Des maux de tête pour la LNH et la NFL

Représentation du cerveau humain Représentation du cerveau humain  Photo :  iStockphoto

Une étude de l'Université de Boston prouve que les athlètes professionnels mettent la santé de leur cerveau en péril, rapporte le quotidien The Globe and Mail lundi.

Des 85 cerveaux examinés par l'université, 68 étaient atteints d'encéphalopathie traumatique chronique (ETC), une maladie dégénérative engendrée par des coups répétitifs à la tête.

Cette condition peut également générer une dépression, des pertes de mémoire, un comportement agressif, voire de la démence.

Le football montré du doigt

La moitié des 68 cas concernaient des joueurs professionnels de football, dont deux membres du Temple de la renommée de la NFL, l'ailier rapproché John Mackey et le demi Cookie Gilchrist.

Le hockey n'est toutefois pas épargné, puisque quatre des cinq cerveaux offerts par des défunts de la LNH présentent une ETC. Pire, la plupart jouaient un rôle de fiers-à-bras comme Reggie Flemming, Derek Boogaard et Bob Probert.

L'étude soutient aussi que Richard Martin des Sabres de Buffalo, membre de la célèbre « French Connection », a souffert de cette maladie dégénérative. Le Québécois est décédé d'une crise cardiaque l'année dernière à l'âge de 59 ans.

Quatre phases

C'est la première fois que des chercheurs classent l'encéphalopathie traumatique chronique selon la gravité de la maladie.

Phase 1 : maux de tête et de problèmes de concentration
Phase 2 : dépression et perte de la mémoire à court terme
Phase 3 : difficultés à gérer plus d'une tâche à la fois et des problèmes de planification et de jugement
Phase 4 : démence

De plus, d'autres diagnostics comme l'alzheimer et la maladie à corps de Lewy (trouble cognitif) étaient présents dans le tiers des.

Enfin, sept donneurs se sont suicidés.

Un mystère plane

Pour la plupart des personnes atteintes, la maladie s'est aggravée avec l'âge. Cela prouve qu'elle est dégénérative, selon les chercheurs.

Toutefois, un petit nombre d'athlètes plus âgés présentaient une ETC moins sévère, malgré plusieurs traumatismes au début de leur carrière.

Les chercheurs croient donc en un « facteur mystère » relié à la génétique ou à l'environnement qui stoppe l'évolution de la maladie pour certains.

Le Dr Robert Cantu, coauteur de l'étude, s'interroge. « Pourquoi l'ETC ne progresse-t-il pas dans ces cas précis? Il s'agit là d'une piste à explorer pour le traitement de la maladie et sa prévention », indique le Dr Cantu.

Commotions cérébrales : cause à effet nébuleuse

Attention, il ne faut pas nécessairement associer une commotion cérébrale à une possible ETC, dit le Dr Cantu.

La répétition de coups au crâne cause l'encéphalopathie traumatique chronique et non les commotions en tant que telles. C'est pourquoi des sports comme le rugby, la lutte, la boxe et le football sont visés.

« Même si une personne a souffert de trois, quatre, voire cinq commotions dans sa vie, cela ne signifie pas qu'elle sera atteinte d'ETC. Ça ne fonctionne pas de cette façon », conclut le Dr Cantu.