L'expérience de Luperini

  |  Manon Gilbert  |  Radio-Canada
Luperini et Abbott Luperini devance Abbott à l'arrivée   © PC/Ian Barrett

On se rappellera longtemps de la dixième édition de l'étape montréalaise de la Coupe du monde de cyclisme féminin.

L'Italienne Fabiana Luperini remporte la plus excitante course des dix dernières éditions devant une jeune Américaine, Mara Abbott. La gagnante de l'an dernier, Judith Arndt, termine troisième.

Jamais la course n'avait été aussi enlevante... et relevée. Les filles avaient habitué les amateurs à une course passive avec une poussée à la Geneviève Jeanson dans les derniers 500 mètres. Est-ce la nouvelle ligne de départ et d'arrivée sur l'avenue du Parc qui a poussé les coureuses à opter pour un autre scénario cette année? Peut-être.

Toujours est-il que dès le premier des 11 tours samedi, la course s'est animée. Et après 110,6 km, l'expérience l'a emporté sur la jeunesse, l'Italienne Fabiani Luperini (Meniki) s'imposant par deux secondes devant l'Américaine Mara Abbott (Webcor)... une nageuse qui disputait sa première Coupe du monde.

« Je suis contente de gagner à Montréal. C'est une course difficile. C'est important de gagner ici pour le club-école de Québécoises (Meniki a en effet un club « junior » dont font partie notamment Émilie Roy, Marie-Pier Bédard et Karol-Ann Kanuel) », a déclaré Luperini, deuxième en 2000, par l'entremise d'un interprète.

Pourtant, Abbott avait dominé l'Italienne jusque-là, mais à 500 mètres de l'arrivée, en descendant sur l'avenue du Parc, Abbott attaquait encore, tandis que sa rivale se contentait de « sucer » sa roue. Dans le dernier droit, Luperini n'a fait qu'une bouchée d'Abbott. À 21 ans, on ne fait pas la barbe à une vieille routière de 34 ans qui a gagné le Tour d'Italie à quatre reprises et le Tour de France trois fois.

« Je ne savais pas qui elle était. Je ne savais pas si elle avait de l'expérience ou non. À un moment je l'ai regardée et j'ai vu, par la façon dont elle roulait, qu'elle avait de l'expérience. C'était un bon signe. Alors, je me suis dit que notre échappée pouvait aller jusqu'au bout », a expliqué la coureuse de Boulder, au Colorado, ravie par sa deuxième place.

Un vent de fraîcheur

Peloton Un peloton relevé au moment du départ   © PC/Ian Barrett

C'est Luperini qui a relancé les hostilités dans la 8e ascension de la Camilien-Houde. La Néo-Zélandaise Melissa Holt et la Russe Ekaterina Malomura avaient ouvert le bal au 7e km avant d'être avalées quelques tours plus tard. La Française Edwige Pitel a suivi Luperini. Quand Abbott a vu les deux filles filer, elle n'a fait ni un ni deux.

« Je n'ai pas aimé la voir creuser un écart, donc je l'ai suivie. Je me foutais de qui elle était. C'est la première fois que je roule avec ces filles-là », a poursuivi l'Américaine, véritable vent de fraîcheur sur le cyclisme féminin.

Un tour plus tard, la souffrance se lisait sur le faciès de Pitel qui peinait à suivre le rythme soutenu imposé par les deux autres. En fait, Abbott a pratiquement fait tout le travail, l'Italienne se contentant de prendre quelques relais par-ci par-là.

Les deux protagonistes ont compté jusqu'à 1 min 34 s d'avance sur le peloton. Toujours aussi compétitive, la Française Jeannie Longo, 48 ans, n'a jamais cessé de forcer l'allure derrière pour réduire l'écart. Dix-sept autres coureuses l'ont suivie dans sa chasse, dont Nicole Cooke, la meneuse au classement de la Coupe du monde, Marianne Vos, championne du monde sur route, et la Canadienne Alex Wrubleski.

Arndt embarassée

Judith Arndt Judith Arndt passe devant l'écurie de la SPVM.   © PC/Ian Barrett

Finalement, l'Allemande Judith Arndt a réussi à se détacher du groupe de chasse pour prendre la troisième place, à 57 secondes de Luperini. Un podium qui a toutefois failli échapper à la gagnante de l'an dernier.

« C'est embarrassant, ne le dites à personne, je suis tombée seule dans le dernier virage. »

Résultat : quelques égratignures au bras droit.

Des blessures beaucoup moins sérieuses que celles d'Émilie Roy qui s'est fracturé le cubitus et le radius en tombant sur un muret vendredi... ses nouvelles cales n'ont pas voulu sortir de ses pédales! Le bras gauche en écharpe, Roy a assisté à la course en spectatrice, elle qui ne pourra participer à de compétitions pendant trois semaines.

Cinquième de l'épreuve, la Britannique Cooke a conservé son maillot de meneuse au Classement de la Coupe du monde.

À l'instar d'Abbott, la jeune Albertaine Wrubleski s'est distinguée en enregistrant le meilleur résultat canadien avec une 16e position (à 1:57).

Deux noms donc qu'il faudra donc retenir dans les années à venir... et au Tour du Grand Montréal qui s'amorce lundi. Abbot ne sait pas si elle va prendre part à d'autres Coupes du monde cette année, mais une chose est sûre, elle sera de retour à Montréal l'an prochain. Et pour gagner cette fois!

Résultats:

  • 1. Fabiana Luperini (ITA/Menikini-Gysko) les 110,7 km en 3 h 07:35.
  • 2. Mara Abbott (USA) à 02.
  • 3. Judith Arndt (GER) 57.
  • 4. Marianne Vos (NED) 01:11.
  • 5. Nicole Cooke (GBR) m.t.
  • 6. Oenone Wood (AUS) m.t.
  • 7. Jeannie Longo-Ciprelli (FRA) m.t.
  • 8. Trixi Worrack (GER) m.t.
  • 9. Amber Neben (USA) 01:17.
  • 10. Claudia Häusler (GER) 01:22.

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