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Franck Montagny
En parfaite synergie
| Le pilote d'essais de l'écurie Renault, Franck Montagny, livre
ses commentaires en exclusivité sur Radio-Canada.ca/sports après
chaque Grand Prix. |  |
18 octobre 2005 - Bonjour à tous.
Je reviens de Chine, où l'équipe Renault a remporté le titre des constructeurs (comme vous le savez sûrement si vous suivez la F1). Comme c'était la dernière course, je suis resté cette fois pour fêter avec l'équipe. Je voulais finir l'année avec les gars, les mécaniciens... c'était cool! C'était une belle journée pour rester avec l'équipe, car nous avons terminé tout cela sur une belle note. Il y avait pas mal de nostalgie. C'était un bon moment à passer.
Je ne suis pas trop triste de quitter Renault, car je pense qu'il y aura des choses différentes et certainement meilleures qui vont arriver.
 | | Un sans-faute en course à Shanghai | Tout s'est déroulé selon le plan établi à Shanghai. Giancarlo (Fisichella) a roulé un peu en dedans au début, mais de toute façon, McLaren n'arrivait pas à suivre la cadence. Ce qui est important, c'est que notre ensemble châssis-moteur a fonctionné comme on le désirait.
Tout a fonctionné le jour de la course. On avait fini de peaufiner la voiture, on avait mis un nouveau moteur et il s'est avéré que tout s'est retrouvé en parfaite synergie, et c'est pour cela que Fernando (Alonso) a pu, dans les premiers tours, se faire grand plaisir avec l'auto (16 secondes d'avance dans les 14 premiers tours). Il volait... (rires). Avec Fisichella qui jouait bien son rôle derrière, et voilà!
Quand la deuxième McLaren a cassé (Juan Pablo Montoya a frappé un couvercle de béton au 18e tour), ça a enlevé un gros poids. Ce n'était plus la même stratégie, mais on pouvait toujours faire une petite erreur.
Cela dit, il ne faut pas s'emballer. On n'avait pas tout misé sur une course. Il se trouve que nous étions très bien ce jour-là, et peut-être que McLaren n'était pas génial, en matière de « set-up » (réglages). On a rattrapé notre retard par rapport à McLaren, mais nous n'avons pas dominé tout le week-end. On n'était pas devant à tous les essais libres. Mais McLaren n'a pas eu un bon dimanche et on en a eu un très bon, donc la différence a été très importante pendant la course. Mais on n'avait pas l'avantage, techniquement.
Tout le monde a toujours cru qu'on pouvait remporter le titre des constructeurs, mais on ne savait pas si on pouvait rattraper McLaren en performance. C'était quand même très risqué.
En deux temps
Les nouveaux règlements avaient changé la donne, avec moins d'essais privés (maximum de 31 jours en vertu d'une entente à l'amiable entre les écuries, sauf Ferrari). On n'a pas pu faire tous les essais qu'on voulait faire. Ça a été une saison en deux temps (Renault d'abord, McLaren ensuite). Ça a été une grande année pour Renault. On a appris comment gérer des victoires, comment gérer des championnats. C'est de l'expérience qui servira à Renault l'an prochain, mais il y aura encore de nouveaux règlements, avec un nouveau moteur, et des adversaires qui disposeront de meilleurs pneus Bridgestone. Chaque année se prépare avec ce que tu as appris l'année précédente.
 | | Un travail colossal en essais privés | Il est clair que quand cinq équipes développent un pneu contre une, tu fais cinq fois plus de kilomètres. Ainsi, tu découvres cinq fois plus de choses et tu as des retours d'information très différents. Tu évolues deux fois plus vite. Si tu as les moyens de le faire, c'est fantastique.
Évidemment, ce n'est pas un avantage unique. Puisque plusieurs équipes découvraient des choses en même temps que nous. Mais, par exemple, les 30 000 km d'essais sont multipliés par cinq. Donc, on n'avait pas forcément plus de travail, mais on avait l'avantage.
Cela dit, je pensais que Ferrari serait capable de revenir à la mi-saison, sur les circuits européens, on a vu à Imola, sous certaines températures, mais Michelin a continué à travailler et a gardé l'avantage. Le rééquilibre entre les camps en 2006 (Williams et Toyota passent chez Bridgestone en 2006) va permettre à Bridgestone de rouler à nouveau devant.
Moi, j'ai appris la F1 chez Renault. Je n'étais pas en F1 avant. J'ai grandi avec cette équipe. C'est un accomplissement jusqu'à un certain point, car j'ai appris des choses. Et puis, on arrive à un titre, c'est toujours sympa. Quand tu te bats pour la victoire c'est toujours mieux, même si ça ajoute de la pression.
Et ce volant?
Pour l'instant, tout se passe bien. Je n'ai rien à dire sur le travail de Flavio (Briatore, l'agent de Montagny). Maintenant, c'est l'intersaison, il va sans doute « bosser » un peu plus sur mon dossier, car il aura plus de temps. Après, sa technique de travail, je ne la connais pas, mais il faut avoir confiance dans les gens avec qui tu travailles. Sinon, ça ne sert à rien.
Je pense qu'il va chercher le meilleur volant pour moi. C'est mon « manager », il n'est pas là pour me nuire. Si je ne suis pas trop dans les magazines et plus dans la tête des gens, ça m'arrange. Et pour l'instant, je sais dans quelle direction ça avance. Donc, je suis positif. Je commencerai à m'inquiéter vraiment en décembre. Mais, à ce moment, on saura ce qu'on fait.
Moi, je cherche à rouler en F1 en course. J'ai des contacts chez Jordan, et d'autres trucs. Mais si c'est ça, ce sera bien.
 | | Franck Montagny a besoin d'un poste de titulaire. | Il y a plein de possibilités, mais le volant de course, c'est ce dont j'ai besoin en ce moment. J'ai eu pas mal de conversations avec des patrons d'écurie sur un an. C'est pour cela que je suis relativement optimiste. J'ai développé la meilleure auto du moment. Je veux passer à l'étape suivante. C'est juste normal. Si un constructeur veut m'offrir un volant, je ne dirais pas non... (rires).
J'ai des commanditaires pour trouver un budget, si je dois apporter de l'argent. Je ne le sais pas encore. Mais à savoir combien, ce n'est pas important à savoir. Ça, c'est mon affaire. On ne parle pas business, les gens qui regardent la F1 s'en « tapent » (s'en fichent). L'important, c'est de savoir avec qui, et comment ça avance, après... le côté financier... la F1 est un monde suffisamment « pourri », enfin entre guillemets, où on parle tellement d'argent, qu'on oublie que c'est un sport.
Renault (les dirigeants) a déjà dit qu'ils m'aideraient. S'ils doivent le faire financièrement, certainement que ce sera financièrement. Donc du budget, il y en a...
En tout cas, je vous tiens au courant si ça débloque.
Là, je me repose une petite semaine. Ensuite, je réattaque le boulot, mon volant entre autres choses. Mais pas d'essais en piste pour tout de suite. Je me réserve du temps cet hiver pour aller faire du Quad (quatre roues) avec mon père dans le désert tunisien. Ça va être sympa.
Ciao, ciao. J'espère à bientôt.

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