Dopage : pas de suspensions possibles

Yvon Michel Yvon Michel  Photo :  Radio-Canada Sports

À la lumière des propos tenus mercredi par Yvon Michel, Jean Pascal et Lucian Bute ne s'exposent à aucune autre sanction en cas de dopage que la possible annulation du combat.

Selon les explications fournies par le patron de GYM, Groupe Yvon Michel et InterBox se sont entendus sur le choix d'une agence de prélèvements et des laboratoires qui analyseront les échantillons recueillis de façon inopinée.

« La compagnie avec laquelle on travaille n'est pas une compagnie qui cherche de la publicité. Il y a des compagnies américaines qui cherchent à se faire de la publicité sur le dos des athlètes. Nous savons que c'est une compagnie extrêmement compétente qui fera ce qu'il faut. Maintenant, on va parler de boxe dans les semaines qui viennent », a indiqué Michel.

Concernant la possibilité de voir Pascal ou Bute recevoir des sanctions qui les tiendraient à l'écart de la compétition pour une période prolongée (comme c'est le cas avec l'Agence mondiale antidopage), Michel a été très clair.

« Il n'y a pas de sanctions comme telles, parce qu'il n'y a aucun organisme autre que nous (GYM) et InterBox qui chapeaute l'événement. La seule sanction qu'il y aura est que si un des boxeurs se fait prendre il n'y aura pas de combat. Nous n'avons pas de juridiction au-delà de ça. »

L'Agence canadienne et l'Agence mondiale antidopage ont été sciemment tenues à l'écart.

Carte blanche

Il faut donc comprendre que GYM et InterBox ont le plein contrôle. Ils ont choisi qui fera les tests, ils se sont entendus sur le protocole (quels seront les tests administrés) et au final, ils se réservent probablement le droit de ne pas divulguer les informations liées à un test positif.

Jean Bédard et Yvon Michel Jean Bédard et Yvon Michel  Photo :  Radio-Canada Sports

En fait, compte tenu des sommes en jeu pour les deux organisations, elles pourraient même décider de ne pas dévoiler les résultats et se contenter de dire que les deux boxeurs sont propres.

« Je suis convaincu que Jean Pascal est un athlète propre. Je suis convaincu que Lucian Bute est un athlète propre. On a mis sur pied une politique que l'on pourra réutiliser dans le futur pour les autres combats de championnats que l'on voudra présenter », a ajouté Michel.

Les coûts rattachés à cette pratique étant très élevés, il est loin d'être certain que l'on procéderait de cette façon pour un simple championnat canadien.

De son côté, l'entraîneur de Jean Pascal, Marc Ramsay, y voit quelque chose de positif.

« Ça nous rassure que les choses seront bien faites. Nous savons exactement ce que nos athlètes prennent. Qu'il soit question de produits comme des protéines, nos médecins nous disent avec quelle compagnie nous pouvons traiter pour être sûr à 100 % de ce que l'on achète. On suit cette liste à la lettre et on sait qu'il n'y aura aucun problème. »

Pendant ce temps, à Vegas...

Si Ramsay avait quelques inquiétudes au sujet de l'environnement de travail de Jean Pascal à Las Vegas, elles se sont vite dissipées dès les premières heures du camp d'entraînement.

« Vegas est une ville où il y a beaucoup d'action. Mais quand on connaît mieux Vegas ou quand on est un peu à l'extérieur, à part le Strip il n'y a pas grand-chose là-bas. Jean est concentré à 100 % sur son travail. Quand il est un peu nerveux ou qu'il fait face à un challenge, je l'ai perçu contre Chad Dawson où il n'était pas le favori, il devient à son meilleur. »

Ramsay ajoute que Pascal carbure à la pression et que ce combat local contre Bute est exactement ce qu'il lui faut.

La relation entre Pascal et Roy Jones fils prend une tournure intéressante.

« Jones est un type très brillant. Il n'essaie pas de passer par-dessus la tête de personne. Il sait comment travailler en équipe. Il s'adresse rarement directement à Jean. Il parle d'abord avec moi, avec Russ Anber ou avec mon assistant Luc-Vincent Ouellette. On met tout ça ensemble pour livrer un seul message à Jean Pascal. »

Issu de la boxe olympique, Ramsay dit avoir l'habitude de travailler en équipe. « Je laisse les gens dans leur champ d'expertise. Je me vois comme un directeur gérant. Je mets les gens en place. Chacun doit rester à son poste. »

Parions que même au Nevada, Marc Ramsay ne prêche pas dans le désert.