Dopage : l'affaire Armstrong

Le cyclisme pourrait être rayé des Jeux, selon Pound

Le cyclisme pourrait être rayé des JO

Le cyclisme pourrait être rayé des Jeux olympiques s'il est prouvé que l'Union cycliste internationale (UCI) a étouffé le fait que Lance Armstrong se dopait, a déclaré le Canadien Richard Pound, membre du Comité international olympique (CIO), à l'agence de presse Reuters mardi.

Une commission d'enquête indépendante doit vérifier la véracité des allégations contenues dans le rapport de l'Agence américaine antidopage (USADA). Selon ce rapport, l'UCI a couvert Armstrong après qu'il eut échoué à un contrôle en 2001.

Selon Pound, le CIO n'aurait d'autre choix que de prendre des décisions draconiennes s'il était prouvé que l'UCI avait agi de la sorte.

« Le seul moyen de nettoyer tout ça serait que tous ces gens se disent : "Hé, on n'est plus aux Jeux et on veut y être, donc regagnons notre place", a déclaré l'avocat montréalais durant un entretien téléphonique avec l'agence de presse.

« Le CIO devrait s'en saisir, [l'UCI] n'est pas connue pour ses actes forts contre le dopage, a ajouté l'ancien président de l'Agence mondiale antidopage (AMA).

« C'était pareil avec l'haltérophilie il y a quelques années. À un moment donné vous prenez les choses en main [...] et ils se disent : "Bon, on ne peut pas punir des athlètes innocents en laissant ce sport être supprimé du programme." »

L'AMA et l'USADA en désaccord avec l'UCI

Par ailleurs, l'AMA et l'USADA ont toutes les deux exprimé leur profond désaccord avec l'UCI, mardi, sur la commission indépendante.

Les deux déplorent que la commission n'offre pas l'immunité aux coureurs qui décident de passer aux aveux ou de témoigner. « Une approche qui ne permet pas aux individus de fournir des preuves sans avoir peur des répercussions ne servira qu'à perpétuer l'omerta sur laquelle ont buté toutes les enquêtes sur le cyclisme dans le passé », explique l'Agence mondiale dans son communiqué.

Pour l'USADA, « le refus de l'UCI d'offrir la possibilité pour une durée limitée aux coureurs de dire la vérité sans peur des conséquences force à s'interroger sur la volonté de l'UCI de voir se dérouler une enquête complète et approfondie, et force à se demander si l'UCI n'a pas bandé les yeux et mis des menottes à la commission indépendante afin de s'assurer du résultat final ».

L'AMA a ainsi annoncé qu'elle ne collaborerait pas aux travaux d'enquête de la commission, car elle juge que son cadre de fonctionnement, « approuvé par l'UCI sans consultation des autorités antidopage », ne lui permettra pas de mener à bien son travail de façon indépendante.