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29 août 2003
Le relais de la controverse
 

Paris, le 29 août 2003 – C'était trop beau pour être vrai. La douce euphorie provoquée par la belle médaille de Perdita Felicien s'est vite évaporée et c'est le dur retour à la normale: controverse, chicanes, règlements de compte sont de nouveau le quotidien de l'équipe canadienne d'athlétisme à Paris.

Comme vous le savez déjà, Glenroy Gilbert, l'entraîneur du relais 4X100 m, soutenu par Alex Gardener, l'entraîneur-chef de l'équipe canadienne d'athlétisme, a décidé de se passer des services de Nicolas Macrozonaris. Les intérêts «suprêmes» de l'équipe, l'entêtement du Québécois à vouloir camper le rôle du quatrième homme seraient les raisons principales de cette exclusion. Gilbert ne veut pas d'un athlète qui impose ses désirs et fait passer ses intérêts avant ceux de l'équipe.

Nicolas réfute tout cela et avance ses propres arguments : il se serait toujours entraîné comme dernier relayeur lors des camps d'entraînement d'Équipe Canada cette saison, il aurait proposé de courir dans la position 2 ou 4 parce qu'on l'a retiré de la finale du relais à Manchester en lui disant qu'il ne serait jamais bon dans la courbe de départ. En bout de ligne, il croit intimement que Glenroy ne veut pas de lui dans l'équipe et que le tout vise à lui mettre sur les épaules la responsabilité de tout cela.

Qui dit vrai? Qui a tort et qui a raison? Difficile de se prononcer surtout quand personne n'avance vraiment et totalement à visage découvert dans cette affaire. Il me semble que tout était joué d'avance et que tous ont leur part de responsabilité dans ce fiasco. Certains plus que d'autres par contre.

Dimanche dernier, je vous disais qu'une controverse pointait à l'horizon, mais que j'espérais me tromper et croire plutôt en la capacité des entraîneurs à faire les meilleurs choix indépendamment des inimitiés et des affinités personnelles. Il me semble malheureusement que ce n'est vraiment pas le cas.

De toute évidence, ce n'est pas le grand amour entre Glenroy et Nicolas depuis les Jeux du Commonwealth où Nicolas s'était senti profondément humilié par la décision de son entraîneur de le retirer de la finale à laquelle il tenait absolument à participer. Il voulait rendre hommage à son ami, devenu son agent, Bruny Surin dont c'était la dernière course. En plus de ne le prévenir qu'à la dernière minute, alors que la décision était prise depuis la veille, Glenroy avait poussé l'humiliation jusqu'à ne pas retenir Nicolas malgré le soudain et incompréhensible retrait de Pierre Browne.

Depuis, la relation entre les deux hommes est très tendue et il semble que l'ancien champion olympique a privilégié la confrontation plutôt que le dialogue dans ses rapports avec son jeune sprinter. Un coach est là pour gérer les émotions, les conflits, calmer le jeu quand il le faut et frapper sur la table quand cela s'impose. Dans le cas qui nous intéresse, il semble que Glenroy est allé droit à la confrontation sans jamais tenter d'arranger les choses.

C'est clair et évident que Pierre Browne est son homme de confiance et je ne sais pas jusqu'à quel point il avait envie d'avoir Nicolas dans son équipe?

Mais celui-ci avait-il vraiment envie d'en faire partie? A-t-il eu réellement l'attitude décrite par Glenroy? Pourquoi n'a-t-il pas jugé nécessaire de clarifier dès le départ sa position concernant le relais afin d'éviter toute cette controverse?

Nous voilà revenus à l'époque des luttes internes et des versions contradictoires. Mais au moins, les Bailey, Surin et compagnie avaient attendu de gagner deux championnats du monde et un titre olympique avant que la chicane n'éclate...




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