Le roi de l'épreuve reine

  |  Manon Gilbert  |  Radio-Canada
Brent hayden Brent hayden   © PC/Paul Chiasson

Brent Hayden est sans conteste le roi du 100 m au Canada.

Brent Hayden confirme sa suprématie au 100 m libre et obtient du même coup sa sélection olympique. Audrey Lacroix l'imite au 200 m papillon.

Vendredi, le Britanno-Colombien a assuré sa participation au 100 m libre olympique en dominant la finale lors de la quatrième journée des essais canadiens de natation à la piscine du Parc olympique, à Montréal.

Malgré un lent départ, Hayden a facilement réalisé le standard A (49,23) de la Fédération internationale de natation (FINA) en stoppant le chrono à 48 s 91/100.

« Je n'ai pas réalisé que j'étais si lent jusqu'à ce que je sois dans l'eau. Mon temps de réaction a été un peu lent. C'est quelque chose avec lequel j'ai de la difficulté depuis que je me suis blessé au dos il y a un mois », a confié le champion du monde de la spécialité.

Dans la course la plus relevée depuis le début des essais, Hayden a devancé l'Albertain Joel Greenshields (49,14) qui, à 19 ans, a causé toute une surprise en devançant des vétérans de la spécialité. Le nageur de l'Université de Calgary a également réussi le standard A, obtenant ainsi son billet pour Pékin.

« C'était toute une course. Tous les gars ont nagé sous les 50 secondes en préliminaires et ça n'est jamais arrivé dans une compétition au Canada. Quel meilleur moment pour offrir une pareille performance! Nous aurons un relais fantastique à Pékin », a ajouté Hayden.

En effet, puisque Colin Russell, déjà qualifié au 200 m libre et 3e ce soir avec aussi le standard A, et Rick Say, 4e, compléteront le relais canadien.

« Il y a 4 ans, on avait 1 ou 2 gars qui descendaient sous les 50 secondes. Nous sommes maintenant une équipe forte et quand nous allons avoir ces nouveaux maillots (Speedo LZR), je pense que nous serons encore meilleurs », a déclaré Say, soulagé d'avoir enfin obtenu sa sélection pour ses troisièmes Jeux olympiques.

Blessé depuis six semaines au cou, le vétéran de 28 ans, seulement 6e du 200 m libre mercredi, n'a pu se préparer adéquatement. S'il avait échoué ce soir, il aurait signé son chant du cygne.

Seul Matt Rose, 8e en 50,01 s, n'est pas descendu sous les 50 secondes lors de la finale.

Merci Britney

Audrey Lacroix Audrey Lacroix   © AFP/William West

Au 200 m papillon, Audrey Lacroix a accompli, ce qui était dans son cas, une simple formalité: sa qualification olympique.

Reine canadienne de la spécialité depuis quelques années et déjà sélectionnée au 100 m papillon, Lacroix était cependant quelque peu déçue de son temps de 2:08,87, 2,84 s plus lent que son record canadien.

« J'aurais aimé être un peu plus vite. Quand j'ai fait 2:06, 2:07, il y avait quelque chose de plus et je le sentais dans l'eau. Mais c'est quand même satisfaisant. L'important, c'est que je me sois classée, c'est fantastique », a dit la nageuse de Pont-Rouge, qui a mené la course de bout en bout.

En fait, son chrono ne l'a pas satisfait de la journée. Mais après les préliminaires, au lieu de se faire du mauvais sang pour la course, l'étudiante en communications et politique a plutôt décidé de prendre la vie du bon côté.

« Je me suis juste remise de bonne humeur. J'ai écouté mes émissions préférées, j'ai relaxé, j'ai écouté de la musique. Mon entraîneur est venu me chercher chez moi et on a écouté du Britney Spears dans l'auto, c'était super drôle. »

Lacroix a été la seule de son groupe à assurer sa place en Chine. Stephanie Horner, de Beaconsfield, a pris le deuxième rang, mais sans descendre sous le standard A. Horner dormira toutefois sur ses deux oreilles. Depuis mercredi, elle sait qu'elle fera le voyage à Pékin.

Encore Wilkinson

Au 200 m 4 nages, l'Ontarienne Julia Wilkinson a ajouté une autre épreuve à son calendrier olympique en signant sa troisième victoire des essais après le 100 m dos et le 200 m libre, sans record canadien cette fois.

« Je commence à être fatiguée, même si je ne veux pas l'admettre. Je n'ose pas dire que je suis déçue de ne pas avoir brisé le record canadien parce que Marianne Limpert était une nageuse formidable. C'est un honneur d'être aussi près de son meilleur temps. Mais ça viendra », a assuré l'athlète de 20 ans qui a échoué à cinq centièmes de seconde du temps de Limpert.

L'Albertaine Erica Morningstar, qui revenait sur Wilkinson dans la dernière longueur, s'est elle aussi qualifiée au 200 m 4 nages. Morningstar, qui avait déjà obtenu sa place au relais 200 m libre, pourra donc participer à une épreuve individuelle.

Avec les sélections de Say et Greenshields, l'équipe olympique canadienne compte maintenant 22 nageurs.

Et bonne nouvelle pour les athlètes, les essais sont présentés à guichets fermés (2000 personnes) jusqu'à dimanche. Ce qui a fait dire à Pierre Lafontaine, chef de la direction et entraîneur-chef de Natation Canada, que les essais olympiques faisaient désormais partie des « vrais événements » parce qu'il y avait des revendeurs de billets à la porte de la piscine!

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