À la redécouverte de Lance

Après seulement six étapes au Tour d'Italie du Centenaire, on serait porté à croire que Lance Armstrong ne réussira plus jamais à s'envoler en haute montagne, comme jadis. Mais cette présomption omet deux éléments d'importance.

D'abord, sa fracture de la clavicule, le 23 mars, l'a privé de deux précieuses semaines d'entraînement.

Ensuite, comme il le rappelle, Armstrong n'a jamais été exposé à un niveau de compétition si élevé à cette époque de l'année.

Même si Lance pointe actuellement à plus de quatre minutes du maillot rose Di Luca, certains coureurs se disent impressionnés par sa forme, dans les circonstances justement. À 37 ans, quelle est sa marge de progression à partir d'ici? On ne peut douter qu'il soit plus fort en juillet, mais jamais de là à gagner le Tour. Je le mentionne seulement parce que certains se posent encore la question.

Soif de suspense

Après deux étapes enlevantes dans les Dolomites, il s'avère que Chris Horner, et non Armstrong, est le meilleur lieutenant de Levi Leipheimer chez Astana. Et l'énigmatique Popovych, troisième du Giro 2003 et cinquième l'année suivante, capable du meilleur comme du pire depuis quatre ans, est plutôt bien parti.

Levi Leipheimer Levi Leipheimer  Photo :  PC/AP/Marcio Jose Sanchez)

Leipheimer demeure mon favori pour remporter ce Tour d'Italie, mais au-delà de tout, l'important, c'est le suspense. Tout indique que nous serons bien servis.

La formation américaine Columbia-Highroad occupe les premières loges derrière Di Luca, avec le joyau suédois Lövkvist et l'Australien Rogers, ancien triple champion du monde du contre-la-montre, tous deux à une poignée de secondes du maillot rose.

Denis Menchov, vainqueur d'étape mercredi, cinquième de son premier Giro l'an dernier, vise le podium, tout comme Carlos Sastre. Pour l'instant, leur objectif demeure accessible.

Ivan Basso est aussi dans le coup, et n'hésite pas à afficher ses ambitions. La charge menée par les Liquigas dans l'ascension finale mercredi, le Polonais Szmyd en tête, ressemblait à une première semonce. Sans minimiser le prestige du Tour de France, on ne saurait trop vous recommander de porter attention au Giro. Un peu de la même façon, sans savoir ce que nous réserve la série finale de la Coupe Stanley, il est possible que le meilleur hockey nous ait déjà été servi au deuxième tour, avec ce rendez-vous au sommet entre Crosby et Ovechkin.