Le sport, cette thérapie

Le reportage de Jacinthe Taillon

Sauver des vies par le sport, est-ce possible? Voilà l'étonnante ambition que s'est donnée le programme « Bien dans mes baskets » de l'école secondaire Jeanne-Mance, à Montréal.

Fondé en 2005, le programme chapeauté par le Centre de santé et services sociaux Jeanne-Mance aide annuellement des dizaines de jeunes en difficulté. Il vise le développement d'habiletés sociales et scolaires d'adolescents susceptibles de décrochage et de délinquance.

L'intervenant social Martin Dussault est l'instigateur du projet. Il utilise le basketball pour créer un lien avec les jeunes. Alors que la réussite scolaire est un critère d'admissibilité aux programmes sport-études traditionnels, c'est tout autre pour « Bien dans mes baskets. Plus de 60 % des adolescents recrutés vivent des problèmes scolaires, familiaux ou sociaux.

C'est le cas de Mambi Diawara. Arrêté il y a deux ans en raison d'un vol, il avoue que c'est « Bien dans mes baskets » qui l'a sauvé.

« J'habitais un quartier un peu chaud où il y avait beaucoup de conflits, explique-t-il. Je côtoyais beaucoup ces personnes-là et ça m'a donné beaucoup de problèmes familiaux, avec les policiers et tout. Quand je suis rentré à Jeanne-Mance, on m'a parlé du programme de basketball. Ça m'a ouvert beaucoup de portes et j'ai vu que ça pouvait m'aider en tant que personne. »

L'adolescent vient d'être nommé athlète masculin de niveau secondaire ayant montré une persévérance scolaire et sportive par le Réseau du sport étudiant du Québec.

« Je m'entraîne fort, dit-il. Je viens de terminer mon secondaire 5. Je suis vraiment fier de moi et l'année prochaine je m'en vais au Collège Montmorency pour jouer au basketball AAA. »

Signe des effets positifs du programme, Mambi Diawara est l'un des nombreux participants à continuer de se rendre au gymnase de l'école secondaire, même si les classes sont terminées.

« Bien dans mes baskets » compte sept équipes à l'école Jeanne-Mance. Des projets-pilotes sont également organisés à Laval et à Longueuil.

(D'après un reportage de Jacinthe Taillon)

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