
Tour de France
![]() Photo: AFP/Joe Klamar Vinokourov au terme de son effort à Albi samedi |
Jan Ullrich, Ivan Basso, Floyd Landis, Michael Rasmussen et maintenant Alexandre Vinokourov.
Les tuiles continuent de s'accumuler sur le Tour de France.
Mardi, le site Internet du quotidien L'Équipe a révélé que le Kazakh de 33 ans avait échoué à un test antidopage à la suite de sa victoire samedi dans la 13e étape du Tour de France, le contre-la-montre d'Albi.
Le contrôle a révélé la pratique d'une transfusion sanguine homologue, c'est-à-dire que « Vino » a utilisé le sang d'un donneur compatible (groupe sanguin et facteur rhésus), contrairement aux transfusions autologues qui utilisent le propre sang de l'athlète.
Départ précipité
À la suite de cette annonce, la formation Astana a décidé de quitter le Tour de France et de suspendre son chef de file, qui va demander une contre-expertise. Des policiers ont même fouillé l'hôtel où logeait la formation Astana à Pau.
Outre une suspension, le Kazakh risque une pénalité d'un an sans salaire, en vertu de « l'Engagement pour un cyclisme propre » que l'Union cycliste internationale (UCI) a demandé aux coureurs de signer. Ce document stipule qu'ils acceptent de verser leur salaire 2007 en cas de dopage.
Favori au départ de cette Grande Boucle, Vinokourov a été sérieusement blessé aux genoux lors d'une chute dans la première semaine du Tour. Il occupait le 23e rang du classement général, à 28 min 11 s de Rasmussen. Respectivement 5e et 8e au classement général, ses coéquipiers Andreas Klöden et Andrey Kashechkin peuvent dire adieu à un podium.
En entrevue à Radio-Canada Sports, le président de l'Agence mondiale antidopage, Richard Pound, s'est dit déçu, mais pas surpris de cette annonce.
« La lutte contre le dopage est particulièrement difficile dans le cyclisme, affirme Pound. Difficile, puisque les cyclistes ont accepté le dopage et qu'il fait maintenant partie de la culture du cyclisme. »
« C'était une saison exécrable l'an dernier et ça recommence cette année. C'est même pire », explique l'avocat canadien sur un ton découragé.
Comme Hamilton
Le prélèvement sanguin, analysé au laboratoire de Châtenay-Malabry, a présenté deux populations distinctes de globules rouges dans l'échantillon A.
Le coureur de la formation Astana a subi un autre contrôle lundi au terme de sa victoire dans la 15e étape. Le test, actuellement sous analyse, devrait donner le même résultat, puisque les deux populations de globules rouges seront encore observables.
L'UCI avait déjà manifesté une certaine méfiance à l'égard de Vinokouorov après qu'il eut avoué travailler avec le sulfureux Dr Michele Ferrari, célèbre pour ses méthodes controversées.
L'Américain Tyler Hamilton avait été le premier cycliste à être reconnu coupable de transfusions homologues (lors du Tour d'Espagne de 2004), détectables depuis les Jeux olympiques d'Athènes.