Émilie Roy mûre pour la retraite

  |  Manon Gilbert  |  Radio-Canada
Émilie Roy Émilie Roy   © PC/Aaron Harris

À 23 ans, Émilie Roy est encore une jeune figure dans le peloton. Mais après des expériences insatisfaisantes, la Québécoise se dit déjà prête à faire un trait sur la compétition.

Déçue par ses expériences antérieures, Émilie Roy, championne canadienne des moins de 23 ans, est prête à renoncer à la compétition... à 23 ans seulement.

Une décision qu'elle a mûrie lorsqu'elle s'est fracturé un bras la veille de la Coupe du monde de Montréal.

« En ce moment, dans ma tête, je ne penserais pas reprendre. Mais je ne sais pas si, à un moment donné, il n'y aura pas une possibilité que je recommence. Ça va dépendre de beaucoup de facteurs. Si j'avais eu une bonne opportunité, je ne dis pas que je ne dirais pas oui encore », a confié la championne canadienne sur route chez les espoirs (moins de 23 ans).

Les facteurs auxquels Roy fait référence sont reliés directement aux conditions « favorables » que pourrait lui offrir une équipe.

Il faut dire que Roy a été échaudée par ses expériences antérieures. D'abord chez RONA, en 2004, où après trois mois, elle a brisé son contrat en raison des méthodes d'entraînement d'André Aubut.

Après une saison avec l'équipe du Québec en 2006, Roy avait beaucoup d'attentes en signant avec la formation québécoise Specialized-Menikini, la petite soeur de l'équipe italienne Menikini-Selle Italia, détentrice d'une licence de l'Union cycliste internationale.

Sauf que les choses ne se sont pas déroulées comme prévu, faute de moyens et de structures. Pas de mécanicien notamment et pas l'ombre d'une course en Europe avec la grande équipe, comme promis, pour continuer la progression.

« C'est surtout la façon dont ils nous avaient approchés, comment ça devait être, et finalement, ce qu'on a eu, c'était vraiment deux mondes différents. C'est surtout ça que j'ai trouvé plate. Quand, dans un contrat, ils disent vous allez avoir si, vous allez avoir ça et finalement on s'est retrouvé avec pas la moitié de ce qu'on devait avoir, c'est juste décevant », a expliqué la blonde coureuse.

« Mais dans le fond, je n'ai rien à leur reprocher », a ajouté celle qui a de nouveau brisé son contrat pour non-respect des clauses dans l'entente initiale.

Déçue par le milieu

Émilie Roy

Roy n'a pas apprécié également ce qu'elle a entendu à son sujet durant sa convalescence pour sa blessure à un bras.

« Il y en a qui ont dit que je ne m'entraînais plus, que je ne faisais plus tout ce qu'il fallait pour être en forme. J'ai été un peu absente et il y a des langues sales qui se sont amusées à dire des choses sur moi. Ça m'a déçue. C'est pour ça que je suis revenue pour les Championnats canadiens. »

À la suite de toutes ces déceptions, Roy a donc décidé de s'orienter vers d'autres horizons, toujours dans le vélo, partie intégrante de son mode de vie. Mais dans un milieu qui lui permettra de s'épanouir, tout en jumelant sa passion du cyclisme à ses études en massothérapie, celui du groupe Centrifuge, spécialisé dans les camps cyclistes en Virginie et fondé par son copain Marc Dufour.

Un projet qui convient donc parfaitement à une fille réservée qui ne cherche pas les feux de la rampe.

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