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+ de sports | Chronique de Benoît Huot
(propos recueillis par Guillaume Boucher )

Le dernier sprint

Même s’il est né avec une malformation à un pied (pied bot), Benoît Huot n'a jamais renoncé à ses aspirations olympiques. Depuis 1998, il fait partie de l'équipe canadienne de natation paralympique. Il a été sacré huit fois champion olympique (3 fois à Sydney et 5 fois à Athènes). Au passage, il a fracassé plusieurs records du monde.

Bonjour à tous,

Les mondiaux de Rio arrivent à grands pas et rien n'a été négligé dans ma préparation. Je reviens d'un camp en Floride, un isolement nécessaire pour préparer une compétition d'envergure. Je suis parti la conscience tranquille et je reviens dans le même état d'esprit. La charge d'entraînement était intense et la conclusion, heureuse.

En piscine, mon travail est principalement orienté vers la vitesse, et plus particulièrement sur l'explosion depuis les blocs de départ et dans les virages. Ces priorités s'imposaient avec une compétition en petit bassin (25 m). Il s'agit toujours du même sport, mais les stratégies de course sont différentes.

La tâche à accomplir est cependant encore plus lourde compte tenu de mon handicap au pied. Les murs ont toujours été l'une de mes grandes faiblesses et je dois maintenant les dompter. Un travail en dynamisme s'impose donc, surtout en ce qui concerne mon battement papillon sous l'eau.

Je dois aussi maximiser l'efficacité et le rythme de mes bras sur de courtes distances. Après tout, cinq des six épreuves inscrites à mon programme sont des sprints (100 m et moins). Pour maximiser mes chances, mon préparateur physique, Alain Delorme, a martelé l'explosion dans mes séances de musculation.

L'endurance est donc moins cruciale dans ma préparation, sauf peut-être en ce qui concerne le 200 m 4 nages. La transition entre les styles y est complexe, tout comme le changement de rythme de respiration. Il faut emmagasiner l'oxygène au dos pour ensuite la répartir en brasse et au papillon.

Une pression relâchée

En tant que Nord-Américain, je ne suis pas habitué d'atteindre un niveau de forme optimal en fin d'année. J'aborde cependant les choses sans stress, avec comme seul but de livrer les meilleures performances possible.

Les Brésiliens seront très bien préparés à Rio et pourraient mieux réussir que le reste du peloton. Si c'était le cas, ce ne serait pas une catastrophe pour autant. Après tout, il s'agit des premiers mondiaux en petit bassin et personne n'a de titre à défendre.

La compétition donnera une bonne indication des forces en présence un an après les Jeux de Pékin, mais il reste encore trois longues années avant le rendez-vous de Londres. Le premier vrai test viendra en août 2010, avec les mondiaux en grand bassin, qui seront suivis par les Jeux du Commonwealth.

À bientôt.

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