Problème par-dessus problème

  |  Manon GilbertTwitter  |  Radio-Canada

Il paraît que le Tour de France est commencé! Mais comme j'ai été complètement déconnecté pendant six jours, je n'ai rien vu ni lu!

Cette petite pause en famille, au chalet de mes grands-parents en Outaouais, m'a fait le plus grand bien. J'avais besoin de me ressourcer, de retrouver mes énergies. Ne croyez pas cependant que j'étais en vacances. Au menu : sorties intenses, puis... relaxation au bord du lac.

À mon retour, j'ai jeté un petit coup d'oeil aux résultats et j'étais vraiment content de la victoire de Tyler Farrar (3e étape). C'est un bon ami à moi et il a travaillé très fort pour décrocher sa première victoire au Tour de France.

Pour le reste, je ne me lancerai pas dans le jeu des prédictions. Un, je suis très mauvais à ce jeu-là, je me trompe tout le temps. Et deux, tout le monde dit la même chose et brasse la même soupe. On sait tous que ça va se jouer entre deux ou trois coureurs en montagne.

Par contre, on voit bien que les gars qui font du Tour un objectif annuel sont en forme. C'est le cas de Thor Hushovd (mon ancien coéquipier avec Cervélo) qui rachète son mauvais début de saison.

Mon équipe, la FDJ, peut aspirer à une victoire d'étape, même si Fédrigo a dû renoncer à prendre part au Tour en raison de maux de dos. Nous n'avons pas de sprinteur pour rivaliser avec (Mark) Cavendish, Farrar ou (Andre) Greipel, mais sur une échappée ou en montagne, on pourrait réussir un bon coup.

La casse

Mon coup, moi, je l'ai raté aux Championnats canadiens. On dirait que les catastrophes me frappent quand je reviens au pays.

Dominique Rollin Dominique Rollin   © FDJ

L'an dernier, à la course ProTour de Québec, j'avais eu un problème de pédalier qui m'avait forcé à changer deux fois de vélo.

Cette fois, aux nationaux, j'ai tapé un trou et j'ai entendu mon vélo se fissurer près du pédalier. J'aurais pu continuer, mais j'ai préféré jouer de prudence. Je craignais de frapper un autre trou et que, cette fois, le vélo cède. Ce n'est pas très recommandé dans une descente à 90 km/h.

J'ai sauté sur un nouveau vélo qui n'était évidemment pas ajusté à ma taille. Et que dire des roues! Je ne les aurais même pas utilisées à l'entraînement! Devinez quoi? Eh oui, j'ai crevé deux tours plus tard. Vive les boyaux qui sont beaucoup plus résistants que les pneus avec chambre à air.

Bref, ce deuxième arrêt forcé a drainé pas mal d'énergie. Après, j'ai fait ce que j'ai pu. J'ai essayé d'aider deux ou trois coureurs. À trois tours de la fin, je me suis placé devant le peloton pour réduire l'écart de moitié. Puis, je me suis tassé... bonsoir, il est parti!

C'était un circuit relevé et il y avait une équipe représentée par 15 coureurs qui pouvaient contrôler la course. Ce qu'ils ont fait. Je m'attendais à une course difficile, mais pas à autant de pépins mécaniques.

Et j'étais loin de me douter que la guigne me poursuivrait jusqu'en Outaouais. J'avais prévu une belle petite sortie de cinq heures, mais je me suis plutôt farci 5 h 30 de voiture pour faire réparer mon vélo.

Le dérailleur a cédé... éjecté du vélo. Puis, la chaîne s'est entortillée autour de la roue. La joie, quoi!

Et ce n'est pas fini. Samedi, après une balade de quatre heures, deux ou trois rayons de la roue arrière ont explosé. Probablement une conséquence de l'incident de la veille.

J'attends donc un nouveau vélo qui doit arriver de France sous peu.

Il faut dire qu'en bon professionnel, le vélo d'entraînement est celui qu'on entretient le moins. C'est aussi celui qui voyage le plus et qui risque d'être endommagé dans les avions, même s'il est protégé par une bonne housse.

Raison pour laquelle mieux vaut voyager en équipe, puisqu'à ce moment tous les vélos et les mulets sont transportés dans de petits conteneurs. Nous sommes donc assurés de ne rien abîmer.

Ça tombe bien! J'effectuerai mon prochain voyage au Canada avec mon équipe pour les courses de Québec et de Montréal en septembre.

Ne me reste plus qu'à me croiser les doigts pour que la guigne soit derrière moi.

À bientôt.

Facebook