Mathieu Bois
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PC/David Boily
Mathieu Bois s'est fait un nom cette semaine aux essais canadiens olympiques de natation à Montréal en faisant la barbe à son plus redoutable adversaire, Mike Brown.
Mathieu Bois a surpris en remportant la finale du 100 m brasse devant Mike Brown, se qualifiant ainsi pour les Jeux de Pékin. Mais cette finale, il la rêvait depuis un mois.
Le Québécois de 19 ans a assuré sa place aux Jeux olympiques en remportant le 100 m brasse et en terminant deuxième du 200 m brasse.
Ces essais, Bois les visualisait depuis septembre. Avant et après chaque entraînement à la piscine du Parc olympique, son club de natation, l'athlète de Saint-Hubert imaginait la foule dans les gradins, les encouragements nourris, l'ambiance survoltée.
Médaillé de bronze au 200 m brasse aux derniers Jeux panaméricains, Bois ne voulait surtout pas revivre les Jeux du Commonwealth de 2006, sa première compétition internationale, où il a « choké sous la pression » devant le grand cirque.
« Le dernier mois, à peu près à tous les soirs, j'ai rêvé à ma finale du 100 brasse. J'ai rêvé que je faisais ma nage, que je touchais au mur en premier, mais de peu, comme j'ai fait, exactement pareil. C'est pour ça qu'après, je me disais: est-ce un rêve, est-ce que je me réveille? C'est comme si mon subconscient me préparait de lui-même », a raconté Bois, qui s'est grandement inspiré de l'expérience de visualisation de l'Américain Jeff Rouse, détenteur du monde du 100 m dos de 1991 à 1999.
Nul doute, le rêve de Bois est devenu réalité. À Montréal, il savait qu'il devait être meilleur que les autres. Il n'avait pas oublié ce coup de pied reçu en septembre 2006 lorsqu'il a raté sa qualification pour les Championnats du monde aquatiques de Melbourne, en mars 2007.
Un investissement à long terme
Depuis 18 mois, Bois a mis toute la gomme pour améliorer sa technique. Et Natation Canada l'a grandement aidé en le plaçant dans un environnement pour maximiser son développement.
« On a investi dans son développement international pour pousser sa courbe de progression. Mathieu, c'est un investissement à long terme qui vaut la peine », soutient Pierre Lafontaine, le chef de la direction et entraîneur-chef de Natation Canada.
Mathieu Bois
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PC/David Boily
Bois ne voit pas cet investissement comme une pression supplémentaire, mais plutôt comme un appui considérable.
Évidemment, ni Bois, ni Natation Canada ne s'attendent à ce que l'investissement porte ses fruits à Pékin. Pour l'étudiant en sciences humaines au Cégep Maisonneuve (il a pris une session sabbatique pour les essais), les JO font partie d'un plan de carrière à long terme.
« Aller aux Jeux, ce n'est pas une finalité. Je vais peut-être viser la demi-finale, la finale et peut-être même une médaille dans quatre ans. À Pékin, je vais essayer de faire la demi-finale et de battre mon coéquipier (Brown). Même si on est dans la même équipe, l'objectif de le battre, ça peut m'aider. »
D'ici Pékin, Bois veut encore abaisser ses temps et, pourquoi pas, améliorer le record canadien de Brown au 200 m brasse (2:11,22), une distance moins naturelle pour lui.
« Il y a plus de distractions extérieures, tu as plus le temps de regarder ce que tes adversaires font, il y a un moment sous l'eau où tu es tout seul dans ta tête, tu as le temps de penser et il ne faut pas penser parce que tu vas ralentir. Le 200 est une nage un peu plus intelligente, moins garrochée. Être intelligent dans ma nage, ça m'a pris un peu plus de travail », explique Bois, qui a réalisé son meilleur chrono sur la distance (2:12,75) jeudi lors de la finale du 200 m.
Comme un poisson dans l'eau
La natation s'est imposée naturellement dans la vie de Bois. Trop fort, trop rapide, à 7 ans, il nageait avec des ados de 15 ans. Frileux, il n'a pas joué longtemps au hockey. Peu enclin vers les sports d'équipe, il a passé plus de temps sur le banc que sur le terrain pendant ses deux années de soccer où il n'a marqué qu'un seul but.
Le véritable choix est survenu à l'âge de 10-11 ans.
« J'étais bon au baseball, il y a eu un moment où j'ai dû choisir entre les deux et c'est arrivé au moment où le lanceur est passé de la machine à un humain. Je me suis fait frapper par les balles et je n'ai pas aimé ça. Finalement, je me suis rendu compte que les autres sports, ça ne fonctionnait pas », raconte le brasseur au sourcil gauche percé.
Bois a fait le bon choix. Le nageur, avide de chaleur, passera plusieurs semaines au cours des prochains mois à peaufiner sa préparation olympique à Pompano Beach, en Floride.
Paraît que le soleil et la vitamine E sont non seulement bons pour la récupération physique... mais aussi mentale. On le croit, surtout après le dernier hiver!