Les plans ont changé pour mon combat du 29 octobre. Je devais affronter le Roumain Victor Puju, mais il a déclaré forfait après s'être blessé à l'entraînement. Le remplaçant est cependant tout aussi solide, sinon meilleur : Irving Garcia (17-5-3, 8 K.-O.), un Portoricain. Il me servira d'indicateur pour voir où j'en suis rendu.
Irving Garcia m'attend le 29 octobre à Montréal. Un combat qui sera un bon indicateur pour voir où j'en suis rendu.
Garcia a servi de partenaire d'entraînement à Oscar de la Hoya, Miguel Cotto et même Felix Trinidad. Il a donc toujours fait partie de l'élite, même s'il n'a jamais saisi sa chance en championnat du monde.
C'est un boxeur très technique, expérimenté, qui a un bon gabarit et qui sait se servir de son jab. Son style ressemble donc étrangement à celui de Souleymane M'Baye.
Garcia sort peut-être de deux défaites, mais il a bien paru à ces deux occasions. Contre Carlos Abregu, il s'est fait passer le K.-O. au 4e round, il avait cependant envoyé son adversaire au tapis à deux reprises préalablement. Contre Mike Jones, il menait aux points avant d'être disqualifié pour coup bas, une décision controversée de l'arbitre.
En 2008, Garcia a aussi livré une nulle à Yurih Nuzhnenko en championnat du monde, en Ukraine (pour le titre intérimaire WBA). Le résultat aurait sans doute été différent si Garcia n'avait pas boxé sur la route. On peut facilement croire qu'il méritait de gagner.
Garcia est un boxeur qui aime placer son jab avant d'enchaîner ses combinaisons. Pour le contrer, il me faudra l'empêcher de placer son jab, en restant en mouvement à l'attaque. Mes chances sont encore meilleures compte tenu du fait qu'il ait accepté de m'affronter à 10 jours d'avis.
Irving Garcia
©
PC/AP Photo/Efrem Lukatsky
Pour ce qui est de la forme, je n'ai aucune inquiétude. Je reviens d'un camp à Miami, où s'entraînaient aussi David Lemieux et Kevin Bizier. Le conditionnement est à point, les réflexes sont aiguisés et je suis prêt à affronter n'importe quelle situation dans le ring.
Ça aide aussi de boxer à 150 livres : les trois livres de plus font la différence dans la réhydratation. J'ai aussi pu manger à ma faim en Floride.
Mon attitude à l'entraînement demeure la même, c'est toujours très sérieux. Mais depuis mon combat contre M'Baye, je sais ce que la défaite représente et je ne veux pas revivre ça. J'ai donc encore moins de difficulté à donner l'effort supplémentaire quand ça fait mal.
M'Baye, à plus tard
Pour la revanche contre M'Baye, le contrat est signé. Il ne peut pas se défiler, mais je ne peux pas l'avoir toujours dans la tête. Je pensais à lui en septembre, parce que je pensais l'affronter immédiatement, mais j'ai dû faire le vide pour penser à mon prochain adversaire.
La date pour la revanche n'a pas encore été arrêtée, mais ce sera serré pour la fin de l'année. Un combat de championnat demande une préparation adéquate et je doute que M'Baye veuille s'y prendre à un mois d'avis. Je risque plutôt de le rencontrer en février.
Bute tout seul
Lucian Bute a facilement écarté Jesse Brinkley de sa route à Montréal, mais plusieurs observateurs pensent que le K.-O. (9e round) aurait dû venir plus tôt. Les choses ne sont pas si simples.
Brinkley est le genre d'adversaire qui n'a rien à perdre. Son but était d'atteindre la limite, de montrer qu'il est courageux, qu'il peut se battre contre les meilleurs. Il voulait faire durer le combat le plus longtemps possible. Ce genre de boxeur est toujours difficile à mettre K.-O.
Lucian a quand même gagné nettement tous les rounds et on peut même dire qu'il a passé le K.-O. à Brinkley plus d'une fois. La première fois qu'il l'a envoyé au tapis, le compte de l'arbitre était très long.
Lucian Bute passe le K.-O. à Jesse Brinkley au 9e round.
©
PC/Graham Hughes
Mais une chose guette cependant Lucian. Même s'il fait toujours ses devoirs à l'entraînement, on dit toujours que ses combats seront faciles. On sent que ça rentre dans sa tête, que la petite peur qui anime tout boxeur est moins au rendez-vous.
Contre Brinkley, il a d'ailleurs mis quelques rounds à s'adapter. La guerre de l'enfer que venait de livrer Adrian Diaconu à Omar Sheika en sous-carte l'a aussi fait sortir de sa bulle.
Les gens sont déçus de la qualité des adversaires de Lucian, mais ce n'est pas de sa faute. Il n'avait pas le choix d'affronter Brinkley, l'aspirant obligatoire. Le prochain aspirant, Jean-Paul Mendy, c'est aussi une farce. En dehors du Super-Six, il ne semble pas y avoir d'adversaires crédibles.
Deux options s'offrent ainsi à Lucian :
La vie est aussi difficile pour Lucian en ce moment parce que Jean Pascal relève défi après défi, ce qui lui met de la pression. Lucian ne refuse pourtant pas les défis. Quand il en aura un à sa portée, il ne le ratera pas. D'autant plus qu'il est en position pour faire un coup d'argent.
À bientôt.