Dopage : l'affaire Armstrong

Les liens coupés

Lance Armstrong Lance Armstrong  Photo :  AFP/GABRIEL BOUYS

Après ses titres, ses commanditaires et sa réputation, Lance Armstrong n'avait plus grand-chose à perdre. Il lui restait sa chaise au conseil d'administration de sa fondation.

Et ça aussi, il l'a perdue, ou plutôt, il l'a cédée.

Avec ce geste, Lance Armstrong a officiellement coupé les ponts avec sa fondation Livestrong contre le cancer.

Le cycliste américain, banni et déchu de ses titres du Tour de France pour dopage, souhaite limiter les dommages causés par les sanctions.

Le 17 octobre dernier, le Texan avait déjà quitté son poste de président de Livestrong, puis avait laissé le 4 novembre son siège au conseil d'administration de l'association.

La porte-parole de la fondation, Katherine McLane, a souligné qu'Armstrong demeurait « la source d'inspiration » de Livestrong et son principal donateur avec près de sept millions de dollars offerts.

La Lance Armstrong Foundation a été créée en 1997 et a recueilli environ 500 millions pour les malades du cancer.

Le 22 octobre, l'Union cycliste internationale (UCI) a validé la décision prise par l'Agence américaine antidopage (USADA) de suspendre à vie l'Américain et de rayer la totalité de son palmarès depuis le 1er août 1998.

Un problème sous-estimé

Par ailleurs, le président de l'Agence mondiale antidopage (AMA), John Fahey, a affirmé que le cas Armstrong n'était que la pointe de l'iceberg.

« Ce que l'affaire Armstrong m'a appris, c'est que sous la surface il y a des choses qui peuvent ressortir n'importe quand. J'ai été surpris et choqué par la dimension de l'affaire, mais pas par son existence. Des avancées très importantes ont été obtenues. Je pense que nous avons fait du chemin, mais le dopage existe toujours, bien plus que je ne le souhaiterais », a déclaré M. Fahey lors d'une conférence sur les moyens d'accroître la coopération entre l'industrie pharmaceutique et les organismes antidopage.

John Fahey a ajouté qu'il y a « de nombreuses preuves » qui laissent penser que le dopage s'accroît en dehors du sport professionnel. Il a cité en exemple l'augmentation des contrôles positifs dans le sport amateur ou encore l'usage de stéroïdes par les plus jeunes.

Un avis que partage le vice-président de l'AMA, le professeur Arne Ljungqvist.

« Nous ne pouvons pas évaluer précisément l'ampleur du problème, mais il est probable qu'il soit largement sous-estimé », a dit a M. Ljungqvist.

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