Pendrel ou la guigne de la 4e place

  |  Manon Gilbert  |  Radio-Canada
Le reportage de Pascal Poinlane

SAINT-FERRÉOL-LES-NEIGES - Catharine Pendrel et Marie-Hélène Prémont avaient mis la barre haut il y a une semaine en réalisant un doublé à la Coupe du monde de Windham.

Comme aux JO de Pékin, la Canadienne Catharine Pendrel termine au pied du podium de l'épreuve de cross-country. Marie-Hélène Prémont, elle, remet en question sa retraite après son 9e rang.

Le scénario rêvé new-yorkais ne s'est pas répété au mont Sainte-Anne, samedi, lors de l'épreuve féminine de cross-country aux Championnats du monde.

Sous un lourd couvert de nuages, qui a déversé son trop-plein juste avant la course, Pendrel a été doublée dans les derniers mètres pour échouer au pied du podium, en 4e position. Prémont, elle, a dû se contenter du 9e rang en raison d'un mauvais choix de pneus.

Néanmoins, les amateurs de vélo de montagne ont eu droit à une fin de spectacle endiablée.

La Polonaise Maja Wloszczowska avait déjà réglé le sort de la course au début du troisième tour après avoir dépassé Pendrel. L'athlète de 26 ans, vice-championne olympique, n'a fait qu'accroître son avance au fil des deux autres boucles pour conclure avec 48 secondes d'avance sur la médaillée d'argent, Irina Kalentieva.

« Je ne réalise pas encore que je suis championne du monde. Quand je roulais derrière Pendrel, c'était tellement bruyant que je ne m'entendais pas penser », a dit la nouvelle reine de la discipline.

Deux centièmes de trop

Pendrel, elle, a touché aux médailles tout au long de la course, passant du 1er rang, au 2e, au 3e, puis au 4e!

La course s'est jouée dans la dernière boucle du parcours de 26 km. Glissée au 4e échelon derrière l'Américaine Willow Koerber au quatrième passage, la championne de la Coupe du monde sentait le souffle de la championne mondiale en titre, Kalentieva, dans sa roue.

Pendrel a résisté jusqu'à ce que la Béatrice fasse son oeuvre. L'Américaine a chuté dans cette descente hyper technique où les coureuses avaient le choix d'emprunter la ligne directe, parsemée de grosses roches et plus pentue, ou la ligne serpentant entre les arbres.

Même si la Néo-Brunswickoise a été la seule à choisir le tracé plus sécuritaire, elle a conservé sa mince avance sur Kalentieva. Mais avec son coup de pédale plus fluide, la Russe a dépassé sa rivale sans problème.

Une faute technique a cependant failli ruiner ses efforts près de l'arrivée, mais Pendrel n'a pas su en profiter. Remise de ses émotions, Koerber a soufflé la médaille de bronze à la Canadienne dans les derniers mètres.

« Je voulais jouer prudemment dans la Béatrice parce que je savais qu'on pouvait perdre ou gagner la course à cet endroit. Mais j'ai réalisé que si je voulais une médaille, je devais attaquer. Ça m'a placée en position pour une médaille, a expliqué Pendrel, qui avait aussi échoué au pied du podium aux Jeux olympiques de Pékin.

« C'est décevant de terminer à deux centièmes de seconde du podium. Les gens m'encourageaient tellement, j'aurais voulu gagner une médaille pour le Canada. Mais c'est quand même mieux qu'une 6e place. »

Pendrel avait terminé 6e aux mondiaux de 2007 et 2008 avant de prendre le 5e rang en 2009.

Mauvais choix de pneus

Marie-Hélène Prémont Marie-Hélène Prémont   © PC/Jacques Boissinot

La pluie qui s'abattait sur la côte de Beaupré en matinée a contrecarré les plans de Prémont.

Au terme de l'épreuve, la coureuse de Château-Richer, qui a fini à 2 min 43 s de la gagnante, regrettait son choix de pneus. Déjà sur la ligne de départ, elle s'interrogeait, surtout quand elle a vu que Pendrel avait gardé les mêmes pneus qu'à l'entraînement.

« Avant de partir, j'ai choisi de prendre des pneus de boue (à plus gros crampons). Ça n'a pas été une bonne idée parce que sur les roches (mouillées), ça faisait juste virer en dessous. Je manquais vraiment de traction, a expliqué la vice-championne olympique des Jeux d'Athènes. Durant toute la course, je rageais après mon choix de pneu. Quand il y a des températures comme ça qui arrivent à la dernière minute, c'est difficile de faire le bon choix.

« Les jambes étaient là. La foule était là pour m'encourager et ça a vraiment beaucoup aidé. Par contre, il me manquait un petit quelque chose, je ne pouvais pas pousser et j'avais de la difficulté à contrôler mon vélo. J'ai aussi fait beaucoup d'erreurs techniques. Plus j'essayais d'aller vite, plus je faisais des erreurs à cause de ma roue. »

Qui dit gros crampons, dit vitesse réduite. Ils sont idéals pour mordre dans la boue, mais la pluie n'a pas duré assez longtemps pour détremper le parcours asséché à l'extrême durant toute la semaine.

Malgré la déception, Prémont n'a peut-être pas dit son dernier mot.

« Je ne sais pas ce que je vais faire. Je vais en parler avec mon chum comme j'ai fait au cours des dernières années. Ce qui me fait hésiter, c'est que j'ai encore la passion pour ce que je fais. Et, cette année, mes sensations étaient beaucoup mieux. Je sais que ça peut juste encore aller mieux. Ma préparation était bonne et si le parcours avait été différent, j'aurais pu vraiment pousser. »

À bientôt 33 ans, Prémont a encore le désir de vaincre. La fille qui avait poursuivi sa carrière après les Jeux de Pékin afin de la conclure chez elle devant les siens ne semble pas avoir l'intention d'accrocher son vélo de si tôt.

Autres résultats canadiens

  • Amanda Sin : 28e (à 12:44)
  • Mical Dyck : 29e (à 13:25)
  • Jean Ann McKirdy : 40e (à 18:10)
  • Catherine Vipond : 42e (à 20:40)
  • Sandra Walter : 43e (à 1 tour)

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