Grand titres

Logo Radio-Canada

+ de sports | Chronique d' Antonin Décarie
(propos recueillis par Guillaume Boucher )

Lucas égal à Lucas

Protégé du Groupe Yvon Michel, Antonin Décarie terrasse ses rivaux des mi-moyens depuis 2005. Il a été trois fois champion canadien dans les rangs amateurs. Il pose un regard sur la boxe au Québec toutes les deux semaines.

Bonjour à tous,

Éric Lucas a encore sur le coeur sa défaite contre Mikkel Kessler et veut se donner la chance de mettre un terme à sa carrière comme il l'entend. Voilà, simplement, comment il faut comprendre son retour dans l'arène. Il le fait pour lui et non pour passer un message.

À 38 ans, rien ne lui est impossible, mais il faut éviter de monter trop rapidement en épingle ses performances. Même s'il obtient de bons résultats, les portes d'un combat de championnat demeureront lointaines, si tant est qu'il souhaite en obtenir un.

L'âge n'est pas un handicap en soi, comme le prouve Bernard Hopkins. Les athlètes qui performent sur le tard ont cependant tous un point en commun: ils n'ont jamais pris de pause et ont fait de l'entraînement un choix de vie, en se levant tôt chaque matin sans rater une séance de jogging.

Éric, lui, a passé près de quatre ans loin du ring. Je ne connais pas son mode de vie, mais je doute qu'il ait visité un gymnase cinq fois par semaine pendant son absence.

Compte tenu de son parcours, il doit donc cheminer tranquillement, et dans la prudence. À ce stade-ci de sa carrière, il ne peut se réinventer. Il lui suffit de se concentrer sur ses forces, son courage et sa ténacité, sans sous-estimer ses adversaires.

Il sera difficile d'évaluer la condition d'Éric avant son retour le 11 décembre. Contre Ramon Pedro Moyano, au Centre Bell, il sera certainement un peu rouillé, mais il a suffisamment de métier pour se tirer d'affaire, d'autant plus que sa préparation est toujours à point. S'il est fidèle à lui-même, sa forme physique sera irréprochable, bien meilleure que le prédisent les gens.

Mikkel Kessler et Éric Lucas en 2006

Photo: La Presse Canadienne /AP Photo/Polfoto/Thomas Sjorup

Mikkel Kessler et Éric Lucas en 2006

Si l'amour qu'il recevra de la foule peut le figer un certain temps, parce qu'il n'a pas vécu ça depuis des années, les conditions sont idéales pour son retour. Il ne sera pas la tête d'affiche du gala (Pascal-Diaconu II), ce qui lui enlèvera de la pression.

Je le vois sortir vainqueur vers le 6e round, parce qu'il a toujours aimé prendre son temps et évité l'empressement.

La suite

Je connais Éric depuis mes années d'amateur. Il s'est toujours consacré à son sport et est sérieux dans tout ce qu'il entreprend, y compris en affaires. Sa détermination est cependant une arme à double tranchant dans sa situation actuelle.

Il sent qu'il lui reste encore quelque chose et il a réussi à convaincre Stéphan Larouche de la légitimité de ses projets. Les deux hommes entretiennent une relation d'amitié qui va bien au-delà du lien entraîneur-athlète. En tant qu'ami, Larouche veut éviter qu'il se fasse mal, mais comment pouvait-il le contrarier?

L'entêtement d'Éric sera le gage da sa réussite dans l'arène, mais elle peut aussi lui exploser en pleine figure s'il trouve un adversaire plus coriace que lui. Espérons que les choses n'en arrivent pas à ce point.

L'allure du combat contre Moyano dictera la suite des choses pour Éric. S'il triomphe de peine et de misère, je vois mal comment il pourrait se débrouiller contre un Sébastien Demers, qui n'aurait aucune difficulté à écarter Moyano de sa route.

Un affrontement contre Joachim Alcine serait intéressant, mais l'écart de poids entre les deux boxeurs est une barrière majeure. Éric a décroché sa ceinture chez les 168 livres et Joachim, chez les 154. On parle donc d'une quinzaine de livres et trois catégories de poids!

Je suis aussi convaincu qu'Éric aimerait obtenir une revanche contre Markus Beyer, maintenant à la retraite. On a tellement parlé de lui après sa victoire controversée que les Québécois ont l'impression de le connaître. Le combat aurait alors une saveur presque locale.

À bientôt.

À lire aussi

14 février 2011

Satisfaction

10 février 2011

Alvarez, finalement

10 décembre 2010

Jean Pascal s'en va à la guerre

23 novembre 2010

Pacquiao le conquérant

4 novembre 2010

Difficile, mais satisfaisant

25 octobre 2010

Garcia, un bon indicateur

18 août 2010

Pascal à la perfection