Semenya gardera sa médaille

Caster Semenya Caster Semenya   © AFP/Olivier Morin

Le ministère sud-africain des Sports a statué dans l'épineux dossier Caster Semenya: la prodigieuse coureuse conservera son titre mondial du 800 m acquis à Berlin.

Caster Semenya conservera son titre mondial du 800 m, a affirmé le ministère sud-africain des Sports. La Fédération internationale, elle, convient de retirer ce point de son ordre du jour de ce week-end.

Du même coup, le ministère a assuré que le résultat de ses tests de féminité resterait confidentiel.

« Nous avons convenu avec la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) que les résultats resteront confidentiels, selon le principe de relation entre un médecin et son patient. Nous demandons à tous de respecter cette manière de faire morale et éthique. »

L'IAAF, dont la décision était attendue vendredi dans ce dossier, a d'ailleurs rayé ce point à l'ordre du jour de sa réunion de ce week-end à Monaco. « L'IAAF ne fera aucun commentaire portant sur les questions médicales liées au cas Semenya », peut-on lire dans un communiqué.

Pour l'instant, l'IAAF reconnaît seulement poursuivre des discussions avec le ministère sud-africain des Sports et des Loisirs et les avocats de Caster Semenya au sujet de la participation de l'athlète aux futures compétitions.

Mal géré

L'IAAF ajoute laconiquement que « les examens médicaux de l'athlète doivent être complétés ». Le langage traduit bien l'embarras pour une affaire mal gérée, qui a éclaboussé aussi bien des vies humaines que le paysage politique sud-africain.

Retour en arrière: le 19 août dernier, Semenya avait soulevé les interrogations du monde entier à Berlin avec une performance sans pareil sur 800 m.

L'IAAF avait mandaté le jour même un groupe d'experts pour enquêter sur le genre de l'athlète, soupçonnée être hermaphrodite. Cette démarche avait scandalisé l'Afrique du Sud, et sa Fédération nationale d'athlétisme (ASA) en premier.

De hauts responsables avaient même parlé de racisme.

Mais voilà, la controverse a aussi mis au jour les débordements de l'ASA, qui avait elle-même ordonné des tests de féminité bien avant les mondiaux de Berlin. Le ministère sud-africain a suspendu le président de l'ASA Leonard Chuene dans la foulée du scandale.

« Parce que Caster a été innocenté de tout blâme, elle gardera sa médaille, son titre, et son prix en argent », précise le ministère.

Pour éviter toute répétition de l'imbroglio, l'IAAF a chargé début octobre sa commission médicale d'offrir une définition « plus précise » du genre féminin.

D'après des rapports médicaux cités par un quotidien australien en septembre dernier, Caster Semanya serait hermaphrodite, n'ayant pas d'ovaires, mais des testicules internes qui produisent d'importantes quantités de testostérone.