« Une surprise totale » - Don Ryan

Reportage de Justine Boutet

Le président de la fédération canadienne de lutte, Don Ryan, pensait que c'était une blague. La recommandation du CIO de retirer la lutte du programme olympique l'a pris par surprise.

Il a appris la nouvelle à son lever mardi. Et quand il a compris que ce n'était pas une blague, il a tout de suite voulu en savoir plus de la Fédération internationale des luttes associées (FILA), mais c'était le même son de cloche.

« Une surprise totale pour nous et pour eux, a dit Ryan dans d'une conférence téléphonique. J'espère que cette recommandation ne sera pas entérinée à la prochaine réunion du comité exécutif du CIO. »

Cette assemblée est prévue en mai, et les membres auront alors la tâche de dresser une liste des sports à proposer pour les Jeux de 2020. Le bureau de la FILA a prévu de se réunir à Phuket en Thaïlande les 16 et 17 février. À l'ordre du jour : mettre sur pied un comité de représentation de la FILA qui ira plaider sa cause devant le comité exécutif du CIO en mai.

« J'ai assisté aux réunions du congrès du CIO lors des Jeux de Londres, et rien n'a filtré. Les foules étaient bonnes au tournoi olympique », a-t-il rappelé.

Il y avait au tournoi olympique de Londres 344 athlètes se battant en lutte libre (11 catégories) et en lutte gréco-romaine (7 catégories).

Le Canada a remporté deux médailles en lutte. Tonya Verbeek, de Thorold en Ontario, a gagné une médaille d'argent. Elle qui avait aussi remporté le bronze à Pékin en 2008 et l'argent à Athènes en 2004. Carol Hyunh, de New Hazelton en Colombie-Britannique, a remporté une médaille de bronze après avoir gagné l'or à Pékin.

Don Ryan admet ne pas connaître les critères qui ont guidé le CIO.

« Je suis un puriste, dit-il, et j'espère que les critères étaient bons. Que ce n'est pas le résultat de la pression des commanditaires. Je crois que la lutte est un beau sport. Nous sommes présents dans plus de 180 pays, et ça ne coûte pas cher. »

Le programme olympique de 2020 sera choisi en septembre pendant la prochaine assemblée générale du CIO. La lutte fera donc partie des sept sports présélectionnés qui devront faire valoir leurs atouts pour être inclus dans le programme olympique de 2020 : le baseball/softball, le karaté, les sports à roulettes, l'escalade sportive, le squash, la planche nautique et le wushu.

« Il va falloir faire un gros travail de lobbying, c'est clair, admet volontiers Don Ryan. Mais comme nous sommes déjà au programme olympique de 2016, nous avons une meilleure chance de garder notre place par rapport à un nouveau sport. La lutte est un sport de tradition olympique, des Jeux de l'antiquité aux Jeux de l'ère moderne.

« Nous avons modifié les règles après les Jeux de Sydney en 2000. On a raccourci les manches de trois à deux minutes et on a simplifié le code de pointage. Si vous avez des suggestions..., a-t-il lancé. La Fédération internationale se réunit ce week-end pour voir ce qu'on peut changer pour rendre le sport encore plus intéressant. C'est plus que jamais d'actualité. »

Tonya Verbeek

Le Comité olympique canadien a réagi à la décision du comité exécutif du CIO. Par solidarité.

« La principale priorité du Comité olympique canadien demeure les athlètes de classe mondiale de ce pays et l'avancement du sport au Canada, rappelle Marcel Aubut, président du COC, dans un communiqué. Nous regrettons que la lutte ne fera peut-être pas partie de la famille olympique en 2020. La perte éventuelle de ce sport important dans l'Équipe olympique canadienne en 2020 est décevante.

Marcel Aubut a rappelé les succès du Canada, en lutte, de Daniel Igali à Sydney en 2000, premier médaillé d'or canadien, à Carol Huynh et à Tonya Verbeek à Londres.

« Le Comité olympique canadien soutient et encourage les athlètes et les entraîneurs dans leur parcours olympique en lutte, alors qu'ils visent l'excellence aux Jeux de Rio 2016 et qu'ils continuent de représenter l'unifolié avec fierté », conclut le président du COC.