Dopage : l'affaire Armstrong

« Une peine de mort »

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Compte rendu de Louis de Belleval et reportage de Frédéric Nicoloff

Lance Armstrong a conclu ses aveux quant à son usage de produits dopants à l'animatrice Oprah Winfrey vendredi. Repentant, le cycliste déchu n'a toutefois pas dévoilé d'autres détails sur cette culture.

Il considère que l'ampleur de cette histoire le marquera à jamais.

Après avoir été banni à vie par l'Agence antidopage américaine (USADA) l'automne dernier, Armstrong a cependant remis en question la décision de l'organisme : « Je mérite les sanctions que j'ai reçues, mais pas cette peine de mort. »

L'Américain a du même souffle mentionné qu'il aimerait bien que la décision soit infirmée, même si ce n'est « pas vraiment réaliste ». La rumeur voulant qu'il ait offert un don de 150 000 $US à l'USADA pour tenter de renverser sa suspension à vie serait fausse, a-t-il juré à Oprah Winfrey.

Armstrong sait pertinemment que ces confessions ne constituent qu'un début. Le processus de rédemption sera encore très long.

Des excuses ressenties

Dans cette deuxième portion d'entrevue, Armstrong a essentiellement énuméré les gens qu'il a trahis, à commencer par ses enfants.

« Si je suis ici aujourd'hui, c'est en raison de mes enfants, a lancé Armstrong. Lorsque mon fils (Luke, 13 ans) a commencé à prendre ma défense... (pleurs), c'est à ce moment que j'ai décidé de tout déballer. »

Il a également demandé pardon aux nombreuses personnes qui l'ont soutenu tout au long de sa carrière et à sa fondation Livestrong.

Armstrong, qui a été écarté, pense cependant qu'il s'agissait de la meilleure décision pour la survie de celle-ci.

« Ça m'a énormément blessé, a avoué le cycliste. Cette fondation est comme mon sixième enfant. »

Armstrong a d'autre part indiqué que si une personne avait été au courant du fait qu'il se dopait, c'était son ex-femme Christine, avec qui il a eu trois enfants. Il a raconté qu'il lui avait demandé la permission d'effectuer un retour à la compétition en 2009, et qu'elle lui avait donné son consentement « à condition que je ne franchisse plus cette ligne ». Une condition qu'il aurait acceptée, selon ses dires.

L'Américain a de plus indiqué qu'il avait la certitude qu'il pouvait l'emporter à son retour au Tour de France en 2009 (il avait terminé 3e), parce qu'il croyait que le sport était devenu propre, notamment en raison de l'instauration du passeport biologique par l'Agence mondiale antidopage (AMA). « Je me suis simplement dit que j'avais été battu par deux gars meilleurs que moi », a-t-il confié candidement à Oprah.

Il a par ailleurs discuté de la photo controversée qu'il a publiée sur Twitter avec ses gilets jaunes, qualifiant ce geste « d'erreur » qui se voulait au fond être un geste de défiance envers les autorités antidopage. « Ça, c'était l'imbécile en moi, a admis Armstrong. Quand je l'ai envoyée, je croyais encore que c'était une bonne idée. C'est épeurant. »

En conclusion d'entrevue, Oprah Winfrey lui a demandé s'il était devenu une meilleure personne à la suite de ces aveux.

« Sans l'ombre d'un doute, a répondu Armstrong. Je suis une thérapie de façon sporadique, mais je sais que je devrais en suivre une de façon constante, a-t-il reconnu. J'ai une vie épouvantable (messy). Je commence seulement à exprimer des remords. J'en suis aux premières étapes, et je dois payer le prix pour mes gestes. »

Il a aussi exprimé sa volonté de dire toute la vérité, de façon à quitter sa prison de verre.

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