Landis pris en défaut

Floyd Landis Floyd Landis   © AFP/FRANCK FIFE

L'équipe Phonak confirme que le récent vainqueur du Tour de France, Floyd Landis, a échoué à un contrôle antidopage effectué lors de la Grande Boucle.

Les réjouissances sont de courte durée pour le nouveau champion de la Grande Boucle qui a échoué à un test antidopage à la testostérone.

C'est à la suite de sa spectaculaire victoire dans la 17e étape jeudi, après un raid de 130 km en solitaire dans les Alpes, que l'Américain de 30 ans a été déclaré positif à la testostérone.

Ce produit, interdit par la réglementation depuis 1982, est couramment retrouvé dans les analyses des contrôles antidopage et vise à accroître la force et la puissance musculaire, mais il n'a aucun impact à court terme sur les performances d'un athlète.

La veille, Landis avait connu l'une des plus grandes défaillances d'un maillot jaune, voyant tous ses rivaux le larguer à qui mieux mieux dans la dernière ascension de La Toussuire. Il avait terminé à 10 minutes du vainqueur et avait pratiquement perdu toute chance de remporter le Tour.

Mais après sa superbe performance dans la 17e étape, il avait repris près de 8 minutes sur le détenteur du maillot jaune Oscar Pereiro et était redevenu l'un des sérieux aspirants au titre.

Deux jours plus tard, lors du contre-la-montre, il avait récupéré le maillot jaune.

L'échantillon B analysé

Floyd Landis Landis au terme de sa victoire dans la 17e étape   © AFP/Pascal Guyot

Landis va demander l'analyse de l'échantillon B qui sera pratiquée dans le même laboratoire, à Châtenay-Malabry, dans la région parisienne.

S'il était trouvé coupable de dopage, Landis serait le premier vainqueur dans l'histoire du Tour à être déclassé après l'arrivée. L'Espagnol Pereiro serait donc déclaré vainqueur.

John Lelangue, le directeur de Phonak, a déclaré que Landis ne participera à aucune course d'ici la fin de l'affaire et que si le résultat de l'échantillon B confirme le premier résultat, il sera licencié.

Mercredi, l'Union cycliste internationale (UCI) avait annoncé qu'un échantillon prélevé pendant le Tour de France avait fourni des résultats d'analyses « anormaux ». Elle en avait alors informé l'équipe suisse qui se retire du ProTour au terme de la saison.

Landis est le premier maillot jaune à être déclaré positif à un contrôle classique (urinaire) depuis l'Espagnol Pedro Delgado en 1988. Delgado n'avait pas été sanctionné, car la probénécide retrouvée dans ses urines n'était pas un médicament interdit à l'époque par le règlement cycliste qui différait de la liste du Comité international olympique (CIO).

En revanche, les derniers vainqueurs du Tour ont été touchés un jour ou l'autre par la suspicion. Qu'on pense à l'Allemand Jan Ullrich (1997), à l'Italien Marco Pantani (1998) et à l'Américain Lance Armstrong (1999 à 2005).

Absences inexpliquées

Landis avait déclaré forfait pour des critériums aux Pays-Bas et au Danemark mercredi et jeudi.

Floyd Landis Landis en jaune   © AFP/Franck Fife

L'absence, jusque-là inexpliquée du récent vainqueur du Tour de France, était survenue quelques heures après l'annonce par l'UCI du résultat « anormal ».

Malgré les efforts des organisateurs, ni Landis, ni son gérant n'avaient daigné fournir une explication ou même un signe de vie.

Mardi soir, Landis était apparu en très bonne forme lors du critérium de Stiphout, aux Pays-Bas, qu'il a d'ailleurs remporté.

En matinée jeudi, l'Agence France-Presse indiquait avoir obtenu l'assurance de la Fédération française de cyclisme que le résultat « anormal » annoncé par l'UCI n'appartenait pas à un coureur de l'Hexagone.

Même son de cloche du côté de l'Espagne, de l'Italie, de l'Allemagne et de la Belgique où les dirigeants des fédérations nationales n'ont pas été contactés non plus par l'UCI.

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