Rouler sur la neige

  |  Manon GilbertTwitter  |  Radio-Canada

Par les temps qui courent, il y a des avantages à être québécois quand on vit en Europe. La semaine dernière, j'ai eu l'occasion de démontrer mes talents pour la conduite hivernale... sur deux roues.

Ma nouvelle formation FDJ tenait un premier camp d'entraînement d'une semaine au nord de Paris, question de se remettre en forme, mais aussi de rencontrer les nouveaux coéquipiers pour apprendre à se connaître.

Quand ils ont vu la neige au sol, certains de mes coéquipiers ne tenaient pas nécessairement à rouler. Mais, moi, en bon petit Québécois, je leur ai dit que ce n'était pas 6-7 cm qui allaient nous empêcher de sortir.

En tout cas, la neige m'a permis de découvrir le cyclo-cross. Disons que notre camp d'entraînement, et nous par la bande, s'est adapté aux conditions.

S'il y avait de la neige ou s'il faisait trop froid, on commençait notre journée par 30 minutes de course à pied, puis on sortait en cyclo-cross en avant-midi et une autre fois en après-midi.

Il y a une journée où on a pu faire un bon 4 h 30 min de vélo de route.

L'équipe a organisé des courses d'orientation, par équipe, en cyclo-cross pour qu'on puisse apprendre à travailler ensemble. Ils ont même organisé un barbecue, suivi d'une partie de paintball.

Un bel équilibre donc entre le travail et le plaisir. Je me suis bien amusé. Ç'a été une bonne semaine de mise en condition.

Souvent, en soirée, nous avions différentes activités, soit pour présenter les nouveaux coureurs ou pour rencontrer les commanditaires. Rien de bien méchant, je m'attendais à pire comme initiation!

Dominique Rollin Dominique Rollin   © Isabelle Duchesne

Pour l'instant, la rétrogradation de la FDJ en continentale pro ne nuit pas à mon calendrier de course. Il ressemble sensiblement à celui de l'an dernier : Tour du Qatar, Tour d'Oman, Milan Sanremo, Paris-Roubaix, Tour des Flandres.

C'est certain que ça risque d'être plus difficile d'obtenir des invitations pour certaines courses, comme les Tours d'Italie ou d'Espagne. De toute façon, l'équipe n'avait pas prévu courir le Tour d'Italie l'an prochain. Et pour le Tour d'Espagne, on devrait avoir une meilleure idée d'ici quelques semaines.

Personnellement, j'aimerais faire un grand tour, je l'ai déjà mentionné à mon directeur sportif. Mais il faut voir comment je m'intègre dans l'équipe et dans les courses.

La FDJ digère encore mal sa rétrogradation, surtout que l'Union cycliste internationale (UCI) avait reçu les nouveaux contrats des coureurs à l'avance, même si elle dit le contraire, ce qui a justifié en partie sa décision de nous faire passer à l'échelon inférieur.

On ne peut pas revenir en arrière. Il faut accepter la décision, sinon ça va gâcher notre saison. Ça nous servira de motivation pour remonter dans le WorldTour l'an prochain. On va prouver qu'on a notre place.

Entre le froid et la chaleur

Mon prochain camp se tiendra au début janvier, toujours dans la grisaille, à Laval... en France, à l'est de Rennes. C'est le lot de mon statut de coureur de classiques. La FDJ veut recréer les conditions dans lesquelles nous courrons au printemps

Si j'avais été un coureur de grand tour, j'aurais roulé au chaud, dans le sud, avec l'autre partie de l'équipe.

Je vais me reprendre pendant le temps des fêtes. Présentement, je suis assis à côté d'un sapin, mais je ne me sens pas comme à Noël. Il fait environ 15 degrés à Gérone.

Je reste en Europe pour les fêtes, ça me permettra de mieux préparer ma saison. J'aime bien l'ambiance des fêtes ici. C'est plus convivial, moins axé sur la consommation et plus sur la famille.

Pour Noël, j'ai des amis qui ont trouvé une dinde, somme toute un exploit ici en Espagne! Et pour le Nouvel An, on s'est organisés une petite sortie de vélo de montagne qui nous mènera à un petit restaurant reculé en forêt, connu des locaux seulement, qui sert de la nourriture rustique. La journée se conclura par un bon souper entre amis.

Joyeuses fêtes et à bientôt.

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