Des tests trop contraignants

Jessica Zelinka crédit : Frank Gunn  Photo :  PC/Frank Gunn

Le protocole antidopage canadien est trop envahissant, selon certains athlètes. C'est ce que pense l'heptathlonienne Jessica Zelinka et son mari Nathaniel Miller, ancien joueur de water-polo.

Zelinka, 6e aux Jeux olympiques de Londres, compte maintenant une prise à son dossier pour avoir raté un test antidopage inopiné en septembre.

L'Ontarienne se trouvait à Toronto pour participer au défilé des athlètes olympiens canadiens quand des agents antidopage ont frappé à la porte de sa résidence à Calgary.

Son absence a été considérée comme un test antidopage raté. Trois absences de ce genre équivalent à une faute antidopage qui peut mener à une suspension de deux ans.

Certains athlètes ont commencé à se plaindre discrètement qu'ils sont devenus les esclaves d'un système antidopage qu'ils qualifient de trop draconien.

« C'est un système qui est imparfait à plusieurs égards, a déclaré Miller, qui a participé aux Jeux olympiques de 2008. On n'a pas affaire ici à des athlètes qui essaient d'échapper aux tests, mais à des athlètes qui veulent qu'on respecte leur liberté et leur dignité. Je ne crois pas que c'est le cas à l'heure actuelle. »

Les athlètes canadiens de pointe doivent fournir un horaire de leurs déplacements quotidiens en blocs de trois mois au Centre canadien pour l'éthique dans le sport (CCES). Ils doivent aussi choisir une heure précise chaque jour, entre 5 h et 23 h, où ils sont disponibles pour des tests inopinés à leur résidence.

Les athlètes doivent aussi avertir le CCES quand leur emploi du temps change, ce que Zelinka a oublié de faire après avoir accepté à la dernière minute de participer au défilé. Elle a déposé un appel, qui a été rejeté.

« Ce n'est pas comme si elle essayait de cacher quelque chose, a poursuivi Miller. Tout le monde savait où elle était. »

L'obligation de faire connaître ses déplacements fait partie du code de l'Agence mondiale antidopage (AMA) et est appliquée dans d'autres pays aussi.

Les joueurs de tennis comme Rafael Nadal et Roger Federer ont déjà émis certains commentaires à l'égard de cette mesure contraignante du protocole antidopage.

Tout pour prendre les Armstrong de ce monde

Mais les athlètes ne partagent pas tous cet avis.

Huit féminin Andréanne Morin et le huit féminin  Photo :  andreannemorin.com

Selon l'avironneuse Andréanne Morin, qui est membre du conseil des athlètes de l'AMA, l'affaire Lance Armstrong s'avère le meilleur argument pour les tests inopinés à la maison. Selon elle, on veut éviter que des athlètes échappent aux tests comme l'ont fait le cycliste américain et ses coéquipiers pendant des années.

« Ces gars-là prenaient de l'EPO le soir, et on peut seulement le dépister dans la première urine du matin. Ils se cachaient littéralement dans leur chambre d'hôtel et ne répondaient pas à la porte tant qu'ils n'avaient pas uriné une première fois le matin », a dit Morin.

Selon la triple championne du monde de boxe Mary Spencer, ces inconvénients constituent un moindre mal.

« Si une de mes concurrentes se dopait, je voudrais qu'on fasse tout pour la prendre en défaut. Pour cette raison, je suis d'accord qu'on me gâche un vendredi ou un samedi de temps à autre », a expliqué Spencer.

(D'après la Presse canadienne)