Alex Gough
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PC/Darryl Dick
Le 5 décembre dernier, Alex Gough a enfin récolté le fruit de ses efforts. L'Albertaine a décroché sa première médaille en Coupe du monde, le bronze à Winterberg, en Allemagne.
En plus de devenir la quatrième Canadienne à monter sur un podium en Coupe du monde, Gough a mis fin, presque jour pour jour, à une disette de six ans dans le monde de la luge féminine au pays. Regan Lauscher était la dernière à avoir réussi l'exploit avec sa 2e place à Lake Placid le 4 décembre 2004.
« C'était une sensation formidable. Réussir à tout mettre ensemble pour obtenir une première médaille, c'était vraiment une très bonne sensation, a dit l'athlète de 23 ans. Je suis passée près à quelques reprises en finissant 4e. J'avais hâte de gravir un échelon de plus. »
Plus formidable que sa 4e position aux Championnats du monde de 2009 à Lake Placid, le meilleur résultat réussi par le Canada à cet événement?
« C'était différent. Ma 4e place aux mondiaux, c'était le gros déclic que j'attendais depuis longtemps. »
Au cours des deux dernières saisons (excluant l'actuelle), Gough avait commencé à laisser poindre des signes révélateurs sur son potentiel, 10 tops 10 en 15 Coupes du monde, dont 2 tops 4.
Forte d'une première expérience inespérée aux Jeux olympiques de Turin, où elle s'était qualifiée à sa première saison dans l'équipe nationale senior, à 18 ans seulement (elle avait fini 20e), la passionnée d'escalade et de plongée sous-marine avait placé la barre haut à Whistler. Mais le tragique accident qui a coûté la vie à son collègue géorgien Nodar Kumaritashvili dès le premier jour des Jeux a bouleversé les plans.
Alex Gough
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PC/AP Photo/Ricardo Mazalan
« Ça a été un événement vraiment difficile. Plusieurs choses se sont passées. Tout a mal fonctionné du début à la fin », avoue la résidente de Calgary qui ne tient pas vraiment revenir sur l'événement.
Gough n'a que 23 ans, mais déjà elle fait figure de vétérane au sein de l'équipe canadienne. Il faut dire qu'avec la retraite de Lauscher après les JO de Vancouver, l'équipe féminine a subi une cure minceur. Ne reste plus que Gough et la recrue Arianne Jones.
La situation n'est pas toujours évidente parce que les athlètes apprécient la saine rivalité entre coéquipiers, une forme d'émulation qui favorise le dépassement de soi.
« Il y a des jeunes qui montent, spécialement chez les femmes. J'essaie d'être un modèle pour les jeunes, j'essaie de les aider pour qu'elles puissent concourir contre moi un jour. Mais ce n'est pas toujours évident de pratiquer un sport qui compte peu d'athlètes. Il y a des hauts et des bas, mais ça ne me dérange pas. J'adore ce sport et je n'échangerais pas la luge contre n'importe quel autre sport. »
Une rebelle dans son élément
Cette maniaque de vitesse a trouvé chaussure à son pied avec la luge. Même le ski alpin n'étanchait pas la soif d'adrénaline de l'ancienne membre du programme Nancy Greene, un programme national de développement pour les jeunes de 7 à 10 ans.
Ça fait déjà 10 ans que la lugeuse a trouvé sa voie. C'est une amie de sa mère qui lui a parlé d'un camp de recrutement au Parc olympique de Calgary, héritage des Jeux de 1988, lorsqu'elle avait 13 ans. Dès le premier jour, ça a été le coup de foudre.
Depuis, elle n'a jamais été tentée d'essayer un autre sport, pas même le skeleton qui aurait pu assouvir davantage son penchant pour l'adrénaline.
Gough, lors de sa 3e place en Allemagne
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PC/AP Photo/Jens Meyer
« Je ne suis pas une sprinteuse, je ne cours pas vite. Donc, je ne serais pas bonne en skeleton », assure la championne canadienne, 7e vendredi dernier devant les siens à la Coupe du monde de Calgary.
Si Gough glissait tête première, peut-être n'aurait-elle pas attendu à sa cinquième saison en Coupe du monde avant de goûter aux joies du podium. Mais en luge, tout est une question de subtilité, de minutieux ajustements qui feront toute la différence, puisque les athlètes glissent sur le dos. Même que certains, parfois, préfèrent incliner la tête vers l'arrière et descendre à l'aveugle pour un meilleur aérodynamisme... à 130 km/h.
« Ça prend tellement d'expérience pour concourir en luge. Ça prend des années pour être compétitif et te hisser parmi les prétendants pour une médaille. Donc plus tu commences jeune, mieux c'est. Le recrutement peut se faire dès 8 ans. »
Et comme si son sport n'était pas assez dangereux, elle pousse l'audace encore un peu plus loin en portant un anneau à la lèvre inférieure.
« Mes entraîneurs veulent que je l'enlève, affirme-t-elle. Mais cet anneau, c'est moi. Quand j'étais jeune, j'étais une bonne élève et j'étais sage. Je ne veux plus avoir cette image, je n'aime pas beaucoup me conformer. »
À part sur la piste, où elle est prête à suivre toutes les règles pour aller plus vite et battre les Allemandes.
« Je ne veux pas me contenter de médailles de bronze toute ma vie! »