Des lendemains douloureux

  |  Guillaume Boucher   |  Radio-Canada

Bonjour à tous,

Je viens de vivre une défaite crève-coeur contre Souleymane M'Baye à Paris et il me faudra encore du temps pour la digérer. Les gens de mon entourage me rappellent qu'au final, j'en tirerai plus de positif que de négatif, mais je ne pense pas encore à ça.

Souvent, le premier réflexe d'un boxeur qui perd un combat de championnat à l'étranger est de crier au vol, mais ce n'est pas mon cas. J'aurais probablement gagné ce combat s'il avait été tenu à Montréal, mais je ne me suis pas fait voler. Si j'avais gagné un round de plus, le combat aurait été nul. Si j'en avais gagné deux de plus, j'aurais eu une décision unanime.

Dans un combat de championnat, il est normal que les rounds serrés soient octroyés au favori local. Je savais aussi que la foule parisienne allait se ranger du côté de M'Baye et qu'elle allait tenter d'influencer l'opinion des juges.

Dans ces circonstances, il fallait que je m'impose plus solidement pour ne laisser aucun doute. Il fallait être agressif et mettre une pression constante.

L'intensité n'a pas fait défaut, mais elle n'a pas produit les résultats espérés. J'ai travaillé fort, mais pas adéquatement. J'ai souvent essayé de couper du terrain, mais mon jeu de jambes n'a pas bien servi ma cause. Je n'ai pas pu lancer les combinaisons que je souhaitais. Je dois rendre hommage à M'Baye pour le combat qu'il a fait, même si je suis déçu du mien.

Souleymane M'Baye et Antonin Décarie Souleymane M'Baye et Antonin Décarie   © PC/AP Photo/Thibault Camus

Au 4e round, M'Baye m'a surpris. Je suis allé dans les câbles après une combinaison que je n'ai jamais vue venir. Je ne sais d'ailleurs toujours pas ce qui s'est passé parce que je n'ai pas encore revu mon combat. Mais je me suis rapidement remis d'aplomb et je ne suis jamais allé au tapis, comme l'a laissé entendre le clan M'Baye, sans doute par chauvinisme.

La revanche

Oui, j'ai perdu ma fiche parfaite, mais je savais que j'allais la perdre un jour ou l'autre. Ce genre de choses ne me touche pas. La défaite fait beaucoup plus mal, mais je pourrai au moins la venger.

Dans un combat de championnat intérimaire, les promoteurs conviennent souvent d'une revanche, pour se protéger. C'est le cas ici. M'Baye a le droit à une défense optionnelle d'ici le 31 août, après quoi il devra m'affronter de nouveau, à Montréal.

S'il décide de se prévaloir de cette option, je disputerai un combat cet été pour me préparer pour la revanche, qui pourrait avoir lieu en décembre.

Mais avant de penser à retourner dans le ring, j'irai au bout de mes trois semaines de repos. Après tout, mes deux arcades sourcilières ont été coupées dans le combat et je dois prendre le temps nécessaire pour m'en remettre.

À bientôt.