les Carabins samedi dernier.

Les quelques joueurs qui présentaient des symptômes de rhume ou de grippe devraient donc être à leur poste. Cette semaine, plusieurs membres de l'équipe ont porté des masques hygiéniques pour limiter les risques de propagation de virus.

Le botteur, Christopher Milo, blessé au pied gauche la semaine dernière, ne s'est toujours pas entraîné cette semaine. Dans le pire des scénarios, il pourrait se limiter aux placements.

Dans ce cas, le quart substitut Tristan Grenon devrait se charger des bottés de dégagement tandis que Marc-Antoine Fortin, un joueur de ligne défensive, s'occuperait des bottés d'envoi.