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Football | Chronique de Danny Desriveaux

Le bruit, notre ami

Repêché en 2006, Danny Desriveaux porte les couleurs des Alouettes depuis la saison 2007. Chaque semaine, le Québécois commente le football à travers les yeux d’un receveur de passes de la Ligue canadienne.

Bonjour à tous,

S'il y a un sport où l'avantage du terrain est crucial, c'est au football.

On l'a vécu l'an passé, en finale de l'Est, contre les Eskimos. Ricky Ray était incapable de communiquer avec ses coéquipiers tellement le stade olympique était bruyant, et son attaque n'a jamais pris son envol.

On espère évidemment que nos partisans rendent le stade cacophonique, dimanche, contre les Lions. Ils seront nombreux, et le stade est caverneux. Tous les ingrédients sont réunis pour une ambiance explosive.

C'est essentiel pour les 11 autres joueurs offensifs d'entendre les signaux du quart. Quand la défense adverse fait bouger ses joueurs, le quart lance des mots-clés pour nous indiquer des changements. S'il voit un blitz se profiler, s'il voit deux maraudeurs sur la ligne tertiaire, il doit s'ajuster et nous le laisser savoir.

Ces changements sont d'autant plus importants que nous ne disposons que de trois essais. Dès que tu rates un jeu, tu te retrouves en deuxième essai et long.

Par contre, le bruit n'est pas gage de succès. Les Lions ont été pris à plusieurs reprises pour hors-jeu en demi-finale de l'Est à Hamilton, mais ils ont tout de même gagné. Aux dernières nouvelles, le match se gagne sur le terrain, pas dans les estrades.

Des demis défensifs d'impact

Barron Miles (no 9)

Photo: La Presse Canadienne /Richard Lam

Barron Miles (no 9)

En tant que receveur, je peux vous dire que la communication sera cruciale. Nos tracés devront être impeccables.

Deux demis défensifs des Lions, Barron Miles et Korey Banks, ont été nommés sur l'équipe d'étoiles de la Ligue canadienne. Miles a dominé la ligue avec huit interceptions.

Je sais que ce ne sont que des statistiques, mais ces huit interceptions prouvent une chose: Miles fait les jeux. En anglais, on dit que c'est un playmaker.

Parfois, les demis défensifs ont des chances d'intercepter le ballon, mais ne complètent pas le jeu. Miles est capable, et il a souvent de bonnes intuitions. Si tu rates ton tracé par deux verges, ça peut coûter cher.

Il n'y a pas de recette magique pour l'empêcher de réussir de gros jeux. Nous devrons d'une part le garder sur les talons en lui montrant différentes formations avec des joueurs différents. D'autre part, on devra faire attention aux détails. S'il faut que je me place sur les numéros, je ne dois pas être sur les hachures.

Si on exécute ces détails avec soin, on diminuera le nombre d'opportunités qu'on leur donne.

Un nom: Printers

À Montréal comme à Vancouver, le nom du quart Casey Printers est sur toutes les lèvres. Il a effectué tout un retour en fin de saison avec les Lions.

Je ne suis pas surpris qu'il ait retrouvé sa forme. Il n'a pas été joueur par excellence en 2004 par hasard. Ce qui est surprenant, c'est que ça lui ait pris tout ce temps avant de revenir à un niveau d'excellence.

À mon avis, Printers connaît ce succès car il revient dans une situation de confort. Il revient dans la ville, le stade, le site d'entraînement où il a connu du succès. Il retrouve aussi le personnel avec qui il a vécu l'aventure de 2004: Geroy Simon, Paris Jackson, Wally Buono, Jacques Chapdelaine...

C'est scientifique: si tu mets les mêmes éléments ensemble, tu obtiendras un résultat identique.

Cela dit, c'est la même histoire chaque semaine. Nous devons arrêter le quart adverse pour rendre l'attaque adverse unidimensionnelle. Nous devions le faire avec Kerry Joseph, Michael Bishop et Henry Burris. C'est à recommencer.

15-3 et négligés...

Loin de moi l'idée de sous-estimer les Lions. Mais les analystes semblent nous négliger, même si nous avons eu la meilleure fiche de la LCF cette saison.

La situation m'a surtout frappé à la télévision anglaise. Les analystes ne cessent de répéter que les Lions sont sur une lancée, ils leur donnent beaucoup de chances et semblent oublier ce que nous avons accompli cette saison.

S'ils veulent nous présenter comme négligés, c'est parfait. Aux dernières nouvelles, les matchs se gagnent sur le terrain, pas dans les studios de télévision.

À bientôt.

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