Bilan 2012

Misères et grandeurs

Les 12 derniers mois ont été difficiles pour la scène pugilistique québécoise. Après les années fastes où les combats de championnat du monde se succédaient plus rapidement que les saisons, 2012 s'est révélée une dure claque.

Un texte de Jean-François Chabot 

Les favoris locaux en ont pris pour leur rhume et leurs ambitions se sont heurtées à plus fort qu'eux, qu'il s'agisse d'un adversaire sous-estimé, de blessures insidieuses ou de la simple difficulté à trouver un rival à la hauteur des aspirations.

Pour sa part, Lucian Bute a ajouté son nom à la liste des champions déchus. Le chouchou du public était sur le pilote automatique quand est venu le temps de véritablement tester sa mécanique contre l'Anglais Carl Froch.

Au cours des mois précédents, Bute avait vaincu sans péril l'Irlandais Brian McGee, le Français Jean-Paul Mendy, devenu aspirant obligatoire par accident, et Glen Johnson, un partenaire d'entraînement qui comptait pour tout exploit le fait d'avoir participé à la série Super Six.

Mais en montant dans le ring à Nottingham le 26 mai, il n'était pas prêt pour l'énorme défi que Froch allait lui présenter.

Froch avait déjà gagné des titres. Il en avait perdu aussi. Il n'était pas question pour lui de vivre une défaite devant les siens. Bute lui a servi de motivation et d'exutoire. En moins de cinq rounds, Bute avait perdu la ceinture IBF des super-moyens et, avec elle, sa belle assurance.

Retour difficile

Le combat suivant, un premier pour Bute à Montréal en plus de 18 mois, en a été la démonstration éloquente. Face à un adversaire certes coriace, mais qui ne disposait pas du panache ou de l'expérience pour ennuyer un champion, Bute a mal paru.

Denis Grachev savait que Bute doutait. Le Russe a profité de cette brèche pour le paralyser pendant plus de la moitié du combat. Un champion, même fraîchement déchu, doit convaincre. Et sur ce point, tout reste à faire.

De son côté, Froch n'a eu besoin que de trois rounds pour démolir un autre adversaire, Yusaf Mack, juste pour garder la main.

Un deuxième combat contre Bute, cette fois au Centre Bell, était prévu en mars 2013. Mais ce printemps pourrait être trop hâtif au goût de Lucian et d'InterBox. Ils y joueraient peut-être leurs dernières cartes.

Déjà, on évoque le mois de mai, apparemment pour permettre à Froch d'affronter Mikkel Kessler et à Bute de prendre quelques rounds de peaufinage dans un autre combat.

Stevenson en attente

Pendant ce temps, Adonis Stevenson a acquis le titre d'aspirant obligatoire à la ceinture de Froch en battant Donovan George de façon décisive, au mois d'octobre, dans un combat éliminatoire sanctionné par l'IBF.

Stevenson réclame un combat de championnat du monde. Mais il semble loin sur la liste de priorités de Froch.

La patience sera donc de mise pour le Longueuillois, qui finira bien par obtenir sa chance. Devenu champion le 26 mai en pulvérisant Bute, Froch dispose de neuf mois avant de mettre son titre en jeu dans une défense obligatoire. Mais l'IBF n'en serait pas à sa première dérogation.

Sur les épaules de Pascal

Jean Pascal

Un autre ancien champion mondial a enfin renoué avec la compétition en décembre.

Après 19 mois d'attente, deux blessures et autant de rendez-vous manqués ou reportés, Jean Pascal est remonté dans le ring pour faire disparaître la rouille accumulée.

Pascal est toutefois un homme fragilisé par l'usure prématurée, fruit de plusieurs combats difficiles. Moins de quatre rounds et un peu de malchance ont suffi pour que le Lavallois revive un douloureux cauchemar.

Blessé à l'épaule gauche après avoir accroché son gant dans les câbles, c'est d'une seule main qu'il a battu le Polonais Alesky Kuziemski.

Quarante-huit heures plus tard, Pascal obtenait l'assurance d'une guérison sans chirurgie et la promesse de pouvoir affronter Chad Dawson en mars, à Montréal ou à Québec. Décidément, le printemps s'annonce chaud.

Les espoirs

Mikael Zewski

Plusieurs autres boxeurs d'ici aspirent à de grandes choses en 2013. Membre de l'écurie Golden Boy, le Trifluvien Mikaël Zewski (17-0, 13 K.-O.) est en pleine ascension.

Une victoire face à Brandon Hoskins (16-3-1, 8 K.-O.) le 19 janvier au Madison Square Garden, à New York, lui ouvrirait une voie dorée vers un combat de championnat.

Le Québécois Kevin Bizier (19-0, 13 K.-O.) est une autre belle étoile montante. Son prochain adversaire, le gaucher britannique John O'Donnell (27-2-0, 11 K.-O.), semble avoir un peu d'étoffe. On verra le 8 février au Centre Bell si Bizier a ce qu'il faut pour aller plus loin.

Le même soir, David Lemieux (28-2-0, 27 K.-O.) fera les frais de la finale contre le Colombien José Miguel Torres (26-5-0, 23 K.-O.). Cogneur contre cogneur, l'un des deux ne verra pas la fin du combat. Si Lemieux l'emporte, il pourrait avoir un titre mondial à sa portée.

Enfin, Pier-Olivier Côté (19-0, 13 K.-O.), qui n'a pas boxé depuis sa victoire à Nottingham le 26 mai, a besoin de revoir un peu d'action très bientôt.

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