François Hamelin
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Charles Hamelin est le plus connu des deux frères Hamelin, c'est lui qui accumule les médailles dans la famille. Pourtant, c'est François qui a initié son aîné au patinage de vitesse sur courte piste.
Par pur hasard de surcroît. Parce que Charles aurait bien pu devenir joueur de tennis ou nageur si son cadet l'avait décidé.
« Quand j'avais 5 ans, ma mère voulait me placer dans le sport. J'ai ouvert le livre de la ville et j'ai choisi le patinage de vitesse, raconte le patineur originaire de Sainte-Julie. J'avais entendu parler de ce sport-là. Le patinage de vitesse, ça a comme flashé. J'ai dit : "Maman, je veux faire ça." »
Force est d'admettre que François a choisi le bon sport. Même que le cadet de la famille a amassé les honneurs bien avant son frère, qui a suivi ses traces l'année suivante. Parce qu'au départ, le petit surdoué de la famille, c'était lui.
« J'étais chanceux. J'avais un talent et je gagnais souvent mes compétitions. Quand tu es jeune et que tu gagnes, tu es fier de toi. J'étais bon, alors pourquoi changer de sport?
« Dans ma catégorie d'âge, j'étais plus dominant. Si on courait l'un contre l'autre, il me battait, il a 3 ans de plus que moi. Dans sa catégorie, il était souvent autour de 10-15, alors que moi, j'étais 1-2-3. »
Le vent a tourné une fois dans l'équipe canadienne. François a poursuivi son développement de façon progressive, tandis que Charles a éclos de son cocon dès son arrivée.
Pas de chicane dans la cabane
François Hamelin
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Même si François patine désormais dans l'ombre de son frère, il assure qu'il n'y a jamais eu aucune animosité entre eux. Et le syndrome de la comparaison, il n'en souffre pas.
« Je ne me compare jamais à lui, affirme le spécialiste des 500 et 1000 m. Je suis conscient que Charles est très fort. C'est le meilleur patineur au Canada pour l'instant. C'est mon frère aussi. Quand il gagne, je suis content, assure cet amateur de bon vin.
« Plus jeunes, on a toujours essayé de parler du positif et non du négatif, pas de ce qui nous froissait ou pouvait nous rendre agressifs. Quand il faisait de belles choses, je lui disais. Il n'y a jamais eu de chicane et j'espère qu'il n'y en aura jamais. »
Même scénario avec son père Yves qui, par la force du nombre, s'est impliqué dans le sport de ses trois fils (le benjamin Mathieu n'a cependant pas partagé longtemps la passion de ses frères) en devenant d'abord entraîneur, puis maintenant directeur du programme de courte piste de Patinage de vitesse Canada.
François conçoit que ce n'était pas toujours évident d'avoir un papa-coach. Mais finalement, il a réalisé qu'il y avait plus d'avantages que d'inconvénients.
« Quand t'es plus jeune, des fois c'est plus difficile de te faire dire par ton père qu'il faut que tu améliores ça. Ah! Papa laisse-moi faire, je le sais, je le sais. C'est comme quand il te réprimande à la maison, tu n'es jamais d'accord avec ce qu'il dit.
« Mais en vieillissant, j'ai compris que ce qu'il disait ce n'était pas tout le temps niaiseux. Même que j'ai trouvé ça plus facile parce qu'à la maison, quand j'avais une question ou que ça n'allait pas bien, il était là. Je pouvais avoir des ressources tout de suite. »
Ce qui l'agace un peu cependant, c'est la soudaine célébrité depuis les Jeux olympiques de Vancouver du couple que forme Charles avec Marianne St-Gelais. Rien de personnel, c'est seulement que quand le trio est invité à un événement, toute l'attention est dirigée vers le couple chouchou des JO.
« Quand tu es invité, tu t'attends à servir à quelque chose. Souvent, ça arrivait que François passe dans le beurre. »
Maintenant, il a réglé le problème. Pour son bien-être, il refuse l'invitation.
Frapper par le blues postolympique
François-Louis Tremblay, Charles Hamelin, Olivier Jean, Guillaume Bastille (réserviste) et François Hamelin
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AFP/Robyn Beck
Vancouver, c'est le souvenir le plus mémorable de sa carrière sportive. Bien sûr, la médaille d'or gagnée au relais avec la désormais célèbre stratégie du cobra, qui a surpris les Sud-Coréens et les Américains, restera à jamais gravée dans sa mémoire.
Sa 5e place au 1000 m, il en est fier aussi, même si à l'époque, la déception... et la critique avaient été vives, puisque sur les cinq patineurs en finale, François et Charles étaient du lot, et le Canada n'avait pas récolté de médaille!
« J'ai travaillé tellement fort à toutes les courses que je devais faire, et je méritais ma 5e position. Je trouve ça réaliste. J'étais fier de moi. Une 5e position c'est correct aussi, affirme celui qu'on considère comme la force tranquille de la famille. À Sotchi, je veux une médaille individuelle. Mais si je suis de calibre pour finir 4e, je n'aurai pas de regret. »
Auteur de quatre podiums individuels en Coupe du monde au cours de sa carrière, en plus des 12 au relais, Hamelin a été frappé de plein fouet par le blues postolympique. Le goût de patiner après une folle saison, il a eu du mal à le retrouver.
Les athlètes ont toujours des hauts et des bas, mais disons que, dans son cas, les semaines « sans » étaient plus récurrentes que la saison dernière.
« De façon surprenante, j'ai trouvé ça difficile l'après-olympique. C'est vraiment difficile de retrouver la motivation, la drive que j'avais avant les Jeux, soutient celui qui a quand même conclu sa saison avec l'argent sur 500 m aux mondiaux. Je ne m'étais jamais senti poussé comme ça dans ma carrière. Depuis les quatre dernières années, c'était vraiment les JO. C'était assez intense.
« Il faut que tu te remettes dans le beat, il faut que tu t'entraînes fort, il faut que tu pousses à l'entraînement parce que le patin, c'est souffrir sur la glace. De vouloir te pousser au quotidien encore, pourquoi? Pour aller à une Coupe du monde qui ne veut pas dire grand-chose. »
Alors, pour garder le cap jusqu'à Sotchi, Hamelin a diversifié ses intérêts. Il a entamé sa dernière session au cégep et, en janvier, il s'est inscrit à l'UQAM en comptabilité. Il a également limité ses compétitions aux deux premières Coupes du monde en sol québécois en octobre. Et il a fait l'impasse sur les deux épreuves de la Coupe du monde qui se tiennent actuellement en Chine pour se concentrer sur les deuxièmes sélections nationales en janvier.
« J'essaie de m'occuper à l'extérieur de la glace pour avoir d'autres objectifs, pas juste le patin. Les études m'aident à ne pas penser à dans quatre ans. Cette année, je veux me caser, pas à 100 %, mais m'aligner dans mon après-carrière. Il y a tellement d'autres choses dans la vie que je trouve importantes à accomplir. »
S'il avait des doutes avant, une chose est certaine maintenant, il accrochera ses patins après Sotchi. Pas question de revivre un autre blues postolympique, certes, mais aussi, à 27 ans, il sera temps de donner vie à ses autres rêves.