Au-delà de mes attentes

  |  Manon GilbertTwitter  |  Radio-Canada

Je connais un début de saison au-delà de mes attentes. Je ne croyais jamais être aussi présent dans toutes les courses auxquelles je participe.

Il faut dire que l'expérience fait son chemin, j'en suis à ma troisième saison chez les professionnels en Europe.

Je connais la plupart des parcours, alors c'est plus facile pour moi de lire les courses, de bien me placer, de savoir où déployer mon effort sans trop dépenser d'énergie. Mais je dois vous avouer qu'avec mes récents résultats, j'en veux encore plus.

Au début du mois, j'ai obtenu mon premier podium avec une 3e place à la troisième et dernière étape des Trois jours de Flandre occidentale. Ç'a été une sensation très réconfortante. De plus, j'ai mis la main sur le maillot de meilleur sprinteur, en plus de gagner le classement aux points.

Mercredi dernier, j'ai fini 10e de la course À travers les Flandres, mais je me suis fait emboîter dans une rue étroite et je n'ai pas pu sprinter. Une déception, comme ma 16e place à Milan-Sanremo il y a une semaine. Pourtant, j'ai fini à 27 secondes seulement du vainqueur après 298 km, mais je n'étais pas du tout content.

C'est dans l'ascension du Poggio, à 10 km de l'arrivée, que tout s'est joué pour moi. J'avais les jambes pour être dans le premier groupe, mais j'ai fait une erreur quand j'ai pris un petit répit à un moment où j'aurais dû être vigilant.

J'étais coincé dans le peloton quand l'attaque a été lancée. Je suis remonté à l'avant, mais les gars étaient déjà partis. Je voulais faire la jonction, mais c'était quelque peu délicat avec deux coéquipiers devant. Je ne voulais pas ramener le reste du peloton sur eux. J'ai essayé, mais je me suis rassis.

Dominique Rollin Dominique Rollin   © FDJ

Par contre, je suis content de la façon dont l'équipe a travaillé. Personne ne s'attendait à ce qu'on anime la course dans les 30 derniers kilomètres. Les gars avaient fait la même chose dans une étape du Paris-Nice.

Depuis quelques courses, on voit plus d'effort collectif. Sur une note individuelle, on n'a rien à envier à personne. Là, on commence à faire des actions en groupe et ça fonctionne. Les gars se rendent compte que nous sommes plus forts en travaillant collectivement qu'individuellement. C'est un peu cette mentalité qui prévaut en France.

Suer derrière une moto

Amateur, j'ai passé trois ans en France, je connais la chanson. C'est un peu du chacun-pour-soi. Les gars ne veulent pas aider un coéquipier parce que s'il obtient un bon résultat, ils craignent qu'il passe chez les pros et pas eux. Donc, ils vont toujours s'en garder un peu sous la pédale pour améliorer leur résultat à la fin.

Il faut qu'ils comprennent qu'un résultat individuel doit être perçu comme un résultat d'équipe. C'est plus important que jamais pour nous cette saison parce que l'objectif de la FDJ, c'est de remonter dans le WorldTour.

C'est un peu cette philosophie que j'ai apportée à l'équipe. Je viens d'une formation multiculturelle, Cervélo, où il y avait 14-15 nationalités différentes, il fallait être ouvert d'esprit pour apprendre de chacun.

Chez la FDJ, les gars sont pratiquement tous français. Mais pour l'instant, ils sont très ouverts à ma manière de travailler, ils veulent savoir comment les gars travaillent dans les autres équipes, particulièrement un Thor Hushovd. Ils veulent apprendre les différences pour s'améliorer dans les courses.

Mon adaptation se fait très bien, même si je viens d'un milieu différent. C'est certain qu'il faut que j'accepte de nouvelles idées, que je m'intègre à l'équipe. Mais l'ambiance est bonne, on s'entend bien et on travaille de mieux en mieux.

J'espère que nos efforts se traduiront par un bon résultat dimanche à la classique Gent Wevelgem. J'enchaîne ensuite de mardi à jeudi avec les Trois jours de la Panne. Je conclurai ma saison de classiques avec deux de mes favorites, le Tour des Flandres et le Paris-Roubaix.

Pour m'aider dans ces rudes classiques, je me suis entraîné trois jours en faisant trois longues sorties derrière une moto. Le but : simuler une course pour me donner le rythme et la rapidité pour mieux passer les ascensions dans les classiques.

Espérons que ce difficile exercice portera ses fruits... très bientôt!

À bientôt.

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