Hesjedal plus détendu que jamais

  |  Manon Gilbert  |  Radio-Canada
Le reportage de Guillaume Dumas

QUÉBEC - Avec sa surprenante 7e place au Tour de France, Ryder Hesjedal débarque au Grand Prix ProTour de Québec et Montréal comme l'un des favoris.

Au départ, à 11h45, Ryder Hesjedal fait figure de favori. Mais la révélation du Tour de France ne ressent aucune pression, la forme étant meilleure qu'à pareille date l'an dernier!

Son nom côtoie celui des Ivan Basso, champion du Tour d'Italie, Samuel Sanchez, gagnant de l'or aux JO de Pékin et 4e du dernier Tour de France, dans le registre des prédictions. D'ailleurs, avec Sylvain Chavanel, il est le choix sentimental de Bernard Valet, meilleur grimpeur de la Grande Boucle en 1982.

De quoi vous donner la grosse tête! Sauf que depuis sa sortie de l'ombre à la Grande Boucle, le Britanno-Colombien n'a pas changé d'un iota... si ce n'est les demandes d'entrevues qui ont décuplé pour la relationniste de la formation Garmin-Transitions.

« C'est tout un honneur de faire partie des favoris pour des courses de ce niveau au Canada, a affirmé la nouvelle coqueluche canadienne lors d'une conférence de presse jeudi.

« Je pourrais vous parler pendant des heures de l'importance d'être ici, surtout après mon été. C'est un rêve devenu réalité d'avoir eu la saison que j'ai eue et de venir ici pour finir ma saison. Je me croise les doigts pour que mes jambes soient bonnes pour vendredi et dimanche. »

Avec le statut de favori vient aussi une certaine pression. Si Hesjedal stresse un peu, il le cache à merveille.

« Je suis plus détendu que jamais. Je suis très content et très satisfait de ce que j'ai accompli jusqu'à présent. Peu importe ce qui arrive ce week-end, ça n'enlèvera pas ce qui m'est arrivé cette saison. La seule pression que j'ai, c'est celle que je m'impose pour obtenir de bons résultats. »

Quand il parle de sa performance au Tour de France, la meilleure depuis Steve Bauer en 1988, ses yeux brillent encore.

« Peu de gens croyaient que je pouvais y arriver. C'est encore difficile de décrire ce qui s'est passé au Tour de France. J'étais content de me retrouver avec les meilleurs et d'être capable de les suivre. »

De nature plutôt réservée, Hesjedal a célébré son exploit samedi dernier à l'occasion d'une cérémonie dans sa ville natale de Victoria. Ironiquement, au même moment, se tenait au mont Sainte-Anne l'épreuve de cross-country aux Championnats du monde de vélo de montagne, sa première passion pour le vélo. Une occasion de se rappeler tout le chemin parcouru.

« Quand j'ai vu que les mondiaux étaient au mont Sainte-Anne, je me suis dit que je pourrais essayer de les insérer dans mon horaire avant les deux courses ici, déclare le plus sérieusement du monde le coureur de 29 ans. Chaque fois que je pense enfourcher de nouveau mon vélo de montagne, il y a toujours une course importante sur la route. »

« C'est plus difficile que je croyais »

C'est sur les routes de Victoria depuis deux semaines que Hesjedal prépare la transition entre un grand tour de trois semaines et les courses d'une journée. S'il faut en croire la révélation de la dernière Grande Boucle, la forme est meilleure cette année qu'il y a 12 mois quand il a gagné la 12e étape du Tour d'Espagne.

Ryder Hesjedal Hesjedal à l'entraînement sur le parcours de Québec   © PC/Jacques Boissinot

Par contre, Hesjedal avait occulté, quelque part dans ses souvenirs, les bosses du Vieux-Québec.

« J'ai roulé le parcours pour la première fois aujourd'hui et il est beaucoup plus difficile que je ne le croyais, avoue celui qui avait visité la Vieille Capitale pour la dernière fois en 2006 lors des Championnats canadiens. Et on m'a dit que celui de Montréal l'était davantage. Alors, j'imagine qu'il sera très difficile. »

Si Hesjedal fait partie des favoris, il assure qu'il ne faut pas négliger les membres de l'équipe canadienne qui seront gonflés à bloc afin de se distinguer devant les leurs et, qui sait, peut-être se faire remarquer par une formation du ProTour.

« Je vais assurément les garder à l'oeil. Ce groupe de coureurs est très encourageant pour le cyclisme canadien. Je ne les ai pas identifiés comme favoris, mais je suis certain qu'ils vont très bien courir. »

En tout cas, il y a plusieurs jeunes représentants de l'unifolié qui risquent de le garder aussi à l'oeil, question de s'inspirer et d'apprendre du meilleur cycliste canadien de la dernière décennie.

À noter : Stéphane Cossette a remporté le Challenge Sprint, jeudi. Il a devancé Rémi Pelletier, Dominique Rollin et Martin Gilbert. Une émission spéciale d'une heure y sera consacrée, vendredi soir à 23 h, à la télé de Radio-Canada.

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