Le bonheur de courir chez soi

Je suis content de rentrer au pays pour disputer les deux Grands Prix de Québec et de Montréal. C'est bien aussi, je vais reprendre mon accent québécois juste pour faire rire mes coéquipiers de la Française Des Jeux.

Ils sont aussi contents d'être là mes coéquipiers. Depuis janvier qu'ils me disent : on va chez toi en septembre. Tout le monde veut savoir quel est le meilleur endroit pour aller prendre un verre à Montréal dimanche soir.

À Québec, je leur ai suggéré le Dagobert et le Maurice. Ici, c'est facile, tu n'as qu'à sortir du Château Frontenac, à marcher un peu et tu trouves quelque chose. De toute façon, jusqu'à vendredi, on va se tenir tranquille. On sortira peut-être un peu après la course. À Montréal, dimanche soir, je vais leur faire goûter à la gastronomie québécoise, je connais deux ou trois petites adresses sympathiques.

Côté travail, c'est totalement différent de courir chez soi. Ça fait tellement de bien d'avoir des gens pour te soutenir quand tu cours. En Europe, je suis passé incognito tout au long de la saison. D'être chez soi, d'avoir sa famille, ses amis, c'est sûr que ça va me donner un petit coup de pouce... et d'énergie.

L'année dernière, j'avais des frissons la première fois que je suis passé sur le mont Royal. C'est la première fois que ça m'arrivait d'entendre les gens crier mon nom dans une course professionnelle. J'ai encore hâte de me retrouver sur la ligne de départ à Montréal, devant mon public.

Par contre, le parcours de Québec convient plus à mon style de coureur de classique. J'ai déjà gagné les championnats nationaux sur un circuit similaire. C'est vraiment là que j'espère faire quelque chose, j'espère faire partie du groupe qui va se battre jusqu'au bout. Je ne pense pas qu'on va être une trentaine au sprint, car il y a un tour de plus que l'an dernier. Ce 16e tour, il va faire mal.

Je m'attends à ce que ça explose dans la dernière ascension, comme en 2010. Alors, il va falloir que nous soyons bien placés au pied de la Côte de la montagne. L'année passée, une dizaine de gars sont sortis à cet endroit. Le même scénario risque de se répéter. C'est une course d'attente, technique, usante. Il va falloir avoir le petit surplus d'énergie pour faire la différence. Je crois que Cédric Pineau, Anthony Geslin et moi, nous allons pouvoir jouer au final.

Je suis dans une forme excellente, j'ai couru beaucoup en France au mois d'août. Mon rôle était davantage celui de coéquipier. Mais j'arrive ici avec des coureurs qui ont le potentiel de faire de bons résultats. Si ça se conclut au sprint, l'équipe va me protéger. J'ai l'équipe pour me soutenir. C'est un avantage majeur que je n'avais pas l'an dernier.

Ce sont des gars avec qui je cours depuis un an, on se connaît assez bien. On va bien travailler ensemble. En 2010, je faisais partie de l'équipe nationale. C'est toujours un peu plus difficile parce que chacun se fixe des objectifs personnels. Cette année, l'objectif de la FDJ est assez simple : gagner l'une des deux courses. Et je crois sincèrement que c'est possible.

Dominique Rollin Dominique Rollin   © FDJ

Moi, ma carte à jouer est à Québec. Montréal, c'est un circuit génial, que j'apprécie. J'habitais juste à côté (Boucherville). Mais ce n'est pas un circuit qui me convient. Alors sur le mont Royal, les rôles seront inversés. C'est moi qui soutiendrai des gars comme Thibault Pinot et Sandy Casar qui sont en très bonne condition. Je pense qu'ils peuvent brouiller les cartes.

Spectacle excitant à prévoir

Je prendrai part aussi au Challenge sprint jeudi. L'an dernier, je l'avais fait, mais nous étions seulement entre coureurs canadiens, donc c'était plus amical. Cette année, les professionnels y participent.

Sauf que les Européens n'ont jamais assisté à ce genre de courses. Donc, je ne crois pas qu'ils savent vraiment comment s'y préparer. Je pense qu'ils s'en serviront davantage comme une mise en jambes. J'espère qu'il va y en avoir quelques-uns qui vont vouloir se battre jusqu'à la fin.

Ça va être un spectacle très passionnant. La formule quatre contre quatre est très intéressante. Il y a beaucoup de possibilités de stratégies. Tu peux attaquer dès le départ, dans le virage ou bien attendre dans les derniers mètres.

Ma seule inquiétude, c'est que le Challenge sprint se déroule la veille d'une course très importante, donc le temps de récupération sera un peu court. Il y en a peut-être qui vont vouloir s'économiser pour vendredi.

Bonnes courses et à bientôt.

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