Québec, capitale du sport

Régis Labeaume Régis Labeaume   © PC/Jacques Boissinot

En 1995, la ville de Québec a connu les moments les plus sombres de son histoire sportive : le rejet de sa candidature olympique au profit de Salt Lake City et le départ de ses Nordiques adorés pour le Colorado.

Mais, plutôt que de s'écraser, la capitale québécoise n'a cessé d'accroître sa présence internationale. Elle a accueilli les Championnats du monde de hockey en 2008. De plus, elle organise des épreuves annuelles de Coupe du monde de vélo de montagne et de surf des neiges.

Quelques semaines après la tenue de la finale des Grands Prix de patinage artistique et quelques mois avant la présentation d'une épreuve de Coupe du monde de ski de fond, l'émission Culture physique est allée se remplir les poumons de l'air sportif québécois.

Et, qui dit Québec, dit Régis Labeaume.

Le journaliste Robert Frosi l'a rencontré et lui a demandé d'où venaient les succès sportifs de sa ville.

« Québec est une des villes dont la moyenne d'âge est la plus élevée au pays. La jeunesse quittait Québec, et ça, c'est dramatique, » de dire le maire.

« Il fallait donner un coup de barre. Le coup de barre, j'ai toujours pensé qu'il devait passer par l'attrait. Et l'attrait, c'est le sport et la culture. »

« La beauté du sport, c'est que ça crée un phénomène d'émulation. C'est statistique. Vous avez une compétition sportive de haut niveau dans une ville et, dans les mois suivants, vous voyez l'inscription des jeunes dans cette discipline qui augmente dramatiquement. »

La ville de Québec a profité de la création d'Équipe-Québec en 2009, un organisme dont le mandat était notamment de « concevoir et d'élaborer un plan stratégique de développement du sport afin de convenir d'une vision régionale qui soit commune et unifiée ».

Le groupe a fait des efforts exceptionnels de réseautage dans le monde sportif international et les retombées se sont multipliées.Le maire Labeaume souligne que l'investissement est important.

« Il faut investir. Ce sont de gros montants d'argent qui sont investis là-dedans. Si on calcule l'impact de cela, ça ne se calcule pas en une année, mais bien sur une longueur de trois à cinq ans. D'ailleurs, plusieurs de ces événements, on les signe de trois à cinq ans. »

Du côté du sport amateur, un important dossier d'infrastructure reste sur la table du maire.

« Dans le domaine sportif, en termes d'infrastructures, la bataille, c'est l'anneau de glace. Je pense qu'il y a une injustice historique ici. »

« Dans l'est du pays, c'est-à-dire : Ontario, Québec et Maritimes, où sont 70 % des adeptes du patinage de vitesse, cette partie du pays mérite un anneau de glace important. »

Amphithéâtre et hockey

Impossible de faire un arrêt par Québec sans aborder le projet de l'amphithéâtre et du retour des Nordiques.

Le maire Labeaume parle d'un projet qu'il n'a pas le choix de réussir.

Comme plusieurs de ses concitoyens, il a tourné le dos à la LNH en 1995.

« Je ne regarde plus de match depuis que les Nordiques sont partis, je suis encore en deuil. Ça fait maintenant 16 ans. »

La première pelletée de terre de l'amphithéâtre n'est pas levée et aucune équipe n'a encore été accordée à son partenaire privé, mais le maire lance déjà quelques jabs au Canadien.

« Avec le propriétaire potentiel qu'on a, si on avait une équipe, il est sûr que ce serait l'équipe de la Ligue nationale qui aurait le plus de francophones, je n'en ai aucun doute. »

En terminant l'entrevue, Robert Frosi lui a donné rendez-vous pour le retour des confrontations entre les Nordiques et le Canadien.