Désolé d'avoir été silencieux aussi longtemps. Disons que les négociations pour obtenir un contrat avec une nouvelle équipe ont occupé une bonne partie de mon temps, en plus de constituer une certaine préoccupation.
Avec la Française des Jeux, Dominique Rollin va avoir l'occasion de poursuivre sa progression tout en ayant un rôle plus important que chez Cervélo, notamment lors des classiques.
Maintenant, je me sens plus léger. Il faut dire que mes deux semaines de vacances avec mon frère et mes parents à Gérone et Barcelone m'ont aidé à me changer les idées.
Les négociations avec la Française des Jeux (FDJ) se sont très bien déroulées, facilement même. Mais ça a été quand même un long processus et l'attente et l'incertitude perturbent un peu son homme.
J'avais entamé des négociations avant les Championnats du monde, mais le tout a été officialisé à mon retour des Jeux du Commonwealth, près d'un mois plus tard. L'équipe tenait à ce que je signe mon contrat sur place, à Paris, d'où la raison pour laquelle j'ai été le dernier coureur à signer. Cela ne veut pas dire que j'étais le dernier avec lequel il négociait.
Pourquoi la FDJ? Pour sa réputation et son histoire (elle existe depuis 1997). Mais également parce que je vais avoir l'occasion de poursuivre ma progression tout en ayant un rôle plus important qu'avec Cervélo. Certes, je vais encore jouer les coéquipiers, mais je vais pouvoir m'exprimer davantage lors des classiques. C'est donc le meilleur des deux mondes.
Rollin au Critérium du Dauphiné
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Cervélo Test Team
Je cherchais une structure et une mentalité qui me conviennent bien. Une équipe américaine aurait pu représenter un intérêt certain en raison de la mentalité que nous partageons. Mais une formation comme RadioShack ne se concentre pas sur les classiques.
Vrai que lors de mon séjour amateur en Europe, le manque d'ouverture des équipes françaises envers les étrangers m'avait déplu. Mais ce que j'ai vu avec la FDJ est différent. Et justement, le gérant Marc Madiot veut inverser la tendance en ouvrant les portes de son équipe à davantage d'étrangers, question d'apporter une autre mentalité.
Les coureurs français pensent souvent davantage aux résultats individuels qu'à ceux de l'équipe.
En tout cas, je vais pouvoir leur insuffler un petit vent de fraîcheur lors de notre premier camp d'entraînement à la mi-décembre... au nord de Paris. Comme le froid et les mauvaises conditions ne me font pas peur, je vais pouvoir remonter le moral des gars.
Ça aide toujours d'avoir quelqu'un qui t'encourage quand tu préférerais rester bien au chaud à la maison plutôt que de faire une petite sortie à vélo.
Rêve réalisé, évolution retardée
Comme cette chronique est ma dernière en tant que membre de Cervélo, c'est le moment de tracer un bilan de ma deuxième saison en sol européen.
Une année différente de 2009. J'ai beaucoup joué les valises, c'est-à-dire que mon calendrier a souvent changé à une semaine d'avis. Et avec la dissolution de l'équipe en septembre, ça a fini en queue de poisson.
Je n'ai pas progressé comme je l'aurais souhaité, même si je suis somme toute content de ma saison. Il faut reconnaître qu'en cyclisme, les résultats ne parlent pas d'eux-mêmes et n'expriment pas tout le travail accompli pour les coéquipiers.
Néanmoins, j'ai pris part à trois grandes classiques auxquelles je rêvais depuis longtemps le Paris-Roubaix, le Tour des Flandres et Milan-Sanremo. Cependant, j'aurais aimé participer à un autre grand tour.
Dominique Rollin
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Cervélo Test Team
Pour l'an prochain, je dois améliorer mes ascensions afin de mieux passer les bosses, surtout en Europe avec les longs cols. Je dois aussi travailler mon contre-la-montre. Cette saison, j'ai eu beaucoup de pépins avec mon vélo d'entraînement, il n'était jamais prêt. Alors, je n'ai pas eu souvent l'occasion de m'en servir, sauf les jours de course.
Et un autre grand tour est essentiel à ma progression. Je n'ai pas encore mon calendrier pour 2011, mais c'est le Tour d'Espagne qui conviendrait le mieux à mon calendrier et à mon apprentissage. Sauf qu'il se déroule durant les courses de Québec et de Montréal.
J'ai adoré ces deux courses en septembre, c'est toujours agréable de rouler à la maison. Mais côté carrière et compétition, un grand tour passe avant.
J'ai quand même gagné de l'expérience internationale avec les Championnats du monde et les Jeux du Commonwealth, mes premiers et non mes derniers j'espère. J'ai bien aimé mon expérience en Inde. J'aurais voulu y rester un peu plus longtemps.
Dommage, par contre, que nous étions isolés du reste du monde. Je crois que les pays du Commonwealth ont trop exagéré les dangers pour notre sécurité. Lors de la course sur route, c'était farfelu.
Il y avait des barricades de trois mètres de haut autour du circuit, en plus d'une aire de quarantaine qui empêchait les spectateurs de s'approcher à moins de 20 mètres du circuit... belle ambiance de course. On aurait dit une prison.
Et les conditions de course étaient épouvantables : 40 degrés, humidité et pollution. Un beau cocktail qui m'a fait moucher noir pendant deux jours!
À bientôt.