Leigh Hobson
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PC/Peter McCabe
La pluie n'a pas ralenti les coureuses samedi. L'enjeu de la Coupe du monde de Montréal, dernière étape de sélection pour les Jeux olympiques, était trop important pour mettre la pédale douce.
Surprenante troisième sur le mont Royal, l'Ontarienne Leigh Hobson assure sa place aux Jeux olympiques de Pékin. Alex Wrubleski, de Regina, y sera aussi. Reste à déterminer qui de Anne Samplonius ou Erinne Willock les accompagnera.
Pratiquement assurée de faire le voyage à Pékin, Alex Wrubleski, qui célébrait ses 24 ans aujourd'hui, pouvait se permettre de jouer un peu les spectatrices. Mais Erinne Willock, Anne Samplonius, Leigh Hobson et Julie Beveridge se sont livré une bataille de tous les instants pour obtenir la deuxième place automatique.
Et c'est la surprenante Ontarienne Hobson, qui a fait la barbe à ses compatriotes, en obtenant une troisième place au terme des 110,66 km (11 boucles) sur le parcours du mont Royal.
Seules l'Allemande Judith Arndt et l'Italienne Fabiana Luperini, championne l'an dernier, l'ont devancée. Avec sa victoire, sa deuxième en trois ans à Montréal, Arndt conserve son maillot de meneuse de la Coupe du monde.
Comme le meilleur résultat en Coupe du monde cette saison détermine deux des trois Canadiennes qui s'envoleront pour la Chine, Hobson s'est justement qualifiée parce que jusque-là, seule Wrubleski avait fait mieux avec deux quatrièmes places (Tour de Berne et Flèche wallonne).
« J'attends la confirmation le 15 juin. Maintenant, je pense que c'est possible. Avant, je ne le savais pas. Maintenant, c'est une réalité, je suis très heureuse », a déclaré Hobson qui, à 37 ans, accrochera son vélo au terme de la saison.
Le comité de haute performance de l'Association cycliste canadienne a jusqu'au 15 juin pour déterminer qui de Samplonius, 6e aujourd'hui, ou Willock, 7e, accompagnera Hobson et Wrubleski, 20e, au pays de l'empire du milieu. Dans un cas comme dans l'autre, les trois coureuses en seront à leur première expérience olympique.
La coéquipière ou la grimpeuse?
Et justement, à 40 ans bien sonnés, Samplonius mise sur son expérience et sur ses qualités de coéquipière et au contre-la-montre pour mettre la main sur le précieux laissez-passer olympique.
« Leigh et moi sommes coéquipières chez Cheerwine. Je voulais vraiment que l'une de nous ait l'une des deux places automatiques. Je me foutais que ça soit elle ou moi parce que les entraîneurs devront choisir la 3e personne. Moi, je voulais aussi démontrer que je pouvais travailler en équipe. J'ai aussi gagné deux courses ce printemps (dont une après une échappée de 100 km!!!) ce qui pourrait aider la décision des entraîneurs », a affirmé la Montréalaise après avoir donné une accolade bien méritée à Hobson.
Erinne Willock
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ACC
De 14 ans la cadette de Samplonius, Willock, elle, croit que ses qualités de grimpeuse la favoriseront. Avec une longue ascension de 10 km, le parcours de Pékin ressemble un peu à celui du mont Royal.
« Je suis une des plus fortes dans les montées quand je suis en pleine possession de mes moyens. J'espère que le comité en tiendra compte. Je voulais avoir la place automatiquement. C'est un peu décevant. Je n'ai pas fait la course que je voulais faire. Je ne suis pas une bonne sprinteuse », a confié la Britanno-Colombienne avec beaucoup d'émotion.
Une course à huit
La course s'est jouée au 10e tour, au début de l'ascension de Camilien-Houde. Coéquipière de Arndt chez High Road, Ina Teutenberg avait auparavant animé la course pendant 50 km avant d'être avalée par le peloton dans les premiers balbutiements du 8e tour.
L'Américaine Kristen Armstrong a donc attaqué le groupe de 23 coureuses encore dans la course. Immédiatement, Arndt, Luperini, la Britannique Emma Pooley, aux avant-postes durant toute la course, et l'Australienne Sara Carrigan ont sauté dans sa roue.
Willock, Samplonius et Hobson ont fait la jonction dans la descente sur Remembrance. Les trois Canadiennes ne courent pas l'une contre l'autre. De toute façon, l'étape montréalaise est une course d'attrition où seules les meilleures survivent.
Regroupées dans l'ultime ascension, les huit coureuses s'épient. Dernière, Samplonius, le regard concentré, semble manquer d'énergie.
Arndt fidèle à elle-même
Judith Arndt
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PC/Peter McCabe
Quelques mètres plus tard, Arndt sonne la charge au sommet, suivie par Luperini. Les deux comparses creusent l'écart. Une vingtaine de secondes. Bon pour filer jusqu'à la ligne.
Toujours en tête sur l'avenue du Parc, l'Allemande travaille seule, l'Italienne se contentant de sucer sa roue. Va-t-elle lui souffler la victoire à quelques mètres de l'arrivée comme elle l'avait fait à l'Américaine Mara Abbott l'an dernier? Après la course, Arndt avouera que Luperini lui a concédé la victoire. « Elle est trop forte », a dit l'entraîneur de l'Italienne.
Arndt a donc poursuivi sa série de succès à Montréal, un cinquième podium en six ans.
« J'aime cette course. Mais pas vraiment aujourd'hui. C'était horrible. Ce ne sont pas des conditions que j'aime. Il a cessé de pleuvoir, mais la chaussée était mouillée », a-t-elle indiqué.